Il ne s’agit pas dans ce dossier de l’émergence de pays qui jusqu’ici ne jouaient qu’un rôle secondaire face aux grandes puissances, mais des représentants d’une société civile qui participent déjà à la recherche d’une autre démocratie à l’échelle internationale.

Certes, les gouvernements gardent souvent la main pour des accords inter-étatiques. La nouveauté est que ces autres partenaires contribuent, à leur manière, à une régulation mondiale qui embrasse des domaines de plus en plus complexes, où les enjeux s’entrecroisent, où les acteurs se sont multipliés.

Les Ong participent aux débats, avec leur capacité de mobilisation et leur connaissance des terrains. Mieux coordonnées, elles sont devenues incontournables dans bien des négociations. Voici que des « Forums hybrides » réunissent des représentants des gouvernements, avec ceux des associations (de développement, d’environnement, de producteurs…) et des acteurs économiques, pour avancer diagnostics et propositions. Et le débat à l’échelle internationale s’appuie sur l’expertise de chercheurs appelés à débattre comme tels et non comme intervenants des gouvernements. Les États ne sont plus seuls à avoir la parole. Parfois même, Ong et firmes s’accordent directement pour établir  labels et normes. Parfois encore, les États sous-traitent l’élaboration de règles (pour internet, les normes comptables, etc.) !

Cette forme de démocratie internationale pose des questions. La sphère économique est-elle toujours encadrée et l’accès à la parole y dépend-il du poids financier ? Par qui les militants associatifs sont-ils légitimés ? Comment gardent-ils leur autonomie ? Et comment ceux des pays du Sud sont-ils entendus ? L’expertise des scientifiques sur des sujets de plus en plus complexes s’arrête-t-elle aux frontières des questions éthiques ? Avec quels leviers et dans quelles limites tous ces nouveaux acteurs inventent-ils une autre gouvernance ?

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