Commémoration du 22e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, France, avril 2008 © Ernest Morales/Flickr/CCCommémoration du 22e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, France, avril 2008 © Ernest Morales/Flickr/CC



 

Comment gérer les conséquences de l’activité humaine sur le très long terme ? La question a une dimension éthique, appelant une logique de transmission patrimoniale des conditions concrètes de la vie afin de dépasser la logique d’un contrat entre les vivants. Elle est aussi politique et suppose de nouveaux modes de gouvernance, entre marché et État : des formes de coordination fondées sur le bien commun.

Nombreuses sont les activités que nous menons aujourd’hui dont on peut penser qu’elles auront pour l’humanité des conséquences graves et difficilement réversibles dans le futur. Ces activités sont associées à notre vie quotidienne et diffuses (le transport, le chauffage, l’agriculture) ou, au contraire, concentrées sur certains sites et liées à des usages industriels ou technologiques. Dans ces différents domaines, les décisions sont confrontées à la nécessaire prise en compte des effets potentiels de l’activité humaine sur un milieu, un environnement, sur notre planète et ses orbites, alors même que ces effets peuvent intervenir au-delà du temps des générations actuelles, sur le long ou le très long terme. Les impacts envisagés portent couramment sur plusieurs centaines, milliers, voire millions d’années. D’où la nécessité d’une réflexion sur les conditions d’une gouvernance des problématiques de très long terme associées aux activités humaines[1].

Quand le très long terme est en jeu

Le développement moderne de la production et plus particulièrement celui de la consommation des énergies fossiles est à l’origine d’un déséquilibre climatique induit par les émissions de gaz à effet de serre. Les effets, attendus à l’échelle de quelques centaines d’années et au-delà, sont d’ores et déjà identifiés dans certaines régions de la planète. De même, ce développement est à l’origine d’une réduction progressive et irréversible de la biodiversité si des dispositions ne sont pas prises à court ou moyen terme. La production d’électricité nucléaire, elle, génère des déchets radioactifs dangereux, dont l’activité décroît avec le temps, mais dont il faudra tenir compte durant plus d’un million d’années ! L’essor du secteur spatial, depuis les années 1950, s’accompagne d’une multitude de débris spatiaux qui circulent sur les orbites de la Terre et dont la durée de vie oscille entre quelques mois et plusieurs dizaines de milliers d’années. Satellites, navettes et stations spatiales sont fortement exposés à des risques de collision. La gestion de ces problématiques de long terme est elle-même à l’origine de techniques nouvelles (le captage et le stockage du gaz CO2 en couche géologique profonde, ou le stockage géologique de déchets radioactifs) dont les risques potentiels pour la géologie des territoires doivent être étudiés à l’échelle du très long terme.

Le développement moderne est à l’origine d’une réduction progressive et irréversible de la biodiversité.


Cette dimension de très long terme se caractérise le plus souvent par un faisceau de plusieurs éléments :

  • Plus la perspective temporelle est lointaine, plus l’incertitude augmente.
  • Les phénomènes observés ou attendus sont souvent irréversibles.
  • L’anticipation des impacts sur le futur est complexe, liée à de multiples variables, anthropiques et naturelles, et fait intervenir une très forte dimension d’expertise, difficilement accessible à la population.
  • Le lien de continuité et de responsabilité entre une cause et un effet devient difficile à maintenir.
  • La légitimité des élus et des experts et leur rôle dans la gouvernance du très long terme sont questionnés.

Ces différents constats appellent la création de dispositifs de gouvernance prenant en compte la spécificité du très long terme, aujourd’hui pratiquement inexistants. Des réflexions existent, mais elles restent parcellaires et isolées les unes des autres. Prises dans un contexte particulier, elles sont associées à des enjeux de vie, voire de survie, au plan territorial comme au plan global. Instruire les questions inédites que pose le très long terme ne saurait se cantonner aux seuls milieux experts, car cela se traduira par des décisions dont les conséquences peuvent être importantes sur nos modes de vie d’aujourd’hui. La « régulation » des risques et des impacts de très long terme est ainsi associée à des enjeux de gouvernance immédiats pour les pouvoirs publics et leurs experts, mais également pour l’ensemble des acteurs concernés, en particulier pour la population, au niveau local, national, international.

Par-delà l’éthique du contrat

Pour illustrer les questionnements éthiques posés par cette prise en compte du futur, nous évoquerons le film Dersou Ouzala de Akira Kurosawa (1975). Celui-ci met en scène deux personnages engagés dans une expédition géographique dans la taïga de l’Oussouri (Nord-Est de la Russie) : le capitaine russe Vladimir Arseniev, qui dirige l’expédition, et Dersou Ouzala, issu du peuple golde qui réside à la lisière de la Russie et de la Mandchourie, qui lui sert de guide. Le film s’appuie sur le récit d’une expédition réalisée à la fin du XIXe siècle et ses personnages ont donc bien existé. Sur un rythme lent, il nous introduit dans le cadre majestueux et dangereux de la taïga sauvage, où l’homme n’est qu’un hôte passager. Dans une succession de forêts jaunes, denses et giboyeuses, de plaines immenses et vides, alternent des conditions climatiques favorables et ensoleillées avec de brusques et violentes tempêtes de neige, des vents glaciaux, la présence de fauves inquiétants et des conditions extrêmes où la vie humaine ne tient qu’à un fil. Porté par une vision animiste du monde, Dersou, le personnage central, vit en profonde symbiose avec la nature et ses esprits dont il guette constamment les signaux et les messages.

Au détour d’un chemin, l’expédition croise une petite hutte de branchages construite par des mains inconnues et en partie détruite par les intempéries. Cet abri n’est d’aucune utilité pour l’expédition, pressée d’avancer. Mais Dersou l’arrête pour restaurer cette hutte. Son geste suscite l’incompréhension des membres de l’expédition et du spectateur. Il poursuit durant un long moment la remise en état d’un abri qu’il n’a pas construit et dont il ne profitera vraisemblablement jamais lui-même. Dans la suite du film, le spectateur prend progressivement conscience des conditions extrêmes d’un environnement imprévisible pour l’homme qui peut changer très rapidement et devenir totalement hostile. L’existence d’un abri peut alors être décisive. Dersou a pu lui-même profiter, au cours de ses expéditions de chasse dans la taïga, de la présence inopinée d’un refuge auquel il doit peut-être la vie. Son geste s’inscrit dans une reconnaissance à l’égard de ceux qui l’ont bâti dans le passé. Il n’est pas guidé par un intérêt direct. Il agit pour un autre lui-même, qui passerait ici dans le futur…

Il agit pour un autre lui-même, qui passerait ici dans le futur…


Dans certains cas, nous agissons pour faire advenir un contexte favorable pour nous-mêmes ou pour ceux qui nous succéderont. Mais au-delà de cet horizon, nous avons du mal à imaginer les conséquences de nos actions. Nous sommes peu concernés et peu enclins à poser des gestes qui peuvent nous coûter, pour un but qui ne nous concerne pas directement. Le personnage de Dersou est dans une dynamique différente. Son attitude n’est pas d’abord mue par un intérêt ou un engagement à l’égard d’autres personnes. Elle est guidée par ce que l’on pourrait appeler un « souci patrimonial » à l’égard d’un milieu de vie dont il fait partie intégrante.

Les éthiques modernes, de nature contractualiste, sont-elles inadaptées à la prise en charge de problématiques intergénérationnelles de longue durée[2] ? Dans cette approche, le comportement réciproque de deux individus, A et B, est conditionné par la capacité de chacun des deux à exercer sur l’autre des mesures de rétorsion. La rétorsion n’a évidemment aucun sens entre des générations que séparent des milliers, voire des centaines de milliers, d’années. Des auteurs comme François Ost[3] soulignent le fait qu’une analyse des mécanismes d’échange social et de don milite pour une vision de la relation éthique en boucle ouverte : B reçoit de A et donne à D qui donne à C, etc. Chacun durant sa vie va recevoir de certains et donner à d’autres. Une logique de transitivité prend alors le relais d’approches fondées sur le contrat, la réciprocité. La difficulté éthique trouve ici une voie de résolution, comme dans l’exemple de Dersou Ouzala.

Ce personnage s’inscrit par ailleurs dans une continuité entre humanité et nature. Il assure sa part dans la prise en charge de sa « sphère patrimoniale de vie » : en l’occurrence des éléments d’existence et de sécurité d’une vie humaine dans le contexte de la taïga. Il est, d’une certaine manière, dans la reconnaissance à l’égard de ce milieu de vie, dont les éléments naturels et les construits humains ne sont pas en opposition (contrairement au contexte urbain où l’entraîne par la suite son ami Arseniev).

La notion de « sphère patrimoniale » mobilisée ici ne s’apparente pas à celle d’environnement ou de milieu, qui reste encore dans l’opposition moderne entre l’homme et la nature. Il ne s’agit pas de poser l’existence de l’homme in abstracto, mais de lui associer les conditions pratiques de sa liberté et de son épanouissement dans le contexte concret qui est le sien. Cette prise en compte des conditions concrètes d’existence d’une humanité (cf. la notion d’« humanité concrète ») apparaît comme une des conditions pour une gouvernance démocratique[4].

Comme l’écrit Cynthia Fleury : « Si vous enlevez à l’homme l’air, l’eau, si vous le mettez dans une situation de guerre, sa survie en tant qu’humain – en tant que pourvoyeur de conscience humaniste – est remise en cause[5]. » Une telle vision ne se laisse pas réduire à la dimension de conservation d’une qualité de nature comme environnement. Ou alors il faut repenser, comme Joëlle Zask[6], la notion d’environnement : l’existence d’un cadre de liberté et de mise en capacité de l’homme, permettant son accès au continuum d’expérience nécessaire à son épanouissement et à son individuation. Plusieurs travaux de recherche, mais aussi différentes formes d’action sociale, ont d’ailleurs souligné l’importance d’un accès au cadre naturel comme facteur de capacitation humaine (par exemple, les jardins ouvriers de l’abbé Lemire).

Gérer un patrimoine commun

Les questions de très long terme impliquent pluralité et interdépendance des acteurs concernés dans l’espace et le temps. L’interdépendance est associée à des enjeux positifs (un usage, un accès, une ressource, un service, une qualité…) aux yeux d’un ensemble de personnes (qui ne vivent pas nécessairement dans une même époque) qui en bénéficient et qui en sont titulaires ensemble, de manière non exclusive les unes des autres. Elle va au-delà d’une appropriation publique ou privée. Elle est liée aussi à la vulnérabilité d’une ressource qui peut être limitée (en quantité finie) ou renouvelable sous certaines conditions. Or ces enjeux positifs peuvent régresser, voire disparaître, sous l’action non coordonnée de quelques-uns. Au contraire, les ressources communes peuvent se développer et prospérer sous l’action conjuguée des personnes qui en font usage. On parle alors de « prise en charge en bien commun ». Une gouvernance des communs implique l’existence d’une communauté patrimoniale : « Ce qui est bon pour l’ensemble est bon pour moi ».

Les formes d’engagement de la société axées sur la prise en charge du bien commun différent sensiblement des formes de participation démocratique classiques, où la contribution des citoyens reste subordonnée à la construction de l’intérêt général par l’appareil institutionnel. Les biens communs, dans la théorie, sont des pools de ressources accessibles ou construites, associés à une forme de gouvernance pour élaborer et appliquer des règles de leur utilisation. Ils ne sont pas des biens publics, pour lesquels la gouvernance serait assurée par les États ou dans le cadre de conventions multilatérales. Ils se distinguent aussi de la notion d’intérêt général, dont la définition et l’appréciation dépendraient principalement du législateur ou du juge.

Le commun recouvre autant l'idée de « ce qui appartient à plusieurs » que celle de « prendre en charge avec ».


Les biens communs sont des ensembles de biens qui peuvent être issus de ressources naturelles, ou de patrimoines individuels ou collectifs construits et gérés par une communauté suivant ses propres règles pour soutenir un objectif commun. Les formes de prise en charge reposent d’abord sur les caractéristiques propres des situations (situations complexes faisant intervenir différents niveaux d’action) qui se dérobent à des modes de traitement publics et privés. Elles se situent entre la propriété privée (fondée sur l’exclusivité) et la domanialité publique. Elles suscitent de nouvelles analyses institutionnelles et, partant, de nouveaux modes de gouvernance entre le marché et l’État.

La prise en charge des questions publiques par le marché (par exemple la création de marchés de droits à polluer) ou par l’État (obligation, incitation) mobilise les personnes en faisant jouer des motivations extérieures à l’objet des politiques publiques. Par exemple, on mobilisera indirectement des individus dans une politique d’efficacité énergétique en proposant une défiscalisation des dépenses d’isolation. Mais cette forme d’action collective présente un caractère non durable, car elle passe par la mobilisation de ressources qui ne sont pas toujours pérennes ou suppose une acceptabilité politique qui n’est pas fondée sur le partage de préoccupations communes.

L’identification d’une dimension commune appelle d’autres formes de coordination. Plusieurs auteurs soulignent la faiblesse des dispositifs de représentation démocratique face aux enjeux de long terme. Ce constat conduit certains, comme Hans Jonas[7], à envisager des formes d’organisation autoritaires. Mais le commun recouvre autant l’idée de « ce qui appartient à plusieurs » que celle de « prendre en charge avec »[8]. La gouvernance des communs conjugue donc ces deux dimensions. Elle induit dans sa qualification la question de la relation de chaque personne à l’environnement et les relations interhumaines. Elle conduit à coupler dans une sphère patrimoniale de l’humanité les générations passées, présentes et futures et les conditions concrètes d’une vie authentiquement humaine. Au-delà d’un couplage homme- nature, elle s’inscrit dans une vision dynamique de l’homme, des conditions concrètes de sa croissance (son développement au sens d’épanouissement, d’individuation et de socialisation) et des conditions culturelles et politiques de sa liberté.

Face à la contamination d’un territoire

Les contaminations (chimiques, radioactives) de longue durée sont à l’origine d’une forte dégradation des différentes dimensions de la sphère patrimoniale des communautés humaines dans leurs territoires. Elles résultent d’activités chroniques (industrielles ou agricoles), comme la pollution par la chlordécone (pesticide associé à la culture de la banane) dans les Antilles françaises, ou d’accidents industriels (Bhopal, Tchernobyl, Fukushima). Ces contaminations se déploient sur de très longues durées (à un horizon parfois indéfini), selon la nature des polluants chimiques ou radioactifs. Lors d’un symposium international fin juillet au Japon[9], les représentants de plusieurs communautés rurales ont rendu compte des suites de l’accident nucléaire de Fukushima. Au-delà des conséquences dramatiques des catastrophes naturelles, la contamination radioactive s’est introduite de façon insidieuse dans toutes les dimensions de la vie des populations : sanitaire, familiale et sociale, économique, éthique et politique, culturelle, intergénérationnelle. Il ne s’agit pas seulement de la contamination d’un environnement naturel (avec ses conséquences sanitaires), mais d’un bouleversement de toutes les interactions qui caractérisent une vie authentiquement humaine.

La contamination radioactive s’est introduite de façon insidieuse dans toutes les dimensions de la vie des populations.


De telles situations mettent en évidence, en creux, les liens implicites (affectés ou disparus) qui constituent les conditions concrètes d’une vie authentiquement humaine dans un contexte territorial et qui permettent le déploiement des qualités et des valeurs d’une existence humaine. Après l’accident, la situation de contamination remet en cause l’identité des personnes, leurs liens interhumains (éthiques et politiques), leurs liens patrimoniaux avec leur territoire, leur culture et leurs activités, leur avenir et celui des générations futures. Mais l’observation des possibilités de résilience des communautés frappées par la catastrophe met aussi en évidence une dégradation des dynamiques et des interactions patrimoniales qui est antérieure à l’accident. Celle-ci résulte d’un processus intensif de développement non soutenable et d’une progressive déprise de ces territoires. Aussi les conditions de résilience des communautés demandent-elles de dépasser les formes de gouvernance dominantes (gestion collective et marché). Elles appellent, dans la reconstruction post-accidentelle, des formes de coordination fondées sur le bien commun et l’établissement de « sociétés résilientes en harmonie avec la nature »[10], comme le propose le vice-recteur de l’Institut pour la soutenabilité et la paix des Nations unies, Kazuhiko Takeuchi.

Associer à la notion d’humanité les conditions de son existence authentique à travers une transmission intergénérationnelle de sa sphère patrimoniale, c’est ouvrir une voie pour tenter de répondre à l’impératif posé par Hans Jonas : faire en sorte « qu’une humanité soit » (au sens de « que les conditions durables d’une humanité soient »). Ce n’est donc pas la voie de « l’heuristique de la peur » de Jonas qui est proposée ici, mais une transmission qui s’inscrit dans une logique de transitivité, ancrée dans la reconnaissance, la gratitude et la responsabilité à l’égard de cet héritage. Usage de la ressource et respect de l’autre sont les deux facettes d’une même qualité de vivre, la qualité intrinsèque de la ressource comme la qualité de la relation interhumaine et intergénérationnelle.


[1] La réflexion développée ici s’inspire notamment d’un séminaire sur la gouvernance du très long terme au Museum d’Histoire naturelle à Paris, en février 2012.

[2] Gilles Hériard Dubreuil, « Comment mener une politique de très long terme : le cas des déchets nucléaires », Esprit, novembre 2000.

[3] François Ost, Le temps du droit, Odile Jacob, 1999.

[4] Cf. les conclusions du projet de recherche européen Trustnet In Action, www.trustnetinaction.com.

[5] Entretien avec Cynthia Fleury, « La réconciliation, projet politique de Rio+20 », Vraiment durable, n° 2, Printemps-été 2012 ; Anne-Caroline Prévot-Julliard, L’exigence de réconciliation. Biodiversité et société, Fayard, 2012.

[6] Joëlle Zask, « Éthiques et politiques de l’interaction. Le self-government à la lumière du pragmatisme », In Daniel Cefaï et Isaac Joseph (dir.), L’héritage du pragmatisme. Conflits d’urbanité et épreuves de civisme, L’Aube, 2002, pp. 107-130 ; Joëlle Zask, Participer. Essai sur les formes démocratiques de la participation, Le bord de l’eau, 2011.

[7] Hans Jonas, Le principe responsabilité, Le Cerf, 1990.

[8] Comme le soulignent Hervé Brédif et Didier Christin, « La construction du commun dans la prise en charge des problèmes environnementaux : menace ou opportunité pour la démocratie ? », VertigO, La revue électronique en sciences de l’environnement, vol. 9, n°1, mai 2009.

[9] International Forum for Sustainable Asia and Pacific (Isap 2012), « Resilience: Key Element for Building Sustainable Society », Yokohama, Japon, 24-25 juillet 2012.

[10] Kazuhiko Takeuchi, « Establishing Resilient Society in Harmony with Nature through Post-Disaster Rebuilding », symposium Isap 2012 (voir note 9).

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