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© Xavier Buaillon/Flickr
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Médicaments, trou de la sécu et loi du marché


Dans un monde soumis aux lois du marché, notre santé n’échappe pas aux appétits de la finance. Les profits colossaux réalisés par les entreprises pharmaceutiques ont une incidence directe sur les comptes de la Sécurité sociale, autrement dit, sur le budget de notre santé. Un ancien cadre de Sanofi raconte.

La Sécurité sociale, qui figurait au programme du Conseil national de la résistance, a été mise en place par ordonnance dès 1945. Au sortir de la guerre, le pays était détruit – comme son économie1 –, ce qui n’a pas empêché nos parents ou grands-parents de mettre en place ce formidable outil de solidarité, financé grâce aux cotisations des travailleurs et de leurs employeurs. C’est grâce à lui que nous pouvons bénéficier des traitements qui nous sont prescrits, malgré des coûts parfois élevés. Le plus souvent, nous ignorons même ce que la Sécu débourse quand nous prenons des médicaments.

Le seul chiffre qui semble nous préoccuper, c’est celui de son déficit (le « trou de la sécu »). Même si ce déficit n’est qu’un très faible pourcentage de ses dépenses au service de notre santé2, même si la Sécurité sociale ne concerne pas que la maladie, et même si ce déficit résulte largement d’une réduction de la part de la population active et cotisante (rappelons que le budget de la Sécu n’a pas toujours été négatif). On peut d’ailleurs se demander s’il revient à un outil de solidarité de dégager des bénéfices. Mais sait-on à qui profite la part de ce déficit liée au remboursement des médicaments ?

Le prix moyen d’un nouveau médicament n’arrête pas de battre des records. En 2007, le Plavix était le médicament qui avait coûté le plus cher à l’assurance maladie (424 millions d’euros pour cette seule année) en étant vendu 57,02 euros les 28 comprimés. Le Plavix est un antiagrégant plaquettaire qui prévient les thromboses (la formation de caillots dans les artères) grâce à son principe actif, le clopidogrel. Parmi les complications des thromboses, on compte l’embolie p

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1 réactions pour « Médicaments, trou de la sécu et loi du marché »

Michel Schoentjes
09 février 2016

Tout en étant d'accord avec l'article, je pense qu'on pourrait y joindre un descriptif de la façon dont Sanofi a aussi "poussé" le cours de ses actions -plus-values, y compris pour les stock-options- en modifiant des ratios comptables par des acquisitions d'autres sociétés, hors pharmacie. Du vécu par un ancien cadre.

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