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Un moratoire justifié Les agriculteurs et les Ogm : question en débat


La culture des plantes transgéniques permettrait de réduire les coûts du désherbage et de sélectionner celles résistantes aux insectes. Mais les risques pour la santé et l’environnement sont sous-évalués. La Confédération paysanne s’oppose surtout au brevet sur le vivant.

La culture des plantes transgéniques permettrait de réduire les coûts du désherbage et de sélectionner celles résistantes aux insectes. Mais les risques pour la santé et l’environnement sont sous-évalués. La Confédération paysanne s’oppose surtout au brevet sur le vivant.

Ce n’est pas à la demande des consommateurs ou des agriculteurs que les organismes génétiquement modifiés (Ogm) et, en particulier, les plantes transgéniques à usage alimentaire (Pgm dans le texte) ont été mis au point. Alors que les sociétés européennes sont principalement préoccupées par des problèmes de qualité nutritionnelle et de sécurité sanitaire des aliments, quelques firmes multinationales1 ont déposé des brevets portant sur l’insertion d’un ou deux gènes (dénommés « gènes d’intérêt ») dans des variétés classiques de soja, coton, maïs, colza, etc. Grâce à un lobbying incessant2, elles ont réussi en dix ans à développer leurs Pgm aux Etats-Unis puis dans quelques grands pays agricoles.

Percevant derrière cette nouvelle technologie un évident risque d’appropriation du vivant par quelques multinationales et une menace contre le droit ancestral des agriculteurs à ressemer leurs propres productions, la Confédération paysanne et d’autres organisations européennes se sont opposées au brevet sur le vivant et souhaitent un moratoire sur ces Pgm.

Données concernant la diffusion des Pgm

Etat des plantes GM dans le monde

Pays

1997

2001

2003

2004

Etats-Unis

8.1

35.7

42.8

47.8

Argentine

1.4

11.8

13.9

16.2

Canada

1.3

3.2

4.4

5.4

Brésil

?

1,4

3 (?)

5

Chine

?

?

3

3.7

Paraguay/Uruguay

?

?

?

1.5

Autres

0.1

0.5

0.6

1.4

Total

10.9

52.6

67.7

81

Selon la Fao, la superficie annuellement cultivée dans le monde serait supérieure à 1.500 millions d’hectares. Sur les 81 millions d’hectares cultivés en plantes GM, plus de 75 millions le sont en Amérique (nord et sud). L’extension dans ce continent est certes spectaculaire mais, dans les autres régions du monde, elle est encore réduite.

81 % des Pgm actuellement cultivées dans le monde sont résistantes aux herbicides vendus par les firmes qui les ont mises au point (par exemple, le glyphosate de Monsanto). Selon des statistiques officielles, la diffusion de ces Pgm aux Etats-Unis ne se traduit pas par une diminution des quantités de matière active d’herbicide utilisées à l’hectare3.

Le développement à grande échelle des Pgm ne concerne en fait que quatre grandes cultures annuelles. Pour les autres plantes, le développement est embryonnaire (la Chine envisage cependant la culture à grande échelle de riz Bt résistant à certains insectes).

Importance relative des principales Pgm

(en % du total des Pgm)

Espèces

1998

2001

2003

2004

Soja

52 %

63 %

61 %

60 %

Maïs

30 %

19 %

22.5 %

24 %

Coton

9 %

13 %

10 %

11 %

Colza

9 %

5 %

6.5 %

5 %

Total

100 %

100 %

100 %

100 %

Le soja représente actuellement près des 2/3 des Pgm cultivées. L’extension de ces sojas résistants à des herbicides totaux ne s’explique pas par un potentiel de rendement supérieur mais par une réduction des coûts du désherbage (deux passages de glyphosate coûtent actuellement moins cher que les herbicides classiques du soja). Pratiqués le plus souvent dans de grandes exploitations agro-industrielles et en quasi-monoculture, ces sojas transgéniques induisent, selon plusieurs agroéconomistes, des problèmes environnementaux et ont un impact négatif sur les agricultures familiales voisines et l’emploi en milieu rural. La réduction des coûts de désherbage explique aussi l’extension des colzas GM. Celle-ci est cependant limitée par des risques de pollution génique présentés par cette plante à forte fécondation croisée4.

28 % des Pgm sont des plantes produisant des toxines Bt qui les rendent résistantes à certains insectes. Il s’agit principalement de coton et de maïs et les variétés GM n’ont pas, là encore, un potentiel de rendement supérieur aux variétés classiques. Ces variétés sont transformées en plantes insecticides et fabriquent en continu une toxine insecticide Bt. Cela permet de réduire les quantités d’insecticides achetées mais la diminution des coûts de traitement est en partie absorbée par le surcoût des semences génétiquement modifiées.

Cet intérêt des Pgm Bt peut être rapidement anéanti par l’apparition d’insectes résistants (lesquels mutent rapidement, on le sait) et les firmes et les organismes de recherche recommandent de laisser jusqu’à 25 % de la sole en plantes non génétiquement transformées, ce qui montre bien la limite de ce type de Pgm. De plus, pour lutter contre certains des insectes attaquant le maïs, il existe d’autres méthodes présentant nettement moins d’inconvénients. L’une de ces méthodes, autorisée en agriculture biologique, fait appel à des insectes dits auxiliaires qui détruisent le parasite5.

La brevetabilité du vivant

Devenues des « Pgm », les variétés sont protégées par des brevets et non par des certificats d’obtention végétale. En clair, sauf dispositions spécifiques maintenant les « privilèges » du fermier et de l’obtenteur comme dans les lois européennes et françaises, ceci a deux conséquences. D’abord, les agriculteurs n’ont pas le droit de ressemer la production obtenue à partir de ces Pgm et sont obligés de racheter chaque année leurs semences à la firme6. Ensuite, une autre firme ne pourra réutiliser la variété dans un nouveau croisement sans une négociation financière avec la firme qui a déposé le brevet. A terme, si ces Pgm se généralisaient, l’ensemble des plantes cultivées, quelle que soit l’origine de la semence, serait protégé par les brevets de quelques firmes. Pour beaucoup d’organisations paysannes, c’est inacceptable !

Risques globaux de la transgénèse

Cette intervention sur le vivant n’est pas, comme les représentants des firmes l’ont prétendu, une opération simple, une « frappe chirurgicale ». Les méthodes ayant permis la mise au point des Pgm sont complexes et posent de graves questions.

D’abord, celle du franchissement des barrières entre espèces. Les espèces actuelles sont le résultat d’une co-évolution de 3,5 milliards d’années. La transgénèse donne à l’homme le pouvoir de bouleverser cette évolution en introduisant des gènes d’une espèce dans une autre. De nombreux scientifiques estiment que les obtenteurs de Pgm ont une conception mécaniste et simplificatrice de la génétique et de l’expression des gènes.

Souvent, les firmes n’ont pas inséré que le gène d’intérêt (et l’on note des discordances entre la séquence génétique de l’insert écrit dans le dossier d’inscription et celle effectivement observée sur les plantes cultivées !). Le transgène est inséré « au hasard » dans la chaîne d’ADN, alors qu’on connaît peu de choses sur les mécanismes de régulation des gènes. On peut donc aboutir à des « chimères » sans intérêt ou présentant des caractères dangereux pour la santé et l’environnement… Un « gène marqueur » accompagne le « gène d’intérêt » et permet de ne retenir que les plantes qui le portent. Or ce gène pose parfois problème, comme les gènes de résistance aux antibiotiques maintenant interdits en Europe.

Des risques pour l’environnement et la santé

Le tableau ci-dessous résume les objectifs, les techniques utilisées et les risques des principales plantes modifiées actuellement commercialisées (tableau en partie élaboré à partir de documents de l’Inra).

But recherché

Technique utilisée

Principaux risques

Tolérance aux herbicides totaux. On peut alors traiter la culture avec l'herbicide concerné pour détruire les mauvaises herbes.

Transfert aux plantes de gènes de tolérance aux herbicides totaux de type glyphosate.

Transfert via le pollen du gène à des « cousines sauvages » qui deviendront des mauvaises herbes plus difficiles à détruire. Repousses de plantes GM devenant de « supers mauvaises herbes ».

Résistance aux insectes ravageurs, comme la pyrale du maïs.

Introduction d'un gène codant produisant une toxine du Bacillus thuringiensis à laquelle est sensible l'insecte.

Sélection d'insectes résistants et devenant plus difficiles à éradiquer. Risque de destruction d’insectes utiles pour la pollinisation des cultures.

Résistance aux virus pour limiter leurs incidences sur les cultures et limiter les traitements chimiques.

Introduction d'un gène de capside.

Apparition de virus recombinants ayant acquis le gène de capside porté par la plante GM et ayant un potentiel pathogène renforcé.

Malgré l’existence des risques mentionnés dans ce tableau, on n’étudie pas dans les dossiers d’autorisation présentés par les firmes les impacts des Pgm comme on étudie ceux d’un médicament. Comme le soulignent le professeur G.-E. Séralini et des chercheurs de l’Inra, il faudrait des tests sur animaux de plus de trois mois et étudier l’équivalence nutritionnelle et non « l’équivalence en substance » de ces Pgm comme on le fait jusqu’à maintenant aux Etats-Unis. Il faudrait aussi mieux étudier les impacts des Pgm sur l’environnement et sur les systèmes agraires dans les pays qui les ont développés.

Un problème insoluble : la contamination

La dissémination de transgènes dans le milieu peut induire la contamination des agricultures ayant des cahiers des charges sans Pgm. En effet, la fécondation des végétaux implique le vent et des insectes. Il est impossible de rapatrier un gène dans les labos s’il y a problème ! On le sait, les voyages aériens ou par bateau ont provoqué des disséminations non souhaitées d’espèces végétales ou animales.

Avec les parcellaires de beaucoup de régions d’Europe et pour les plantes à fécondation croisée (colza, betterave, maïs…), la présence dans une même commune de producteurs de Pgm et de producteurs bio, fermiers, etc. rendra la coexistence économiquement très risquée pour ceux qui ont des cahiers des charges sans Ogm. Cette coexistence sera donc très conflictuelle7. Des pollutions peuvent également se réaliser via des lots de semences importés de pays fortement producteurs de Pgm8 ou dans les transports et les étapes de transformation des produits.

Conscient de la complexité des pollutions géniques, les assurances refusent de couvrir les risques liés aux Pgm. La législation adoptée en 2004 en Allemagne prévoit l’obligation de déclaration en mairie des surfaces en plantes GM, leur localisation sur le cadastre et l’application du principe pollueur-payeur en cas de pollution génique. Dans les régions d’Europe ayant de petits parcellaires, cette législation semble une alternative. Sous la pression des firmes et de certains lobbies agricoles, le gouvernement français n’a pas encore fait voter de loi sur la responsabilité en cas de contamination…

Pour être efficace et équitable, la responsabilité des contaminations devrait remonter à la source et impliquer la firme ayant mis sur le marché ces Pgm.

L’étiquetage des Pgm et de leurs dérivés

Le consommateur a le droit de savoir ce qu’il consomme. La législation européenne adoptée en septembre 2003 implique un étiquetage spécifiant la présence d’Ogm dès que le seuil de 0,9 % est dépassé pour l’un des composants des produits alimentaires commercialisés. Mais cette législation ne prévoit aucun étiquetage pour les produits issus d’animaux ayant consommé des plantes génétiquement modifiées. C’est pourtant la destinée de la majorité des Pgm déjà présentes dans l’Union (soja et maïs importés). L’avancée des méthodes de détection dans le sang, le lait et la viande des animaux permettrait d’ores et déjà de remédier à cette carence. Toutefois, là encore, des lobbies s’exercent sur les instances de décision françaises et européennes. L’étiquetage des produits animaux est donc un combat à mener pour permettre une information plus complète des consommateurs.

L’encadrement des essais de plein champ

Les essais en laboratoire ne suffisent pas pour évaluer le fonctionnement et les impacts de certaines Pgm. Les laboratoires ou des serres ne peuvent intégrer toutes les variantes de nos milieux, en particulier pour la pollinisation. C’est d’ailleurs grâce à des essais en milieu réel que le croisement de colza ou de betteraves génétiquement modifiés avec leurs cousines sauvages a été prouvé.

Dans certains essais autorisés par la Commission de génie biomoléculaire (Cgb) et suivis par les services régionaux de la protection des végétaux, les risques de diffusion du pollen paraissent maîtrisés du moins tant que l’on n’a pas d’accident (animaux sauvages, vents violents…) et, surtout, tant que l’on ne s’intéresse pas à d’autres causes possibles de dissémination dans les sols, aux transferts horizontaux vers les bactéries, ni aux risques d’erreurs humaines (ainsi, du riz a été contaminé en Chine).

Par contre, plusieurs essais autorisés par la Cgb9 présentaient un risque évident et inacceptable de pollution génique. L’absence initiale de transparence des essais Ogm en France était absolument inacceptable. La protection des intérêts commerciaux des firmes a primé sur la législation environnementale et le droit des citoyens. La situation actuelle n’est pas encore claire et il faut poursuivre cette lutte car les élus d’une collectivité territoriale ont le droit de refuser des essais de Pgm sur leurs terroirs dès lors que sont menacés les intérêts économiques de producteurs locaux produisant ces mêmes plantes dans des filières sans Ogm.

La faim dans le monde et les Pgm

La faim est aujourd’hui un problème de répartition et non de production : la planète produit assez de nourriture pour ses six milliards d’habitants. Certes, de nombreux systèmes de production ne sont pas reproductibles et durables (érosion et perte de fertilité des sols, graves dégâts sur le milieu et les hommes causés par les pesticides, en particulier les insecticides utilisés pour le coton, le café et le riz). Certes, la productivité des sols stagne ou régresse (dans les savanes tropicales et les deltas asiatiques où vit près de la moitié de l’humanité). Enfin, les changements climatiques induits par l’homme occasionnent des accidents (sécheresses) qui perturbent la sécurité alimentaire du monde.

On ne sait donc pas si la planète pourra nourrir convenablement et durablement 8 à 9 milliards d’humains. Toutefois, les Pgm proposées n’apportent, pour le moment, rien de significatif sur ce sujet. D’autant que l’obligation de racheter la semence chaque année exclut la majorité des petites exploitations familiales du monde. Les firmes évoquent des plantes résistantes au sel ou à la sécheresse. Mais les mécanismes de ces résistances sont mal connus et font intervenir un grand nombre de gènes. Or les chercheurs ne savent actuellement transférer qu’un très petit nombre de gènes… Des solutions au problème de la faim sont déjà mises en œuvre par des sociétés paysannes mais il faudra encore innover. Plusieurs biotechnologies seront utiles, en particulier les techniques d’identification des gènes d’intérêt (sélection par marqueurs) qui permettent de gagner du temps en sélection classique sans présenter les inconvénients des Pgm actuels. Utilisée en laboratoire, la transgénèse peut aussi permettre de comprendre le rôle et le fonctionnement des gènes.

Toutefois, il est illusoire de croire, qu’à court ou moyen terme, la transgénèse résoudra le problème de la faim ! On peut toujours dire qu’« à long terme, nul ne sait », mais il est évident que les investissements considérables et nécessaires pour lever les risques que nous avons évoqués seront effectués au détriment de solutions plus accessibles pour tous, comme le soutien de recherches-actions concernant l’agriculture durable10 et l’utilisation de leviers économiques immédiatement efficaces, comme les barrières douanières pour la protection et le développement de la souveraineté alimentaire des pays.



1 Les principales multinationales des Pgm sont Monsanto, Aventis, Syngenta, DuPont, Dow et BASF. A l’image de Monsanto, il s’agit d’entreprises au départ spécialisées dans la chimie et les produits phytosanitaires et ayant racheté des firmes semencières, souvent dans le but de produire des plantes transgéniques utilisant leurs herbicides.

2 Lobbying décrit par Hervé Kempf dans La guerre secrète des OGM, éd. du Seuil, 2003

3 C’était un argument environnemental avancé par les firmes.

4 Le colza présente deux risques environnementaux importants : diffusion des transgènes et croisement avec des cousines sauvages ; repousses de colza GM devenant de « super mauvaises herbes » résistantes à un herbicide total (lors de la récolte du colza, les pertes de la moissonneuse-batteuse correspondent à plus de dix fois les quantités nécessaires pour semer un hectare et ces graines peuvent survivre plus de dix ans dans le sol).

5 Pour lutter contre des insectes « foreurs » de tiges et d’épis (comme la pyrale du maïs), l’Inra a mis au point une méthode utilisant de petites guêpes, les trichogrammes, qui parasitent les œufs de papillons. En France, cette technique a concerné plus de 80.000 ha de maïs en 2004 et une extension de la méthode est prévue pour d’autres cultures. Contrairement aux pesticides, les traitements par les trichogrammes respectent l’entofaune utile et ne laissent aucun résidu toxique.

6 Pour l’agriculteur français qui sème des maïs hybrides, le coût des semences est d’environ 20 % du produit brut total espéré. Avec des hybrides Pgm, ce ratio pourrait dépasser 25 %, ce qui réduirait encore l’autonomie des paysans.

7 J’affirme cela en tant que producteur de diverses semences, régies en Anjou par des obligations de déclarations et des arrêtés préfectoraux mentionnant les distances minimales entre parcelles de même espèce afin d’éviter les pollutions géniques au delà de quelques ‰. Ce problème complexe nécessite de fréquentes concertations entre paysans.

8 En 2004, les services de la protection des végétaux des Draf ont dénoté la présence de transgènes dans 72 lots de semences de maïs importés sur 206 analysés ! La plupart des lots contaminés venaient du continent américain.

9 Le comité national de biovigilance supervisant les essais ne fonctionne plus en France (le comité actuel, provisoire, se réunit très rarement). Cette situation a largement été dénoncée par un des membres de la CGB, le professeur Séralini. En fin de compte, il n’y a pas en France d’expertise externe des impacts et résultats des essais Pgm de plein champ. Une telle expertise devrait être imposée aux firmes.

10 Aujourd’hui dans le monde, les systèmes de culture permettant de produire le plus d’aliments par unité de surface ou par unité d’énergie fossile consommée sont rarement des systèmes agro-industriels. Les systèmes mis en œuvre par des agricultures paysannes familiales peuvent être sur ces points plus efficients quand les principes d’une agronomie « saine » sont respectés (techniques réduisant l’érosion et préservant la fertilité et la vie des sols, respect des rotations, choix de variétés rustiques, cultures associées, fumure organique, protection des cultures priorisant la lutte biologique et la lutte intégrée, etc.). Ces systèmes sont moins productifs que les systèmes agro-industriels par unité de main d’œuvre, mais est-ce le problème majeur vu le nombre de chômeurs et de paysans sans terre dans le monde, qui ne cesse d’augmenter de par la démographie des zones déshéritées de la planète ?


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