Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !
Logo du site

Passeurs de livres


Resumé Blandine Aurenche est bibliothécaire de la Ville de Paris, en poste dans le 20e arrondissement (médiathèque Réunion). Membre fondateur de l’association Lire à Paris , elle milite pour que la lecture publique rejoigne les besoins de la rue.

Projet – Vous nous recevez dans un sous-sol encombré de cartons de livres. Quelle est votre situation ?

Blandine Aurenche – Je coordonne la création d’une nouvelle petite médiathèque: le suivi du chantier, l’achat des documents, la constitution d’une équipe, la préparation du projet d’établissement. J’ai été nommée pour cela il y a deux ans et demi, après avoir dirigé pendant onze ans une bibliothèque pour enfants. J’ai proposé à la Ville de Paris de faire une bibliothèque d’un nouveau type, une « ruche », à la fois moderne sur le plan architectural et de l’offre informatique et proposant un petit fonds, mais très diversifié, avec tous les médias, pour un public qui n’a pas l’habitude d’aller en bibliothèque. Un endroit où la qualité du lieu est aussi importante que les collections. Un lieu où l’on ait plaisir à venir en famille. Une équipe très motivée a été constituée. Malheureusement, l’entreprise de construction qui a emporté abusivement l’appel d’offre, se révèle incapable. Le chantier a été arrêté en février 2007, et nous sommes encore en contentieux !

Projet – Vous dites l’importance du quartier.

Blandine Aurenche – C’est un quartier multiculturel, très populaire, avec une vie associative forte, des conseils de quartier bien implantés. Dans cet arrondissement, il n’y a que six bibliothèques pour 200 000 habitants (l’équivalent de Grenoble intra muros, qui compte quinze bibliothèques). Avec ses 60 bibliothèques municipales, Paris n’est pas suréquipé : la présence de bibliothèques d’Etat ne doit pas masquer la réalité. Notre zone d’influence comptera 30 000 habitants.

Projet – Pour cette population, il n’y avait qu’une bibliothèque d’enfants ?

Blandine Aurenche – En effet, c’était insuffisant. Le quartier est en pleine mutation : réhabilitation d’îlots, constructions nouvelles, pépinière d’entreprises, nouveau gymnase, centre d’animation. Il fait partie des quartiers les plus jeunes de Paris.

La bibliothèque, facilement familière pour des enfants, ne l’est pas souvent pour les adultes. Pourtant, elle peut devenir un élément de vie important dans un quartier. Pendant 25 années passées dans les bibliothèques du 19e, notamment à la bibliothèque Crimée, j’ai vu combien les enfants étaient les médiateurs de leurs parents vers la bibliothèque. Pour une part de la population, entrer dans une bibliothèque demande une démarche qui doit être provoquée, accompagnée. Nous organisions des visites de familles le samedi matin, en lien avec les écoles maternelles ou les associations de parents d’élèves. On leur donnait rendez-vous à la bibliothèque pour visiter les lieux autour d’un café ou d’un thé à la menthe. Les enseignants étaient surpris de voir que les parents venaient si facilement. Ces temps conviviaux facilitaient leur venue. Beaucoup étaient surpris de la variété de ce qui leur était offert : des recettes de cuisine, aux livres sur leur pays, du code de la route au roman policier ou un manga. Les gens ont une image très « élitiste » de la bibliothèque. Or une bibliothèque publique n’est pas réservée aux gens qui ont fait des études. C’est un lieu pour tout le monde. En Finlande, 80 % de la population fréquente la bibliothèque, qui fait partie du paysage.

Projet – Cela correspond-il à votre idée de ruche ?

Blandine Aurenche – Ce doit être un lieu moderne et familier où chacun peut consulter ses mails, s’initier à l’internet et aux recherches documentaires ; emprunter des DVD et des disques, des revues, passer un moment avec ses enfants; un lieu grand public, avec des actions d’animation, de promotion de la lecture, mais aussi d’orientation vers d’autres services.

Cela suppose d’abord la constitution du fonds documentaire, à la fois attrayant et collant le plus possible à l’actualité : des nouveautés que les gens auront pu voir dans une librairie, dans une revue ou à la télévision. Les abonnements à des revues grand public seront nombreux, les romans policiers, les récits de vie, une littérature facile côtoiera des œuvres plus littéraires et s’adressera à tous les âges. Nous ne sommes pas une bibliothèque de conservation. A côté des grands espaces culturels indispensables, notre petite médiathèque est un lieu d’éducation populaire, d’échange, de voisinage.

Projet – Comment accompagner cette offre d’ouvrages ?

Blandine Aurenche – Nous mettons en place toute une palette d’actions, d’abord en direction des enfants. Car c’est par eux que l’on touchera les parents, les nourrices, le reste de la famille. Ces activités sont toujours menées en partenariat :

avec le secteur de la petite enfance pour faire connaître la bibliothèque à ses usagers. J’ai participé, en 1998, à la création de l’association « Lire à Paris » dont les lectrices vont lire aux très jeunes enfants en PMI, en foyer de l’enfance, etc.

avec l’école pour des propositions permettant d’atteindre les parents avec l’aide des enseignants;

avec les associations, qui sont de très bons relais pour toucher aussi les familles. Avec ACCES en particulier 1, dont la grande idée est que les parents, témoins de l’appétit de leurs tout-petits pour la lecture, ont envie à leur tour de lire des histoires. J’en ai été souvent le témoin étonné. Je me suis beaucoup nourrie des intuitions d’ACCES et d’ATD Quart Monde.

Nous envisageons aussi un petit ciné-club, des clubs de lecture, un café-philo, des ateliers internet, des ateliers multimédias pour accrocher les gens par un autre biais que le prêt de livres. Si possible des activités qui soient l’occasion d’échanges et de rencontres pour que la bibliothèque devienne un lieu familier.

Projet – Travaillez-vous aussi avec les Centres de loisirs ?

Blandine Aurenche – Oui, pour des lectures dans les préaux avec les animateurs à l’heure du goûter. Aucun temps de concertation n’étant prévu dans l’emploi du temps des animateurs des Centres, cela rend difficile tout partenariat. Nous avons co-rédigé une Charte de coopération avec les Centres de loisirs du 20e : cela permettra peut-être d’obtenir les moyens nécessaires pour travailler ensemble. Lorsque notre bâtiment sera ouvert, nous prévoyons de co-animer un petit café-philo et un ciné-club ainsi que des activités multimédia. Mais la formation des animateurs des centres de loisirs est très insuffisante !

Projet – Vous utilisez les enfants comme premiers leviers ! Au-delà, comment faire découvrir à des parents venant d’ailleurs qu’ils peuvent trouver ici des richesses littéraires de leur pays d’origine ?

Blandine Aurenche – Lorsque je dirigeais la Bibliothèque Crimée, beaucoup de parents étaient analphabètes. J’avais été amenée à créer un cours d’alphabétisation pour les mamans. Nous étions à côté de squats importants (750 personnes) dont les enfants venaient quotidiennement à la bibliothèque. Nous leur lisions beaucoup de livres, les aidions pour les devoirs. Des mamans venaient à la bibliothèque, et elles voyaient bien le plaisir de leurs enfants. Quand certaines mamans ont exprimé leur désir d’apprendre à lire, nous avons créé un cours d’alphabétisation, grâce à une association. Pendant un an, les cours ont eu lieu dans la bibliothèque, lieu familier. Puis nous avons trouvé un autre local. Actuellement, deux de mes collègues sont en lien avec des cours d’alphabétisation. Ils vont régulièrement y présenter des livres et nous serons amenés à nouer des relations privilégiées avec ces groupes.

L’été, à Crimée, nous servions de garderie ou de colo pour tous les enfants qui avaient peur d’être dans la rue. Il fallait donner un sens à la bibliothèque… mais aussi aux vacances ! Pour nous y aider, j’ai pu embaucher un médiateur familial africain – repéré dans une fête de quartier. Il nous a permis de nouer des liens très fraternels avec des familles des squats. Des assistantes sociales de la caisse d’allocations familiales ont fait une permanence dans la bibliothèque ; par notre intermédiaire et celui du médiateur, elles avaient un contact immédiat avec les parents, pouvaient expliquer en quoi consistaient les séjours et facilitaient les démarches pour les départs en vacances des enfants. Nous étions aussi en lien avec policier qui animait un club de foot. Peu à peu le climat de violence qui régnait autour de la bibliothèque s’est apaisé et la présence de plus en plus fréquente et nombreuse des adultes y a beaucoup contribué.

Projet – Ces actions ont-elles transformé et augmenté votre offre de lecture ?

Blandine Aurenche – Progressivement, car notre public s’est élargi. Pour les enfants, cela est simple. Il y avait en permanence, sur un tapis, une à trois bibliothécaires pour raconter des histoires. Dès qu’un des enfants entrait, on lui proposait de lui faire la lecture. Et ceux-ci, spontanément, nous tendaient un livre en demandant : « raconte-moi ». Les livres et les textes devenaient familiers. Tous ne sont pas devenus des lecteurs mais ont sûrement fait leur miel des récits entendus.

Nous avons ajouté des livres pour adultes à nos collections, mais pour les parents analphabètes, c’était difficile et il nous est parfois arrivé de leur faire de la lecture à haute voix.

Projet – Tous les migrants ne sont pas analphabètes. N’ont-ils pas envie de trouver dans une bibliothèque des livres qui parlent de leur pays ?

Blandine Aurenche – Nous avons acheté beaucoup de livres sur les pays d’origine des parents avec de belles photos, avant d’acquérir des livres dans les langues d’origine, notamment pour les Chinois qui sont arrivés très nombreux dans le quartier. La bibliothèque Couronnes dans le 20e a constitué un fonds important de littérature en arabe et un fonds de littérature étrangère en français, en particulier d’Afrique noire et du Maghreb. Ils ont beaucoup de monde. Le plus difficile pour nous demeure l’accueil des gens qui ne maîtrisent pas ou très mal la lecture, pour qu’ils puissent investir la bibliothèque pour eux-mêmes et pour leurs enfants. C’est un vrai défi.

Projet – Vous avez parlé des jeunes enfants… Que se passe-t-il lorsqu’ils deviennent ados ?

Blandine Aurenche – Les adolescents viennent souvent en bande. Nous essayons alors d’instaurer avec eux une relation personnelle, d’aller au delà du groupe. Le travail scolaire nous donne une bonne occasion d’instaurer des relations plus intimes en les aidant à faire des recherches. Je me souviens de ce jeune tunisien qui était en 2de et ne comprenait rien à L’or de Blaise Cendras. Nous l’avons lu et commenté ensemble. Lui qui venait souvent avec des copains en roulant des mécaniques, est revenu seul; son attitude a complètement changé. Je pense encore à un groupe de cinq filles de Première, préparant le bac de Français. Très bruyantes, elles s’escrimaient en vain sur un passage de Madame Bovary. Il a fallu le « traduire » pour elles, le leur expliquer. Cela a soulevé des tas de questions. L’une d’elles m’a dit : finalement, Madame Bovary, c’est une histoire d’amour ! Ce moment nous a permis de faire connaissance, de créer une vraie relation.

Pour les jeunes, le lien de la lecture à l’école est un vrai problème. Sans le vouloir, l’école peut tuer la lecture, le goût pour la lecture. Nous travaillons avec les collèges et les lycées, en y co-animant avec des enseignants des clubs de lecture. Cette année, à l’heure du déjeuner nous présentons des livres dans le collège voisin : on en lit des passages pour donner envie de les lire. Un mois après, les jeunes nous disent ce qu’ils en ont pensé, et un débat s’instaure. Dans une classe de Troisième avec des élèves en grande difficulté, nous essayons de faire la même chose avec l’enseignant : permettre aux jeunes de vivre la lecture comme une rencontre avec d’autres personnes, d’autres situations,une autre pensée, un autre univers.

Projet – Dans la future bibliothèque, un espace leur sera-t-il réservé ?

Blandine Aurenche – Non, car ce sera un plateau unique. Les livres pour adolescents et adultes seront regroupés. Par ailleurs, nous aurons des « récits de vie », qui ont beaucoup de succès auprès des adolescents. Il n’y aura pas d’espace stigmatisé « ados » ; ils seront partout chez eux comme les autres. Cela exige de mettre l’accent sur l’accueil individuel.

Projet – Comment, au cours des années, sentez-vous l’évolution du rapport à la lecture en fonction de la télévision et des autres médias ?

Blandine Aurenche – Contrairement à d’autres médias, la lecture demande un effort de médiation de la part de ceux qui peuvent être « passeurs de livres ». Je ne vis pas les autres médias comme des concurrents. L’un peut compléter l’autre. C’est une question de dosage !

De même qu’il n’y a pas de bonnes et de mauvaises lectures. A nous de faire en sorte que chacun trouve les lectures qui lui conviennent. Par exemple, nous avons beaucoup de mangas, très lus par les ados. Nous tachons de présenter, à côté des plus connus, des titres intéressants sur le plan graphique ou littéraire. Dans les bibliothèques, on rencontre beaucoup d’autodidactes, ou des gens qui se passionnent pour un sujet. Je me souviens d’un petit garçon incollable sur les oiseaux; il lisait tout sur le sujet. Certains ont découvert des livres pour apprendre à dessiner. Ces lecteurs vont ensuite dans le rayon des arts, pour trouver des modèles, et découvrent des peintres. Les modes d’approche de la lecture sont infinis. Chacun a son histoire avec les livres.

Projet – Il y a une dimension collective aussi, quand vous parliez d’ateliers, de clubs de lecteurs…, une culture partagée.

Blandine Aurenche – Les clubs de lecture sont un partage autour de la lecture. Celui qui a beaucoup aimé un livre donnera envie à d’autres de s’y plonger. L’enthousiasme est communicatif. Souvent, nous passons du temps avec des lecteurs pour évoquer les livres lus par les uns ou les autres. C’est une façon d’échanger sur nos préoccupations, les idées qui nous tiennent à cœur. Activité éminemment solitaire, intime, la lecture est aussi l’occasion de partages très forts.

Projet – Quand vous dites : « on sort la lecture de la bibliothèque », le faites-vous concrètement ?

Blandine Aurenche – Oui, presque quotidiennement. Nous sortons pour lire ou présenter des livres dans des écoles, les collèges, des associations. Bientôt, nous allons organiser du portage à domicile pour les personnes isolées. Tous les ans, nous sortons pendant l’été, une fois par semaine, pour lire au jardin public. Mercredi dernier, nous avons eu une trentaine d’enfants malgré le mauvais temps. Les mamans sont étonnées de voir leurs enfants quitter les jeux quand nous arrivons. Ces « sorties » sont vitales pour nous faire connaître de ceux qui n’imagineraient jamais entrer dans une bibliothèque. Nous voulons en donner une image plus ouverte, plus attractive. Le taux d’emprunteurs dans les bibliothèques parisiennes est encore trop insuffisant !

Projet – Paris n’est peut-être pas le bon exemple. A Poitiers, la bibliothèque, ouverte tard le soir, permet davantage d’emprunts.

Blandine Aurenche – A Poitiers, elle est très attractive, en effet. Et à Grenoble, 45 % de la population est inscrite en bibliothèque. Il y a un conflit actuellement avec le personnel de la Ville de Paris sur l’ouverture du dimanche. On trouve normal que les jardins publics et les musées soient ouverts le dimanche. Pourquoi pas les bibliothèques? Mais une grande partie du personnel refuse cette charge nouvelle. La Ville est face à un défi : elle s’est engagée à l’ouverture du dimanche pour les trois nouvelles médiathèques. Avec quel personnel ? Des étudiants ?

Projet – Quelle est votre politique d’achat ?

Blandine Aurenche – Nos collections seront « tout public », collant le plus possible à l’actualité, et constamment renouvelées. En ce moment, nous complétons le fonds « vie pratique » : recettes de cuisine, yoga, santé, régime, bricolage, mais aussi livres sur la recherche d’emploi (savoir faire un CV, se présenter), des guides sur les métiers. Nous achetons de beaux livres sur les pays, de même que des livres sur la cuisine traditionnelle africaine, maghrébine, chinoise, tamoul…

La fiction est très demandée : des romans policiers, sentimentaux, de science-fiction, des bandes dessinées... Il faut diversifier les styles et prendre aussi des livres que l’on n’achèterait pas pour soi. On essaie d’avoir des œuvres peu connues que l’on a découvertes ou qu’un libraire nous a conseillées. Nous constituons aussi une « pochothèque » convenant aussi bien aux adultes qu’aux lycéens. La qualité de l’accueil et du conseil est précieuse pour des adultes qui lisent peu et ont besoin d’être raccrochés pour retrouver le chemin de la lecture.

Nous achetons à des diffuseurs et grossistes ou quelques rares gros libraires. La ville est en train de rédiger un nouveau marché pour que nous puissions acheter aussi au libraire voisin avec lequel il est plus facile d’avoir des relations suivies, des échanges sur les parutions. La production est si pléthorique que nous avons besoin de partager les critiques avec d’autres professionnels du livre.



Les plus lus

L'homme et Dieu face à la violence dans la Bible

Resumé Faut-il expurger la Bible ou y lire l'histoire d'une Alliance qui ne passe pas à côté de la violence des hommes ? Les chrétiens sont souvent gênés par les pages violentes des deux Testaments de la Bible. Regardons la Bible telle qu’elle est : un livre à l’image de la vie, plein de contradictions et d’inconséquences, d’avancées et de reflux, plein de violence aussi, qui semble prendre un malin plaisir à multiplier les images de Dieu, sans craindre de le mêler à la violence des hommes. Une ...

Rôle et nature de l'actionnariat dans la vie des entreprises

Resumé Si la croissance rentable est le principal objectif pour les actionnaires, elle ne peut être leur seule visée. Il importe de mettre en œuvre des processus qui précisent les modes de relation avec les dirigeants de l’entreprise. Celle-ci a les actionnaires qu’elle mérite : seront-ils les partenaires du développement social ? De nombreuses situations récentes ont montré l’influence grandissante des actionnaires. Dernier exemple en date, en France, celui de Danone : après avoir renoncé à acq...

Conditions du travail à Madagascar

Chaque société entretient avec la sphère du travail un rapport particulier qui dépend d’abord de sa culture et de son histoire, ensuite de son niveau de développement économique et social. L’exemple de Madagascar relève d’une situation globalement partagée par la plupart des pays africains subsahariens – sauf l’Afrique du Sud. Ces pays ont en commun la prédominance de la tradition et de l’oralité, et l’expérience de la domination coloniale. Et ils connaissent aujourd’hui des changements sociaux...

1 / « Action culturelle contre les exclusions et les ségrégations ». Cette association a été créée par un pédopsychiatre, le professeur Diatkine, avec les docteurs Marie Bonnafé et Tony Lainé, Geneviève Patte, Marie-Claire Bruley et d’autres personnes. Il s’agissait de faciliter aux tout-petits l’accès au langage du récit, livre et comptines, et d’introduire des livres et des lecteurs dans des lieux où on ne s’attend pas à les trouver. Cela a commencé dans des camions PMI, au début des années 80. Cela s’est étendu à des endroits aussi divers que les prisons. Formée par eux, j’ai commencé à travailler avec les partenaires de la petite enfance à Paris. Et depuis 1999, des lectrices salariées vont dans toutes les PMI de Paris, dans les Centres d’hébergement d’urgence et dans certains Centres sociaux.


Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules