©Projet / Martin de Lalaubie©Projet / Martin de Lalaubie


À l’occasion de la publication du numéro de la Revue Projet « Réfugiés : sortir de l’impasse », nous avons souhaité donner la parole à ceux qui ont contribué à son élaboration. Rassemblés pour une conférence de presse, nos partenaires de La Cimade, de JRS et du Secours catholique ainsi que le chercheur Matthieu Tardis, ont pu partager leurs expertises et dénoncer la réalité à laquelle ils sont confrontés.

Pour introduire cette conférence, Jean Merckaert, rédacteur en chef de la Revue Projet, présente le processus qui a mené à ce résultat et les impasses que nous avons identifiées. On pourrait en dénombrer trois. Une première à laquelle sont confrontées les associations engagées dans l'accueil des réfugiés. C'est le grand écart entre l'élan d'hospitalité de familles, de villages, de bénévoles et cette hospitalité qui a cessé d'être une valeur politique défendue par nos institutions et personnalités politiques. La deuxième est celle vécue par les réfugiés eux-mêmes, victimes de politiques européennes ou nationales inefficaces. Et la troisième, une impasse juridique avec une distinction entre « bon » réfugiés et « mauvais » migrants, qui n'a pas lieu d'être à notre sens.

Aurélie Radisson, directrice adjointe du Cèdre – le Centre d'entraide pour les réfugiés et les demandeurs d'asile géré par le Secours catholique (Paris) qui accueille cette rencontre – "reprend facilement à [son] compte" ce terme "d'impasse". Elle présente le fonctionne de ce centre d'accueil du Secours catholique, les difficultés du quotidien et l'impasse que présente le règlement Dublin dans le parcours des demandeurs d'asile et migrants qu'ils accueillent.

Matthieu Tardis, chercheur au centre migrations et citoyenneté de l'Ifri (Institut français des relations internationales) dresse le bilan du quinquennat Hollande en terme d'accueil des réfugiés. Selon lui, le manque d'hébergement est une situation ancienne héritière des politiques successives depuis le début des années 2000. Elle n'est donc pas seulement dû à ce qu'on appelle la "crise des réfugiés".

Trois ans après avoir obtenu leur statut, seuls 12% des réfugiés déclarent avoir encore des liens avec des Français. Autrement dit, une fois passée l'étape administrative, les espaces de rencontres sont encore trop rares (lire notre article "Le pari de la réciprocité"). Abou Saw est arrivé en France de Mauritanie il y a un an et demi. Le membre de JRS France a depuis partagé le quotidien de 14 familles françaises grâce au programme Welcome. Il en témoigne ici.

C'est empreinte de conviction que Geneviève Jacques conclut ces prises de parole. La présidente de La Cimade exprime ses attentes envers le nouveau gouvernement. Si la France a des progrès à faire en terme d'accueil des réfugiés, une vraie solution ne pourra être efficace que si elle est trouvée au niveau européen.

Fonctionnalit\E9 r\E9serv\E9e aux abonn\E9s