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Le libéralisme n’a pas d’avenir. Big business, marchés et démocratie

Guillaume Duval Alternatives économiques, La Découverte, 2003, 174 p., 14 €

A vrai dire, le titre est en retard sur le contenu de ce livre, qui veut plutôt dire que le libéralisme n’est guère présent aujourd’hui même. Il y a dès maintenant tant de non-marchand, la part de ce qui s’obtient par le moyen des prélèvements obligatoires ne cesse de croître, la concentration des entreprises étouffe le marché, on en est de plus en plus à l’oligopole et au monopole, et les oligopoles nationaux le cèdent de plus en plus aux oligopoles mondiaux. Un temps, les actionnaires ont pu sembler les maîtres du jeu (renversant les perspectives schumpetériennes et managériales): ils tendraient à ne l’être plus. “Schumpeter avait raison”, dit l’auteur (le même Schumpeter, il est vrai, voyait disparaître ses si fameux “entrepreneurs”). L’évolution, ajoute G. Duval, ne porte certes en elle-même aucune promesse de lendemains qui chantent, “gérer efficacement l’économie en l’absence de concurrence dans un cadre de plus en plus non marchand est en effet une tâche d’une extrême complexité”. Le mérite de son livre est de s’en prendre, fort opportunément, à un certain nombre des “évidences”, de sens contraire, des années récentes. Il est urgent de ne jamais cesser de penser.

Jean-Yves Calvez
6 juin 2004
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