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Droits humains : n’oublions pas notre idéal commun !

Guy Aurenche Temps présent, 2018, 148 p., 14 €

Soixante-dix ans plus tard, la Déclaration universelle des droits humains a-t-elle encore un intérêt ? Sur tous les continents, les droits humains continuent d’être bafoués. La montée des populismes et les discours sécuritaires remettent en cause les acquis du passé. Ancien avocat, Guy Aurenche a été président du  CCFD-Terre Solidaire et est président d'honneur de la Fédération internationale de l'action des chrétiens pour l'abolition de la torture. Il témoigne ici des violations et des critiques dont les droits humains font l’objet. À travers l’expression « droit-de-l’hommisme », certains leur reprochent leur inutilité, leur universalité utopique ou encore leur logique individualiste. Pourtant, nombreuses sont les personnes qui s’y réfèrent encore aujourd’hui pour défendre les plus pauvres et exiger davantage de justice. À travers les portraits d’hommes et de femmes qui ont servi les droits humains par leurs combats, ceux-ci n'apparaissent plus comme un texte figé, mais comme une construction permanente. Cette « dynamique des droits humains » est une boussole qui invite à réfléchir à un niveau universel aux règles du vivre ensemble pour que soit respectée la dignité de chaque personne. Guy Aurenche dénonce le manque de contrôle et de sanctions dans les cas de non-respect de ces droits, tout particulièrement lorsque des enjeux économiques en sont la cause. Au nom du principe de non-ingérence, les États manquent de courage pour s’influencer mutuellement et faire respecter la Déclaration. Il analyse ensuite les nouveaux enjeux de notre monde : avec les découvertes techniques, nos capacités destructrices se sont intensifiées, nous entraînant dans une course à la toute-puissance. Du transhumanisme au capitalisme, en passant par la crise écologique, nos capacités techniques justifient-elles le non-respect de la dignité de la personne ? Il répond par la négative, en prenant notamment l’exemple du « droit à l’enfant » dont il constate les limites : « Comment enfermer un être humain dans le statut d’objet sur lequel une autre personne aurait un droit absolu ? » Il semble nécessaire d’interroger les sources de la dignité humaine pour que puisse être définie la ligne rouge où commence la déshumanisation. Les droits humains sont ici un point de départ pour un dialogue entre différentes cultures. Pour finir, l’auteur invite à l’espérance. Il souligne le courage des militants à travers le monde et exprime l’urgence de l’éducation aux droits humains.

Marion Bichet
29 mai 2019
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