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Décroissants, le grand ralentissement ?

Dina Orlova/iStock
Dina Orlova/iStock

Loin du « modèle amish », la décroissance est une réflexion systémique face à des dogmes économiques à bout de souffle. Au-delà des initiatives individuelles, elle repense en profondeur l’argent, le travail et la politique pour un futur soutenable. Exploration d’une notion malmenée.


Le slogan « décroissance » est sans doute apparu pour la première fois en France en 2002, en une de la revue lyonnaise S!lence. Ce numéro spécial était le fruit d’une rencontre entre un collectif de lutte contre l’agression publicitaire (les Casseurs de pub lyonnais) et un groupe d’intellectuels et d’universitaires critiques du développement. Les premiers avaient relu l’œuvre de l’économiste hétérodoxe Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994) qui, dès la fin des années 1960, alertait sur l’incompatibilité d’une croissance infinie dans un monde fini. Les seconds organisaient un colloque à l’Unesco intitulé « Défaire le développement, refaire le monde ».

Soutenue par des penseurs du Sud, cette réflexion interrogeait la désirabilité du modèle de société occidental défini par le « toujours plus ». Elle questionnait également l’impérialisme culturel du « développement », qui impose capitalisme et productivisme à l’ensemble de la planète. Le moment coïncidait avec une prise de conscience générale des enjeux environnementaux, résumée par la formule du président d’alors, Jacques Chirac, lors du quatrième Sommet de la Terre à Johannesburg : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » La notion problématique de « développement durable » appelait un contre-pied : une décroissance soutenable et conviviale.

La croissance tient lieu de dogme dominant et incontesté quand il faudrait le remettre en question.

La décroissance est d’autant plus attaquée qu’elle touche juste, contre les fondements et croyances du système de pensée dominant. Son rejet se passe en général d’argumentation. Que l’on songe au discours de politique générale du premier ministre Jean Castex à l’été 2020 – « Je crois en la croissance écologique, pas à la décroissance verte » – ou à

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