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La République et ses territoires, la circulation invisible des richesses

Laurent Davezies

Le territoire français est le lieu de bien des paradoxes : c’est dans les régions les plus productives (en particulier l’Ile de France) que la pauvreté augmente le plus, et certaines des régions résidentielles (Languedoc-Roussillon et même la Creuse) sont aussi celles où le bien-être social semble le mieux réparti. Une première partie décrit les principaux mécanismes qui président à ces transformations : les transferts publics de revenus – selon l’Ocde, les dépenses publiques atteignaient « 55,4 % du Pib français, en 2003 », (p. 15) ; les revenus des retraites qui représentaient en 2004, « 23,5 % du revenus des ménages déclarés à l’impôt », (p. 30) ; la dissociation résidence/ travail qui a doublé depuis 1970 ; la répartition des dépenses touristiques – « l’équivalent du revenu de 8 millions de Français moyens », (p. 38). En d’autres termes, la progression des forces de mutualisation a été plus forte ces dernières années que celle de « la mondialisation ultralibérale ». Mais le livre ne reste pas là : il revisite la théorie de la base économique pour comprendre pourquoi cette nouvelle donne a échappé à la nouvelle Economie Géographique qui émerge dans les années 1990. Enfin il invite à repenser les politiques publiques en se demandant si l’incantation d’un droit à un même développement pour tous les territoires ne constitue pas de bonnes garanties d’inefficacité économique et de fracture territoriale. Un livre iconoclaste qui suscite un vrai débat !

Bertrand Hériard Dubreuil
8 juin 2008
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