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Sinergie pour l'Europe


Point de vue sur la présidence slovène du Conseil de l’Union européenne. «Si» est l’initiale officielle de la Slovénie.

La Slovénie est un pays démocratique indépendant depuis 17 ans seulement, et le 1er janvier 2008 est pour elle une date importante : pour six mois, ce pays alpin riverain de la Mer adriatique occupe la présidence du Conseil de l’Union européenne.

Avec deux millions d’habitants sur 20 000 km2, la Slovénie fait partie des douze Etats-membres qui ont rejoint l’Union depuis 2004 ; elle l’a fait le 1er mai 2004, ayant proclamé son désir d’intégration dès son indépendance. Ayant rempli les critères de Maastricht avec succès, elle est la première des douze nouveaux entrants à avoir adopté l’euro le 1er janvier 2007. Enfin, à dater de décembre 2007, la Slovénie fait partie de l’espace Schengen et n’a plus de frontières avec l’Autriche, l’Italie et la Hongrie.

La Slovénie a donc montré son ferme engagement envers les objectifs et les valeurs de l’Europe. Bien plus, selon l’Eurobaromètre de juin 2007, la majorité des Slovènes pensent que c’est une bonne chose et estiment que leur pays tire profit de son appartenance à l’Union. Le gouvernement slovène souhaite utiliser ce temps de présidence du Conseil pour promouvoir et rapprocher l’Europe des Slovènes. En effet, étant donné les problèmes d’inflation, de hausse des prix et de croissance des dépenses auxquelles la Slovénie doit faire face, l’intérêt du public slovène semble plutôt dirigé vers des sujets de politique intérieure. Néanmoins, la couverture extensive et attentive par les médias slovènes et la promotion gouvernementale du pays « à la barre » du Conseil font penser que cette période ne passera pas inaperçue auprès des habitants. D’ailleurs, le dernier sondage Eurobaromètre montre que 85 % des Slovènes sont au courant que la Slovénie occupe ce poste pour six mois, et que 856 % pensent que cette tâche est très importante pour leur pays.

Une tâche exigeante pour un petit pays

Membre depuis juste trois ans et demi, la Slovénie vient de devenir le visage et la voix de l’Union. Sa tache est d’organiser et de présider les rencontres de toutes les formations du Conseil, les comités préparatoires et les groupes de travail, représentant le Conseil vis-à-vis du Parlement européen et de la Commission, ainsi que sur la scène internationale. Enfin, il s’agit de présider le Conseil européen, institution politique la plus importante car il réunit les chefs d’Etat ou de gouvernement de l’Union et le Président de la Commission. La tâche est exigeante pour la Slovénie dans tous les domaines : en six mois, environ 3 000 rencontres officielles sont organisées à Bruxelles ou Luxembourg, ainsi que deux réunions du Conseil européen. A quoi s’ajoutent douze réunions informelles du Conseil et 150 rencontres à des échelons inférieurs qui auront lieu en Slovénie. L’Assemblée nationale slovène, impliquée dans cette présidence, accueillera six rencontres de présidents de commissions des Parlements des Etats membres, du Parlement européen et des pays candidats. En outre, l’Assemblée nationale slovène va organiser quatre rencontres à Bruxelles avec le Parlement européen. Quatre Sommets sont prévus d’ici juin, avec les Etats-Unis, la Russie, le Japon et les pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

En dépit des exigences de la tâche, le Premier ministre slovène, Janez Janša, et le Président de l’Assemblée nationale France Cukjati affirment de façon répétée que la Slovénie se sent « honorée et fière d’avoir l’occasion d’assumer cette Présidence du Conseil de l’Union européenne ». La présidence est vue comme un outil de promotion de la diversité et de l’égalité en Europe. Après tout, chaque Etat membre, indépendamment de son poids et de sa taille, a le droit (mais aussi l’obligation) de tenir cette présidence, rehaussant sa réputation internationale. Comme l’a dit le Premier ministre lors de la session plénière du Parlement européen, en janvier 2008, « La Slovénie peut contribuer en apportant l’ambition, l’énergie et la bonne volonté d’une génération ».

Durant ce premier semestre, la Slovénie souhaite mettre l’accent sur le contenu. L’agenda comporte quelques sujets et défis majeurs. Les cinq priorités de la Présidence slovène soulignées par Janez Janša et inscrites dans le programme « Si.nergie pour l’Europe » sont les suivantes :

Processus de ratification du traité de Lisbonne : le moment est important par rapport à l’architecture future de l’Union, telle que l’a dessinée le traité de Lisbonne signé le 13 décembre 2007. Le Traité doit accroître l’efficacité et assurer un fonctionnement plus démocratique de l’Union, et renforcer le rôle des Parlements européen et nationaux. La présidence slovène veut promouvoir le Traité afin qu’il puisse entrer en vigueur avant l’échéance de l’élection de 2009 au Parlement européen. La Slovénie a donné l’exemple en étant parmi les premiers Etats à ratifier le Traité fin janvier 2008.

Avènement d’un nouveau cycle de la stratégie de Lisbonne : Au Conseil européen de printemps le deuxième cycle triennal de la stratégie de Lisbonne renouvelée va être relancé. Comme elle commence à produire des bénéfices en termes de croissance et de création d’emplois, l’accent va être mis sur son exécution. Quatre domaines prioritaires demeurent : l’investissement dans la recherche, la connaissance et l’innovation, le développement d’un environnement d’affaires compétitif, l’adaptation du marché du travail et la réponse au défi démographique, aussi bien que la politique énergétique et le changement climatique.

Mise en œuvre du « paquet » énergie et environnement : La Commission vient de publier un gros volume législatif sur l’énergie et le climat. La présidence slovène doit entamer des négociations complexes facilitant un accord rapide sur ce paquet énergie-environnement. Cela transformera l’Union en un environnement stable pour les investisseurs.

Elargissement et renforcement de la perspective européenne dans les Balkans occidentaux : La stabilité dans les Balkans occidentaux est importante pour la sécurité et la prospérité de l’Europe entière. C’est pourquoi la Slovénie, qui a une bonne connaissance des tourments de la région, se donne comme objectif l’achèvement du réseau d’accords de stabilisation et d’association et l’accroissement de la coopération régionale dans plusieurs domaines. Des discussions vont prendre place dans ce cadre sur le statut futur du Kosovo.

Promotion du dialogue interculturel : L’année 2008 a été proclamée année européenne du dialogue interculturel par la Commission. La présidence slovène va s’efforcer de renforcer ce dialogue à l’intérieur de l’Union. En janvier, une conférence internationale a eu lieu en Slovénie, sur « Le dialogue interculturel comme valeur fondamentale de l’UE », organisée conjointement par la Commission et par le ministère slovène de la Culture. Cette conférence a souligné que le dialogue interculturel est une condition préalable à l’établissement d’une société diversifiée et néanmoins tolérante. La coopération entre différentes cultures et identités nationales, entre majorité et minorités d’une même population, ainsi que le respect pour la langue et la culture de chaque nation sont vitaux ; à cette condition seulement, on peut préserver chaque nation pour elle-même, ainsi que la croissance et la prospérité de toutes, y compris au sein de l’Union européenne. Dans ce contexte, la Slovénie propose une initiative – installer une université euro-méditerranéenne dans la belle ville côtière de Piran.

Il est reconnu en général que les petits Etats membres de l’UE sont plus engagés pour agir comme médiateurs neutres représentant les intérêts européens communs. Ainsi, leur présidence est souvent considérée comme efficace et réussie. Comment la présidence slovène sera-t-elle perçue, va-t-elle réussir ? Le slogan « Si.nergie pour l’Europe » va-t-il servir à promouvoir les intérêts communs et la coopération entre les 27 ? Les réponses seront données à la fin des six mois, quant les résultats seront tangibles et deviendront sujets d’analyse.


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