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Modernisation et progressisme. Fin d’une époque 1968-1981

Pierre Grémion Editions Esprit, 2005, 260 p., 25 €

Cette reprise d’une série de grands articles (dans Esprit, Le Débat, Commentaire…, un dans Projet également, en 1977) permet de parcourir une longue période de la vie française, débordant en fait les dates inscrites en couverture, et dans les deux sens en vérité : car il est fortement question de la modernisation sous la conduite de l’Etat, si typique de l’après-guerre (commencée même à Vichy), et il est fortement question de l’évolution des pouvoirs locaux dans un amenuisement du jacobinisme traditionnel ; il est, d’autre part, question de l’après 1981, temps de la désillusion des intellectuels – ou de leur découverte de « l’illusion » dont a parlé Furet; il est question, enfin, de 1995, un moment (durable ?) de crispation dans le rejet de « la greffe libérale », conduisant au « non » de 2005. Une remarque cruelle au passage : à un certain moment, dans tout cela, on est passé des « intellectuels », vrai « pouvoir spirituel laïque », aux « intellos », plus prétentieux, veut-on dire, qu’éclairants. Voilà qui, tout au long de l’ouvrage, fait penser ou plutôt repenser, et peut-être faut-il avoir vécu beaucoup de tout cela pour comprendre vraiment.

Jean-Yves Calvez
14 juin 2006
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