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Pour un nouvel urbanisme. La ville au cœur du développement durable

Claude Chalon, Denis Clerc, Gérard Magnin et Hervé Vouillot Éd. Yves Michel, Gap, et Adels, Paris, 2008, 156 p., 15 €

Economiste, politicien, expert en questions énergétiques et spécialiste de l’aménagement des territoires, ce quarteron d’auteurs présente un livre efficace dont l’enjeu n’échappe à (presque) personne : le développement durable passe par une plus grande maîtrise des dépenses énergétiques, non seulement de la part des industriels et des transporteurs, mais encore des bâtisseurs de maisons d’habitation et des responsables de l’urbanisation. Car le développement périurbain et l’expansion des zones pavillonnaires non seulement exigent des infrastructures disproportionnées et consomment plus d’énergie que les habitats concentrés, mais encore appellent une multiplication de transports individualisés gros gaspilleurs d’énergie. La hausse du prix du pétrole risque de faire payer bien cher aux populations les plus excentrées – souvent les plus modestes – le rêve de la propriété. Certes, les Hlm construits dans les années 60 ont laissé de tristes souvenirs, mais la raison en est plus sociale qu’écologique ; ces habitations s’inscrivaient dans une logique perverse qui spécialisait les quartiers selon leur type d’activité : ici on dort, là on travaille, ailleurs on s’amuse. En s’appuyant intelligemment sur la rente, outil d’analyse économique le plus approprié pour comprendre la dynamique des espaces économiques hétérogènes, les auteurs mettent en rapport voies de communication et prix de l’habitat. Ce qui leur permet de reprendre le raisonnement de Léon Walras : la rente n’étant pas un facteur de production mais le fruit d’une certaine configuration économique, son appropriation personnelle n’est pas justifiée. La collectivité doit donc récupérer cette rente, peut-être par le moyen d’un impôt foncier modulé selon l’accès aux grandes voies de communication. Promouvoir les transports publics relève du bon sens, mais il ne faut pas en cacher le prix social : une perte d’autonomie et la soumission au bon vouloir de l’administration et des syndicats. Il convient donc de prévoir la résistance des populations concernées.

Étienne Perrot
13 juin 2008
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