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Pour une planète équitable. L’urgence d’une justice globale

Marie Duru-Bellat Seuil/La république des idées, 2014, 112 p., 11,80 €

« Il est urgent de tendre vers un monde moins inégalitaire. » Marie Duru-Bellat argumente cette position, dans un plaidoyer convaincant en faveur d’une justice globale qu’appellent des relations d’interdépendance, dans un contexte de mondialisation et de fortes interactions entre questions sociales et environnementales. Partant de constats sur les inégalités entre les pays et entre les individus de différentes nations – 5 % des citoyens du monde accaparent un tiers du revenu mondial ! –, elle met en perspective les débats philosophiques qui se saisissent de la question. Pour les « étatistes », la seule réalité qui existe est un monde d’États. Les principes de justice distributive ne s’appliqueraient qu’entre des personnes en interaction effective ; la pauvreté ou les inégalités des pays les plus démunis de la planète seraient donc « dues au manque de chance et à des causes endogènes ». Pour les « cosmopoliticiens », la pertinence de la notion de justice globale ne fait au contraire aucun doute : certains problèmes ne respectent pas les frontières politiques et créent de facto des relations d’interdépendance entre individus. S’inscrivant dans cette perspective, la sociologue rappelle l’ampleur des inégalités mondiales, qui risquent de rendre le monde invivable. Elle insiste surtout sur l’articulation de ces inégalités avec l’environnement. Non seulement les dégradations de celui-ci renforcent les inégalités sociales, mais, réciproquement, les inégalités mondiales autorisent des « jeux de pouvoir en matière environnementale » et engendrent, par ailleurs, « une course à la consommation distinctive ruineuse pour la planète » ; le mode de vie « occidental » devient la norme à atteindre. Le dernier chapitre pose des questions « taboues », comme celle de la décroissance. Au-delà de propositions pour une gouvernance mondiale institutionnelle et le renforcement de la société civile, c’est un appel qui nous est lancé pour une réflexion éthique si l’on souhaite plus de justice. Comme le souligne Catherine Larrère (« Sociale & écologique. La justice globale de Marie Duru-Bellat », www.fondationecolo.org, 11/03/2014) « faire appel à la justice, pour les questions environnementales n’est pas seulement justifier quelques restrictions passagères aux libertés, c’est chercher à promouvoir la coopération, à trouver les façons de vivre ensemble, dans le monde qui est le nôtre ».

Marie Drique
4 septembre 2014
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