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Droit international et démocratie mondiale

Monique Chemillier-Gendreau Textuel, 2002, 270 p., 20,58 €

Face à un état du monde caractérisé par des guerres de plus en plus irrationnelles et par un accroissement des inégalités, Monique Chemillier-Gendreau invite à réfléchir au rôle du droit international. Pour qu’il exerce son rôle, le droit, souligne-t-elle, devra sortir de l’ambiance feutrée des juristes ou des organisations internationales, et des échanges savants qu’affectionnent les juristes positivistes, à l’abri d’un débat sur les valeurs. Elle met au centre de sa réflexion la démocratie mondiale. Prompts à se vanter d’avoir trouvé le secret de la démocratie, comme forme de gouvernement interne, les pays occidentaux soutiennent et financent des régimes dictatoriaux et crapuleux dans le reste du monde. Ils piétinent la règle de l’égalité entre les Etats, en se donnant des positions hégémoniques dans les organisations internationales. Les chapitres de ce livre déclinent divers exemples des conséquences de cette attitude : la mise à mal de la souveraineté des Etats, l’incapacité du droit international à se développer comme frein à la violence, le discrédit des Nations unies, le cynisme du système économique mondial, la montée de la criminalité internationale et de son impunité. Des cas concrets sont analysés : conflit du Proche-Orient, guerre du Golfe, intervention militaire au Kosovo, actuelle guerre contre le « terrorisme ». Ces cas montrent comment le système de sécurité collective a été détourné de ses objectifs et instrumentalisé pour asseoir l’hégémonie américaine, avec l’aide ou la permission d’autres pays occidentaux. L’action humanitaire, qui se veut morale, n’apporte qu’une faible réponse aux pires conséquences de cette politique, sans influer sur ses causes. La conclusion du livre est une invitation à lutter pour construire la loi internationale du futur.

Jean Weydert
4 juin 2012
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