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Algorithmes, les nouveaux patrons ?

Reconnaissance faciale, pression des doigts sur le clavier, enregistrement de l’humeur… Les logiciels d’intelligence artificielle sont en train de transformer l’emploi. Censés mieux répartir les charges de travail, ils court-circuitent les syndicats. À se demander si l’algorithme n’est pas en train de devenir
un acteur social à part entière.


Isaak. Le nom d’un nouveau chef d’équipe, avec lequel plus de 130 000 travailleurs de mille entreprises, dans près de cent pays, sont en train de devenir familiers. Isaak a un nom, mais n’a ni visage ni corps : c’est un algorithme, un logiciel d’analyse de données, pensé par la société StatusToday. La tâche d’Isaak est de mesurer les activités de ses « collègues » humains, en fournissant « des renseignements en temps réel sur chaque salarié et sur son comportement » (www.statustoday.com). Le logiciel montre aux dirigeants quand et comment les employés collaborent, s’ils exercent un rôle d’influenceur ou de change maker. En croisant les données sur l’activité des travailleurs avec des évaluations qualitatives, le logiciel peut fournir aux dirigeants un rapport détaillé de l’influence des comportements individuels sur les performances de l’entreprise.

Selon ses développeurs, le logiciel a déjà récolté des données sur plus d’un milliard d’actions, données utilisées pour représenter graphiquement les relations à l’intérieur d’une entreprise. Toujours selon la société britannique, ces graphiques peuvent permettre de mieux répartir la charge de travail et les responsabilités, d’améliorer le climat de l’entreprise et de réduire le stress et la surcharge de travail. Il est précisé, en revanche, que les travailleurs n’ont pas automatiquement le droit de voir les données, qui sont sous le contrôle de l’employeur.

« On est conduit à penser que quiconque retire ses mains du clavier cinq minutes ne travaille pas. » U. Huws

Face à l’introduction de logiciels comme Isaak, les réactions divergent : les syndicats craignent qu’ils alimentent les soupçons et le manque de confianc

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