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© Wikimedia Commons/Nicholas Gemini
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Zone franc et franc CFA Retour sur une histoire monétaire franco-africaine


Le franc CFA, monnaie des pays de la Zone franc, est un résidu de l’époque coloniale et se veut le garant d’une stabilité monétaire. En quoi la parité fixe entre le franc CFA et l’euro est-elle un frein pour l’économie des pays qui l’utilisent ?


La « Zone franc »1, cet arrangement monétaire liant la France à ses anciennes colonies, a été créée en 1939 dans un contexte de regain du protectionnisme à la suite de la grande crise de 1929. Conçue à l’origine comme un espace privilégié d’échanges économiques entre la métropole et ses colonies, elle a connu une grande variété de situations (notamment des sorties et des entrées) et une évolution progressive des paradigmes qui constituent sa marque de fabrique. Elle est également consubstantielle au franc CFA, dont l’histoire rappelle la violence de la monnaie, de toute monnaie.

Le franc CFA fut imposé aux Africains le 26 décembre 1945, dans le cadre de la colonisation française. Il dérive de la création de la Banque du Sénégal en 1853, une banque créée grâce aux ressources versées par la métropole française aux esclavagistes en guise de réparation après l’abolition de l’esclavage, le 27 avril 1848. Devenue, au début du XXe siècle, la Banque de l’Afrique de l’Ouest (BAO), elle aura le privilège d’émission de la monnaie ancêtre du franc CFA, avant la création, dix ans plus tard, de l’Institut d’émission de l’Afrique occidentale française (AOF) et du Togo, et de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), en 1959. C’est dire si le fait monétaire en Afrique francophone épouse les contours de la violence esclavagiste, coloniale et postcoloniale.

Le franc CFA, retour sur le devant de la scène

Depuis 2016, le franc CFA fait un retour remarqué sur la scène publique franco-africaine, avec la question du lien qui attache encore l’ancienne métropole à ses ex-colonies. En effet, si la monnaie est un attribut de souveraineté, force est de constater que près de soixante ans après les indépendances, quinze pays font toujours partie de la Zo

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