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Slow démocratie Comment maîtriser la mondialisation et reprendre notre destin en main

David Djaïz Allary Éditions, 2019, 320 p., 20,90 €

Normalien, énarque, David Djaïz est haut fonctionnaire et enseigne à Sciences Po. Âgé d’une trentaine d’années, il est né à Agen, dont il ne manque pas de vanter la qualité des produits locaux. Sa réflexion prend son point de départ dans les inquiétudes et les effets nocifs que produit l’accélération de la mondialisation, dans le champ économique comme dans les transformations sociales qu’elle induit. À la différence du sociologue philosophe Hartmut Rosa qui, conscient lui aussi des conséquences de l’accélération, cherche un avenir possible du côté de la résonance, David Djaïz porte son attention sur les phénomènes économiques (notamment sur les « chaînes de valeur » détournées et arrachées aux territoires) et sur les diversifications sociales fortement inégalitaires (la tension grandissante entre les classes moyennes occidentales laminées et les élites mondialisées). Dans cette perspective, le récit depuis les années 1980 jusqu’à aujourd’hui met en évidence le « coup de force silencieux » qui a instauré un ordre libéral non démocratique et nous oblige à constater le divorce entre mondialisation et démocratie. L’avenir alors, pour Djaïz, passe par une foi plus ferme et par des pratiques qui remettent la nation démocratique au cœur de l’agenda politique et de ses stratégies. Tenue à distance des identitaires et des antieuropéens, la nation démocratique est plus que jamais nécessaire pour équilibrer la mondialisation et en ajuster, économiquement et socialement, les tendances en respectant la démocratie, l’environnement et la justice sociale. Une première partie analyse les trois moments d’émergence d’un agencement libéral, et conclut sur les nations démocratiques, écluses de la mondialisation. La seconde partie examine la montée des inégalités et du séparatisme social, pour conclure sur la nation démocratique comme avenir de la solidarité. Enfin, la troisième partie s’attache à décrire les effets de la mondialisation sur les territoires, pour suggérer un « new deal ». Slow démocratie : la nation constitue le levier le plus efficace, en fait, pour reprendre le contrôle des accélérations de la mondialisation.

L’ouvrage de David Djaïz est fort stimulant et ouvre de nombreux débats. Pour aller plus loin, la Revue Projet suggère quelques recensions plus détaillées et plus techniques de ce même ouvrage : celle d’Alexandre Escudier, d’un point de vue politique, ou bien celle de Nicolas Leron pour un point de vue plus économique.

 

 

Jean-Marie Carrière
14 mars 2020
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