Logo du site

Une juste colère Interrompre la destruction du monde

Jérôme Baschet Divergences, 2019, 130 p., 12 €

Ce court essai se présente comme un petit manuel pour penser la suite de la lutte ouverte par le mouvement des Gilets jaunes. La lecture en est stimulante mais n’est pas toujours facile d’accès pour un public non militant. Les propositions sont puisées dans les théories libertaires et municipalistes, mais aussi dans l’expérience des Zapatistes au Chiapas, région du Mexique organisée autour de municipalités autonomes et autogestionnaires depuis 1994. Le livre s’ouvre ainsi sur une lettre écrite depuis le Chiapas en écho au soulèvement des Gilets jaunes. Suit une analyse du néolibéralisme dans sa version la plus mondialisée et financiarisée. Ce rappel se clôt sur un constat, au centre des idées développées dans l’essai : plutôt que de croire à un capitalisme démondialisé et définanciarisé, nous devons penser les conditions d’un nouveau système. Abordant ensuite la question du dérèglement climatique, l’auteur avance le concept de « capitalocène ». Réinterprétation de l’anthropocène, cette notion entend désigner de manière plus fine la cause réelle de la crise climatique : le capitalisme, qui, bien qu’en plein essor, fait face à une crise structurelle. En revenant dans une courte analyse sur les Gilets jaunes, l’ouvrage propose finalement une série de perspectives de luttes et de reconstructions. C’est cette proposition d’une organisation collective et autogouvernée qui est au centre de ce livre, prônant un système non seulement affranchi du capitalisme, mais aussi de l’État. Mais pour y parvenir, l’humanité doit imaginer des espaces libérés, posant les bases matérielles et les imaginaires de cette autonomie. C’est en articulant ces espaces avec les luttes sociales, en utilisant tous les moyens de blocage, que se dessineront des réponses à une juste colère.

Samuel Béguin
30 mai 2020
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules