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Plan B pour la planète : le new deal vert

Naomi Klein Actes Sud, 2019, 416 p., 23 €

Avec Plan B pour la planète : le new deal vert, la journaliste et activiste canadienne Naomi Klein nous livre, à la fois, une anthologie et une synthèse actualisée de ses travaux des dix dernières années. Face à des constats qu’il n’est plus possible d’ignorer – la terre est en feu –, elle s’interroge sur la persistance des résistances à un changement impérieux, appelé pourtant par la mobilisation d’une jeune génération dont Greta Thunberg n’est qu’une figure. De manière très juste, elle pointe parfaitement bien la relation intrinsèque entre les multiples crises environnementales en cours et le développement de modes de vie fortement consuméristes et extractivistes qui tendent à s’universaliser. De là, elle présente son plan B, comme une direction enthousiasmante d’un futur authentiquement durable, marquant ainsi une rupture claire avec nos modèles économiques, et fondamentalement désirable du point de vue d’un épanouissement potentiel pour tous, y compris les plus fragiles.
L’on pourrait regretter le côté très imprécis, et finalement bien peu documenté, que pourrait prendre ce new deal vert. Mais c’est moins la technicité de l’argumentaire que sa portée morale qui est ici marquante. Sans nier les lacunes potentielles et les obstacles pour une telle politique, elle montre combien une approche holistique et systématique, explicitement orientée au service d’une éco-justice (et pas simplement d’une action pour le climat), est la seule voie qui permettrait de dépasser les peurs et les haines qui se développent en parallèle et qui laissent redouter l’émergence d’un éco-fascisme, sorte de barbarie climatique aux déclinaisons suprémacistes. Les plus jeunes générations, elles, semblent prêtes à un tel changement.

Pierre-Jean Cottalorda
28 avril 2020
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