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La mort, un temps à vivre

Académie d’éducation et d’études sociales (dir.) (dir.) François-Xavier de Guibert, 2015, 248 p., 21 €

L’ouvrage rassemble les contributions d’un cycle annuel de conférences organisé à partir d’une conviction : le temps du mourir n’est pas un temps à négliger, éviter, raccourcir ou supprimer, mais un temps à vivre d’une grande importance personnelle et sociétale. Il s’agit de tenter de comprendre les enjeux de ce temps qui, pour la plupart, est source de peur, d’angoisse et de souffrance. Et, autant que possible, face aux tentations des solutions uniquement techniques et médicales, de se le réapproprier dans les inévitables diminutions et passivités. La diversité des intervenants permet d’aborder de différentes manières ce désir de vivre sous l’horizon de la mort prochaine : des regards philosophiques sur le déni de la mort et sur les attitudes de « ceux qui restent », une lecture psychothérapeutique du rapport des adolescents à la mort et au suicide, une analyse des demandes sociétales et des éventuelles évolutions de la loi Leonetti, le récit des modalités de l’accompagnement dans un service de soins palliatifs (maison médicale Jeanne Garnier à Paris), les évolutions des rites funéraires et des significations de la crémation, des lectures théologiques catholiques de la mort et de l’espérance en la résurrection. Chaque conférence est suivie de la retranscription des discussions – plus ou moins pertinentes – qu’elle a permis d’ouvrir. Cette pluralité d’approches pourra convenir aux lecteurs relativement peu familiers de ces problématiques. Bien que datée de fin 2013, la conférence du professeur Sicard garde toute son actualité au moment où les débats parlementaires sur le projet de loi des députés Leonetti et Claeys vont reprendre et où la proposition d’un nouveau droit à la sédation profonde jusqu’en fin de vie continue de diviser médecins et citoyens.

Bruno Saintôt
21 janvier 2016
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