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Les pauvres ? Ils le méritent bien. De même, les riches seraient récompensés de leur talent... Imposture idéologique, quand le niveau de revenus dépend avant tout du pays et du milieu où l'on naît ! Quel rôle l'école peut-elle jouer pour délégitimer la méritocratie, qui fait le lit des inégalités ?

Dans les démocraties comme la nôtre, les êtres humains sont déclarés égaux. Accepter que leur sort soit si inégal exige donc de mobiliser un discours de justification. Pour cela, c’est ce que les personnes apportent à la société qui sert de suprême arbitre. Encore faut-il qu’elles aient su et pu déployer sans entraves leurs talents et leurs aspirations, et que n’interférent pas certaines de leurs caractéristiques sans rapport avec leurs mérites personnels (leur milieu d’origine, leurs caractéristiques physiques…). En d’autres termes, l’égalité des chances doit prévaloir. Si tel est le cas, les inégalités sociales apparaîtront acceptables, voire justes, dès lors qu’elles sont censées ne refléter que les inégalités de mérite : c’est le règne de la méritocratie.

La méritocratie, une idéologie bien pratique…

Le fait de croire que les « gagnants » – ceux qui occupent les positions les plus enviables – sont les plus méritants, permet de tolérer les inégalités. Quand, dans les enquêtes internationales[1], on pose des questions telles que « les inégalités sont-elles trop grandes dans votre pays ? » et « diriez-vous que dans votre pays, les personnes sont récompensées pour leurs efforts ? » ou « pour leurs capacités ou leurs compétences ? », plusieurs tendances se dégagent. On observe tout d’abord que les jugements portés sur les inégalités sociales ne sont pas le reflet des inégalités objectives (révélées par un indicateur comme le coefficient de Gini[2]). Alors que l’éventail des inégalités est près de deux fois plus ouvert aux États-Unis[3] qu’il ne l’est en France, les Français sont bien plus nombreux que les Américains à les juger excessives. Quand on pense vivre dans une société récompensant le mérite (les efforts, les compétences…), comme aux États-Unis, les inégalités sont moins souvent perçues comme trop grandes. Cette tendance est si nette que la croyance dans le mérite apparaît bien comme une idéologie permettant de faire accepter les inégalités sociales : leur ampleur n’est pas contestable dès lors qu’elle est censée procéder d’une compétition ouverte et équitable où chacun peut faire valoir ses talents et ses efforts.

La croyance dans le mérite apparaît bien comme une idéologie permettant de faire accepter les inégalités sociales.


La méritocratie constitue l’imaginaire réconfortant des sociétés démocratiques de tous bords : elle soutient les motivations à agir des personnes. Si elles se mobilisent, si elles se donnent du mal, elles seront récompensées…

Pourtant, les faits résistent, notamment quand on observe le fonctionnement de l’école : une instance qui se voit chargée, dans nos sociétés, de détecter et de sanctionner les mérites de chacun, avec à la clé une reconnaissance sur le marché du travail. Or à l’école en particulier, le mérite joue – souvent – « contre la justice[4] ». Les fortes (et persistantes) inégalités sociales de carrières scolaires interrogent : les difficultés des enfants sont très précoces (dès l’apprentissage de la lecture) et se concentrent avec tellement de netteté dans certains groupes sociaux qu’il est clair qu’elles ne relèvent pas du jeu du mérite.

Et l’école elle-même n’est pas neutre. On s’attendrait à ce qu’elle soit la garante d’une juste compétition, a fortiori qu’elle ne vienne pas apporter sa pierre aux inégalités sociales. Or, comme le montrent les recherches, le maître, la classe ou l’école fréquentée pèsent parfois d’un poids aussi lourd que les caractéristiques personnelles de l’élève dans sa réussite. Mérite-t-on d’avoir un maître efficace ou de subir un maître qui l’est moins ? Par ailleurs, la définition du mérite scolaire est entachée d’arbitraire : les notes ne se fondent pas sur l’ensemble des compétences des élèves mais uniquement sur celles que l’école choisit de valoriser. Surtout, la mesure du mérite apparaît comme une gageure, tant que la société et donc les familles où grandissent les enfants sont à ce point inégales. Dès la naissance, l’enfant est plongé dans un environnement social dont les psychologues démontrent le caractère inégalement stimulant. Dès la première heure, la distribution des aptitudes est pipée ; peut-on en la matière invoquer le mérite ? C’est bien en termes d’inégalités globales dans la vie, entre les milieux sociaux, qu’il faut raisonner : ce qui est injuste, c’est que certains enfants aient trouvé dans leurs berceaux les ingrédients leur permettant ensuite de dérouler des carrières scolaires bien plus prometteuses que d’autres.

Les notes ne se fondent pas sur l’ensemble des compétences des élèves mais uniquement sur celles que l’école choisit de valoriser.


Une autre veine critique interroge les prétentions de l’école à réaliser un classement qui ait une réelle pertinence hors de l’univers scolaire, dans le monde du travail. Peut-on considérer que les titres scolaires constituent une bonne mesure de votre utilité sociale, justifiant à son tour des salaires plus élevés ? Est-il juste que les diplômés soient mieux payés que les non-diplômés ? On peut en débattre, d’autant plus que le hasard marque la vie en général – et les trajectoires professionnelles en particulier –, ne serait-ce que selon les cycles économiques. Qui pourrait soutenir qu’il mérite strictement tout ce qui lui arrive et notamment sa position sociale ? L’idéologie méritocratique est trompeuse quand elle suggère que les destinées pourraient relever entièrement de facteurs purement individuels. Dans le monde du travail, l’exploitation que l’on peut faire de son mérite est dépendante des moyens sociaux à sa disposition. Il est fort discutable de poser que les individus, parce qu’ils ont à tel ou tel moment manifesté des efforts ou des talents, sont propriétaires des fruits qu’ils en tirent. Aucun individu, si talentueux soit-il, ne pourrait s’enrichir tout seul sans les autres, sans tout un ensemble de dispositifs de nature sociale, depuis le fonctionnement de l’école jusqu’à celui des entreprises, en passant par les relations entre formations et emplois.

La référence au mérite est toujours fragile. Parce que le mérite relève d’un jugement social fluctuant selon les valeurs du moment – quelles qualités, quelles compétences vont avoir le vent en poupe à l’école par exemple – et selon l’organisation, les conditions matérielles et les normes du monde du travail. Mais aussi parce que le mérite, comme critère justifiant des rémunérations, ne peut jamais être strictement démontré : en particulier, la part de ce que l’on hérite de sa famille et de ce qui relève des efforts personnels est impossible à évaluer. Le mérite ne produit jamais que des justifications contestables ; la méritocratie est incapable de légitimer les inégalités.

La difficile justification des inégalités mondiales…

La remarque est encore plus évidente quand on entend dénoncer les inégalités mondiales. Rien ne peut justifier que selon le pays où l’on a la chance ou la malchance de naître, votre espérance de vie soit d’une cinquantaine d’années (en Afghanistan ou au Tchad…) ou supérieure à 82 ans (en Australie ou au Japon…). Quant à essayer de justifier les revenus de chacun, ce n’est pas moins hasardeux : on estime aujourd’hui qu’une part importante du revenu personnel (environ 60 %) dépend du pays où l’on est né ; si on y ajoute les 20 % qui s’expliquent par l’origine sociale, on voit que ce que l’on gagne est dû avant tout à cette « prime » dont on est doté à la naissance[5], et les efforts personnels pèsent d’un poids bien plus faible. On est ainsi fondé à parler d’injustice.

Ce que l’on gagne est dû avant tout à cette « prime » dont on est doté à la naissance, et les efforts personnels pèsent d’un poids bien plus faible.


Mais, face aux inégalités entre pays, d’autres arguments sont couramment développés[6]. Tout débat sur la justice amène à poser la question de la responsabilité. En la matière, même si les points de vue divergent quant aux poids relatifs des facteurs locaux et internationaux dans la pauvreté mondiale, peu de spécialistes exonéreraient les pays riches de toute responsabilité en la matière. Nos pratiques et nos politiques accentuent parfois les difficultés des pays pauvres, et notre richesse actuelle s’explique, pour une part, par le profit que nous tirons de nos échanges avec eux. La libéralisation du commerce est largement asymétrique et les estimations de la Banque mondiale montrent que les protections tarifaires dont se dotent les pays industrialisés coûtent aux pays en développement au moins 100 milliards de dollars par an, soit l’équivalent de toute l’aide publique au développement[7]. Le verdict d’injustice est donc renforcé : non seulement on ne choisit pas son pays, mais par ailleurs, les pays riches ne sont pas sans responsabilité dans la situation de nombre de pays pauvres, qui sont eux-mêmes, pour une part, source de notre propre richesse.

Au-delà des arguments éthiques, on peut mobiliser aussi, pour convaincre de la nécessité de lutter contre ces inégalités, des considérations montrant que ceci va dans le sens de nos propres intérêts : les inégalités nous nuisent. Les arguments sont à la fois de nature sociologique et économique, mais aussi de nature écologique.

Les inégalités en général (tant au niveau intra-pays qu’inter-pays) constituent une menace à la fois pour le bien-être, la cohésion sociale et la démocratie. Les économistes admettent aujourd’hui que la thèse doit être récusée selon laquelle la richesse et l’enrichissement des plus riches finiraient par être bénéfique à tous. Il est faux d’espérer qu’un « effet de ruissellement » tire les pauvres vers le haut, et bénéficie à tous en stimulant la croissance. De plus, les inégalités alimentent une sensibilité de chacun à la consommation des autres, ce qui peut jouer au sein des pays et aussi entre les pays. Aujourd’hui, les inégalités mondiales, bien connues de tous, n’entraînent-elles pas, chez les plus pauvres, une volonté de ressembler aux plus riches de la planète à tout prix, même au prix d’une migration ?

Les inégalités constituent une menace à la fois pour le bien-être, la cohésion sociale et la démocratie.


Les inégalités mondiales – et particulièrement les différentiels importants de salaires et de pouvoir d’achat entre pays riches et pays pauvres – engendrent un modèle économique fondé sur ces mêmes inégalités. Des pays émergents, comme l’Inde ou la Chine, en profitent en vendant à bas coûts. Mais ce modèle néglige à la fois les producteurs (mauvaises conditions de travail, salaires très faibles) et les consommateurs (le marché intérieur passe après les exportations). Dans les pays riches, les consommateurs bénéficient de produits bon marché mais les délocalisations et le chômage viennent contrebalancer ce « bénéfice », alors que les pays pauvres pourraient devenir des clients solvables, en s’enrichissant. Pour tous, ce modèle ancré dans les inégalités est insoutenable.

Il l’est d’un point de vue socioéconomique, mais aussi d’un point de vue écologique. Il faut se pencher en effet sur les relations entre inégalités sociales et problèmes environnementaux. En se demandant qui en est responsable et qui en est victime ? Mais surtout, en se demandant dans quelle mesure les inégalités sont, en elles-mêmes, susceptibles d’affecter – d’accroître – les problèmes environnementaux, alors qu’une société moins inégale – au niveau des États comme au niveau de la planète – faciliterait leur résolution.

Dans les sociétés inégales, les personnes sont poussées à consommer toujours plus pour améliorer leur position sociale. D’où cette spirale sans fin de croissance économique, de destruction des ressources et de pollution. Avec la mondialisation et la diffusion d’un certain style de vie, on peut craindre qu’au niveau de la planète, les inégalités par rapport à cette norme, engendrent une course à une consommation distinctive ruineuse d’un point de vue écologique. Mais dès lors que les ressources de la planète sont finies et que les interdépendances entre pays sont étroites, les consommations des riches ont un impact sur le sort des pauvres. Quand les classes moyennes indiennes et chinoises imitent le régime alimentaire carné des pays riches, il en résulte, par ricochet, une augmentation du prix des céréales.

Dans les sociétés inégales, les personnes sont poussées à consommer toujours plus pour améliorer leur position sociale.


Tant qu’il y a des pays riches et des pays pauvres, les premiers ont le pouvoir et la capacité de transférer leurs pollutions dans les seconds. Alors que si les inégalités étaient moindres et si les réglementations internationales garantissaient des marchandages moins déséquilibrés, on voit mal pourquoi les pays pauvres accepteraient d’accueillir sur leur sol tous les déchets des pays riches ou de brader à des firmes étrangères le droit d’exploiter leurs ressources naturelles. Et dans ce cas, les pays riches seraient incités bien plus qu’actuellement à limiter leur pollution. On peut ajouter que l’atteinte d’un consensus mondial sur les questions environnementales serait d’autant plus réalisable que s’atténueraient les inégalités entre pays.

Comme le notent Jean-Michel Severino et Olivier Ray, « la montée continue des inégalités mondiales n’a pu être gérée pour l’instant que parce qu’une part croissante des plus pauvres voyaient leurs conditions de vie s’améliorer[8] ». Mais, à l’évidence, on ne peut compter sur l’accroissement infini de la taille du gâteau[9], et le butoir écologique constitue l’argument suprême pour défendre la lutte contre les inégalités mondiales. Une perspective de justice globale, dépassant le cadre des États et focalisée sur les inégalités, constitue la voie la plus pertinente pour les résoudre.

Rendre injustifiables les inégalités

Les pistes pour tenter de réduire les inégalités sont multiformes, d’un point de vue institutionnel et politique, mais elles passent en premier lieu par la démonstration de leur caractère injustifiable.

L’école peut amender son fonctionnement pour aider les enfants à percevoir les limites de la méritocratie elle-même. La logique du mérite et du classement est aujourd’hui hypertrophiée : les enfants sont évalués de manière individuelle sur un ensemble de qualités limité. Ils sont amenés à calibrer leurs efforts sur les matières les plus rentables, ordonnées selon les débouchés du moment. Ils acquièrent petit à petit la conviction que, pour réussir, il faut se montrer meilleur que les autres et qu’il est ensuite justifié que le rôle du diplôme soit aussi écrasant… Ces travers d’une école focalisée sur le classement plus que sur l’éducation de tous sont bien connus. Les évaluations internationales viennent régulièrement démontrer que ce mode de fonctionnement élitiste ne garantit pas un niveau meilleur et laisse au bord de la route nombre d’élèves. Le moment est peut-être venu de tenter de convaincre de l’intérêt d’une école qui fonctionnerait autrement. Par exemple, promouvoir le travail en groupes raisonnablement hétérogènes et évalué sur cette base montrerait que les élèves du bas du classement ne sont pas moins porteurs de qualités que les autres. Les élèves réaliseraient qu’il serait injuste que leurs camarades qui ont échoué aux épreuves du mérite soient définitivement disqualifiés.

Les contenus de formation pourraient également participer de cette relativisation des inégalités : une réflexion sur l’organisation sociale du travail, l’éventail des inégalités, les racines de la richesse et de la pauvreté des nations, ou encore les effets de la mondialisation sur les inégalités, devrait faire partie de la formation de tout citoyen. Une proposition utopique, quand les Français semblent tolérer les inégalités d’autant plus qu’ils sont instruits[10] ? De fait, elle suppose un changement radical, valorisant la fonction éducative et critique de l’école, assortie, dès lors que la méritocratie scolaire serait relativisée, d’un poids moindre donné au diplôme obtenu en formation initiale. Ces interrogations devraient pénétrer jusque dans les classes de philosophie, autour de la notion de justice globale : comment accepter que les destins soient si inégaux dès lors qu’on franchit une frontière ? Les pays riches ont-ils des devoirs envers les pays pauvres ? Pourquoi une personne a-t-elle des devoirs envers des étrangers qu’elle ne côtoie jamais ? Etc. Dès le plus jeune âge, une école éducative pourrait aussi sensibiliser les élèves au conditionnement à la consommation qu’ils subissent, tendant à leur faire accepter le principe selon lequel le bonheur s’évalue à l’importance des biens possédés.

Dès le plus jeune âge, une école éducative pourrait sensibiliser les élèves au conditionnement à la consommation qu’ils subissent.


Mais ce travail éducatif n’est pas réservé aux jeunes en formation. Dans les sociétés comme la nôtre, la société civile est le moteur ultime de tout changement. Au-delà du ressort éthique, fragile car de nature individuelle, toute mobilisation des personnes exige un ressort intellectuel. Cela passe par l’information et l’éducation, sur les causes de la pauvreté, le caractère global de l’économie mondiale et nos responsabilités à cet égard… Ainsi que sur les devoirs de justice distributive qui en découlent, sans oublier les intérêts propres que nous avons, nous, habitants des pays riches, à voir disparaître des inégalités aussi marquées et une pauvreté aussi extrême, dans une planète qui n’est pas extensible.

Les schémas interprétatifs dont nous pouvons faire usage affectent nos opinions politiques. Ainsi, le soutien aux politiques de redistribution est bien plus fort quand on estime que la pauvreté relève des hasards de la naissance que quand on l’explique par le mérite. Ceci vaut au niveau national comme au niveau international : prendre conscience de notre interdépendance avec les pays plus pauvres et de notre implication dans leur pauvreté elle-même est nécessaire pour pousser les habitants des pays riches et leurs gouvernants à agir. Est-il si difficile de présenter de manière simple la question de l’effet qu’ont nos propres choix – politiques ou en matière de consommations – sur les autres et de démontrer que nombre de nos politiques, généreuses à l’intérieur de nos frontières, sont extrêmement dommageables à l’extérieur, pour les pays les plus pauvres notamment ? Dans tous ces domaines, le rôle des réseaux mondiaux, des think tank et des ONG est essentiel, de même que celui des médias et des associations qui promeuvent une éducation à la citoyenneté internationale.

Il reste que, si ce travail multiforme de délégitimation des inégalités est primordial, la lutte contre les inégalités « réelles », objectives, ne saurait être négligée. Et, à nouveau, on ne saurait sous-estimer le rôle de l’école. Il est utopique de penser que nous pourrions produire de l’égalité dans un contexte d’inégalités par des politiques d’égalité des chances scolaires,. Comment l’école pourrait-elle neutraliser complètement, chez les jeunes générations, ces inégalités dont ils héritent de leur milieu social et auxquelles ils vont se heurter ensuite ? Non seulement la lutte contre l’inégalité des chances à l’école et plus largement dans la vie ne dispense pas d’une lutte contre les inégalités, de tous ordres, mais engager la seconde est la voie privilégiée pour réaliser la première, tout en l’appuyant sur un travail de fond sur l’impossible justification des inégalités.


[1] Cf. les résultats de l’étude conduite avec François Dubet et Antoine Vérétout, présentés dans Les sociétés et leur école, Seuil, 2010 : on y trouvera en particulier les graphiques résumant nos propos.

[2] L’indice de Gini est un indicateur d’inégalités, compris entre 0, l’égalité parfaite, et 1, dans une situation la plus inégalitaire possible (salaires, niveaux de vie, revenus, etc.). [NDLR]

[3] Si l’on s’en tient aux seules inégalités de revenus, les coefficients de Gini sont respectivement de 0.38 et 0.29 (voir Brian Nolan et al., Changing Inequalities and Societal Impacts in Rich Countries, 2014, Oxford University Press).

[4] Nous reprenons ici l’analyse critique de la méritocratie développée dans notre ouvrage Le mérite contre la justice, Presses de Sciences Po, 2009.

[5] Cf. Branko Milanovic, Worlds Apart : Measuring International and Global Inequality, Princeton University Press, 2005 et The Haves and The Have-Nots, Basic Books, 2012.

[6] Nous reprenons ici l’argumentation suivie dans notre ouvrage Pour une planète équitable. L’urgence d’une justice globale, Seuil, 2014.

[7] Cf. Jean-Michel Severino et Olivier Ray, Le Grand Basculement. La question sociale à l’échelle mondiale, Odile Jacob, 2011.

[8] J.-M. Severino et O. Ray, op.cit.

[9] Sur la question de la décroissance, cf. notamment Isabelle Cassiers et Catherine Delain, « La croissance ne fait pas le bonheur : les économistes le savent-ils ? », Regards économiques, n° 38, 2006 ; Peter Victor, « La croissance non économique », note de l’institut Veblen, 2012.

[10] Cf. Michel Forsé et Olivier Galland (dir.), Les Français face aux inégalités et à la justice sociale, Armand Colin, 2011.

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