Quels nouveaux chemins tracer avec une jeunesse exigeante ?

C’est un fait, de nombreux jeunes vivent aujourd’hui leur vie sans aucun lien avec l’Eglise. D’autres entretiennent avec elle des relations diverses qui l’appellent à discerner « les signes des temps ». Certains participent plus ou moins régulièrement aux activités des paroisses, mouvements et aumôneries… Ils dialoguent volontiers « des choses de la religion », sans hésiter à exprimer leurs attentes, leurs doutes, leurs questions, voire leurs remises en question. D’autres observent l’Eglise de plus loin. Ni agressifs, ni totalement indifférents, ils sont plutôt dubitatifs : un « peut-être que oui, peut-être que non, qu’avez-vous à nous dire » ? Tous sont imprégnés des grandes tendances qui marquent la jeunesse, telle que je la rencontre dans mon expérience pastorale. Quelles sont-elles ? Comment ces jeunes invitent-ils l’Eglise à entrer dans une dynamique de « nouvelle naissance » ? Tel est l’horizon de cet article.

Une nouvelle génération tout en contrastes

Les changements culturels en cours ne tiennent plus à un effet d’âge, mais à un effet de génération. Les jeunes ont beau avancer dans la vie, ils ne changent pas pour autant leur hiérarchie des valeurs ; ils emmènent plutôt celles-ci avec eux et continuent de les vivre à l’âge adulte. Ils ne reviennent pas en arrière… A l’inverse, ils déteignent sur les générations qui les précèdent et, ce faisant, exercent une influence sur l’ensemble de la société et donc aussi sur cette Eglise qui les écoute et dialogue avec eux. Cette dynamique de génération permet de penser que les changements culturels en cours sont irréversibles. On ne reviendra pas à la situation culturelle qu’on a quittée depuis une cinquantaine d’années maintenant. L’Occident vivrait-il un véritable « tournant axial », comparable à celui qui a donné naissance aux religions du salut [1] ?

Quelques flashs nous suffiront à caractériser cette nouvelle génération [2], toute en contrastes. La quête d’autonomie personnelle et de liberté va de pair avec un immense désir de relations aux autres, tout aussi essentiel : l’amitié est une valeur très prisée par les jeunes. Dans la foulée, la convivialité est devenue un but en soi. Ils cherchent des petits groupes à taille humaine où ils peuvent expérimenter une vie relationnelle intense : lieux de paroles, d’échanges, de reconnaissance de soi et de l’autre. Ils répondent ainsi à l’emprise d’une société qui vise l’efficacité de masse et produit souvent la solitude.

En grand contraste avec l’individualisme qui les guette, ils sont très attachés à un fond de valeurs éthiques : la tolérance, les droits de l’homme, voire, comme le montre une enquête récente [3], l’autorité, la fidélité dans le couple et l’ordre public. Ils vivent un véritable « monothéisme des valeurs », selon l’expression d’Yves Lambert [4], mais, nouveau paradoxe, ils sont aussi en quête de sens, de spiritualité, ils sont ouverts au mystère de la vie [5]

Ils ne peuvent reconnaître pour vrai que ce qu’ils ont expérimenté comme tel dans leur quête personnelle. « Fait foi ce qui fait sens, fait sens ce qui fait vivre »… Et le sens passe par la sensibilité. Ce qui est intellectuel et abstrait les touche peu. En revanche, les témoignages de vie leur parlent beaucoup. Pourtant, ils ne versent pas dans l’irrationnel, loin de là. Selon la même enquête, la confiance en la raison a même fortement progressé chez eux depuis dix ans [6]. Mais ils ne se réfèrent plus à une autorité extérieure dans leur quête de la vérité. Ils la recherchent plutôt dans la confrontation et le dialogue. Celui-ci est devenu une attitude de vie : ils valident leur expérience avec d’autres qui vivent une recherche similaire.

Enfin, le moment présent a plus de valeur pour eux que l’avenir. Demain est bien trop incertain. « Qu’est-ce qui me fait vivre ? », écrivait une lycéenne : « Apprécier ces milliers de petits plaisirs que nous offre le quotidien et trouver son bien-être dans tout ce qui nous entoure ». Déjà, en 1945, Erich Auerbach pressentait ce nouvel éthos culturel : « mettre l’accent sur la circonstance insignifiante, quelconque, la traiter pour elle-même, sans la faire servir à un ensemble concerté d’actions… C’est précisément l’instant quelconque qui possède une relative autonomie par rapport aux idéologies contestées et précaires...» [7]. Les jeunes illustrent à merveille ce pronostic qui, avec le temps, s’avère être vraiment prémonitoire ! Ils montrent une grande défiance vis-à-vis de toute idéologie ou religion constituée, préférant trouver du sens à la vie en s’abandonnant à l’intensité du moment présent.

Ces quelques indications parcellaires – il en existe bien d’autres, dans le domaine de la sexualité par exemple –, suffisent à illustrer les questions que cette manière « jeune » de vivre pose à l’Eglise. Car celle-ci, au cours des siècles, s’était structurée d’une tout autre manière ! S’étant remarquablement adaptée à la société homogène de jadis, elle avait déployé sa vitalité grâce à sa hiérarchie, sa tradition dogmatique et une pastorale sacramentelle tout à fait remarquables et d’une grande fécondité. Cette manière de faire Eglise continue de nourrir la foi des aînés aujourd’hui. Mais elle est devenue plus problématique pour les nouvelles générations. Pourquoi ?

… qui pose question à l’Eglise

Tout d’abord, l’Eglise avait assuré sa stabilité institutionnelle grâce à des fonctions hiérarchiques clairement définies. Sur le terrain concret, le prêtre était le piler central de la vie ecclésiale. Or voici que, dans leur désir d’autonomie, les jeunes s’adressent de moins en moins aux prêtres parce qu’ils sont prêtres. Ils cherchent un interlocuteur, homme ou femme, prêtre ou laïc, marié(e) ou célibataire, peu importe, qui peut leur parler très personnellement et rejoindre leur expérience du moment. La consistance humaine de la personne qui exerce la fonction est plus significative à leurs yeux que la fonction elle-même. Ils interpellent ainsi l’Eglise avec force. Mais celle-ci peut-elle tout simplement se passer des ministères qui l’ont fait vivre durant des siècles pour s’adapter aux jeunes générations ?

Grâce à sa hiérarchie, l’Eglise avait développé une tradition dogmatique et éthique d’une grande cohérence. Or, dans la culture jeune, cet ensemble très structuré s’est disloqué. Une présentation théorique et synthétique de la « doctrine chrétienne », si belle soit-elle, les laisse froids : ils attendent que la parole qui enseigne rejoigne leur expérience concrète et les aide à se repérer dans la multiplicité du quotidien. Ils ont donc développé une manière à eux de se reporter à la tradition de l’Eglise : ils piquent çà et là ce qui leur convient et en font leur bien propre dans un énorme bricolage des croyances. Mais le risque n’est-il pas de tomber dans un relativisme qui n’aide plus à trouver les balises élémentaires pour mener une vie authentiquement humaine ? L’Eglise peut-elle renoncer à la cohérence de son enseignement  ?

Au nom de sa tradition, l’Eglise avait surtout développé une pastorale des sacrements. Vécus dans des assemblées silencieuses et recueillies, ils orientaient les participants vers l’au-delà de l’histoire présente. Le cycle liturgique et l’assemblée dominicale nourrissaient la foi des chrétiens dans la durée. Mais les jeunes ont un immense besoin de relations conviviales et vivent dans le moment présent, sans vue prospective sur l’avenir. Ils ne sont plus à l’aise dans des célébrations toujours pareilles à elles-mêmes : ils les trouvent monotones et ennuyeuses. En revanche, certains d’entre eux participent volontiers à des rassemblements conviviaux lors d’un mariage ou d’un baptême, par exemple. Ils aiment participer à des événements marquants, comme les JMJ. Mais ils y cherchent surtout l’occasion de « vibrer » avec une foule d’autres jeunes en s’identifiant à eux pour exister [8]. Dans ce type de rassemblement, constate J.-P. Warren, « le soi tend à recouvrir la foi » [9]. Mais l’Eglise peut-elle simplement les suivre sur ce chemin ?

Une Eglise invitée à renaître

Il faudrait creuser ces quelques notations, mais elles donnent bien à percevoir, en partie tout au moins, le fossé qui s’est creusé avec la génération montante. L’Eglise, cependant, ne peut laisser tout simplement tomber la tradition qui est la sienne : elle n’aurait plus rien à dire aux jeunes. Elle est plutôt invitée à la visiter à frais nouveaux, en fonction des appels que l’Esprit lui adresse au travers des mutations culturelles en cours. Comme Nicodème, elle est conviée à renaître d’en haut. Et comment le peut-elle sinon en laissant l’Evangile revenir à elle ? A nouveau, quelques flashs peuvent évoquer cette nouvelle naissance.

Une nouvelle allure

Renaître, c’est d’abord se laisser engendrer à une nouvelle allure, une nouvelle manière d’être, inspirée par l’Evangile. D’où l’immense importance de lire et d’intérioriser les récits évangéliques, de contempler longuement la personne du Christ jusqu’à ce que sa manière de penser et d’agir informe de l’intérieur les attitudes de ceux et celles qui se réfèrent à lui [10].

Cela passe par une transformation du regard. Celui que Jésus porte sur ceux et celles qui l’entourent est d’abord un regard positif qui révèle les sources de croissance enfouies en chacun. Avant de rappeler ce qui est bien ou mal, il évoque une promesse de bonheur : « Heureux les cœurs pauvres, les doux, les miséricordieux, ceux qui ont faim et soif de justice… le royaume des cieux est à eux…, ils seront appelés fils de Dieu » [11]. Il y a là une parole extraordinaire : Dieu engendre à sa vie tous ceux et celles qui essayent de vivre selon les béatitudes. Selon la théologie traditionnelle de l’Eglise, le croyant naît et grandit dans la filiation divine par la « grâce » des sacrements. Mais ici, ces hommes et ces femmes le deviennent « grâce » à la qualité de leurs relations, même s’ils ne sont pas disciples du Christ.

De nombreux jeunes, aujourd’hui, vivent quelque chose des béatitudes, même s’ils ne fréquentent pas les sacrements de l’Eglise. Bien sûr, ils vivent aussi des pesanteurs, des dérives, des échecs ; ils le savent bien. Mais l’Evangile invite à « voir » d’abord la présence de Dieu dans les relations qui les font grandir en humanité. Cette conviction de foi peut renouveler l’allure de notre présence auprès d’eux. Un style plus détendu, léger, gratuit, moins désireux d’efficacité, moins soucieux de les faire devenir des chrétiens à notre image. Leur donner la parole sur ce qu’ils vivent, les aider à exprimer ce qui les met dans la vraie joie, la distinguer des plaisirs apparents, leur montrer tout ce que leur vie comporte déjà de précieux, même dans leurs itinéraires parfois chaotiques. Eventuellement, à l’occasion, relier ce qu’ils vivent à tel ou tel récit de l’Evangile.

Naître ensemble à l’Evangile

Car l’essentiel est là : renaître ensemble à l’Evangile. Mais comment procéder concrètement ? Multiples sont les procédures et c’est heureux. Parmi celles-ci se dessine aujourd’hui un chemin qui a déjà montré toute sa fécondité. Oser proposer de lire les récits évangéliques en petits groupes à taille humaine [12]. Ensemble, lire le texte pas à pas, d’un bout à l’autre, en repérant sa structure interne, les mots utilisés par les narrateurs, les répétitions, les oppositions, bref en leur donnant vraiment la parole. A partir de là, aider les jeunes à relire leur propre vécu. Cette manière de procéder correspond tout à fait à l’importance qu’ils accordent à l’expérience personnelle. Ils peuvent s’identifier à tel ou tel acteur du récit, entendre le Christ s’adresser très personnellement à eux, répondre à leur manière à son appel ; bref, ils expérimentent ce que leurs aînés appellent la foi.

Cette visite des récits entreprise à plusieurs répond aussi à leur attente de dialogue et de convivialité. Ils partagent leurs découvertes, s’engendrant les uns les autres à la Parole. Dans le respect mutuel, ils découvrent leurs différentes manières de se reporter au texte car celui-ci parle toujours aux uns et aux autres de manière unique. De plus, d’un récit à l’autre, les différences sont notoires : les quatre évangiles dessinent des itinéraires de foi particuliers et invitent à accueillir une réelle diversité dans la manière de vivre de l’Evangile. Cette polysémie correspond bien à la mentalité jeune. En même temps, pourtant, les quatre récits témoignent du même Dieu, de l’unique personne du Christ et de sa manière extraordinaire d’entrer en relation avec tous ceux et celles qui croisent sa route. Ainsi, au fur et à mesure de la lecture, les participants trouvent une réelle consistance humaine. Ils se structurent du dedans, grandissent en autonomie, phénomène remarquable dans un environnement culturel qui favorise l’émiettement de la personne et le « bris-collage » [13] des croyances. Durant ce parcours, l’animateur peut proposer des réflexions plus dogmatiques tirées de la tradition de l’Eglise et montrer comment elles trouvent leur source dans les récits. Dans ce contexte, la tradition peut devenir vivante et source de vie. S’il est une urgence aujourd’hui, c’est de mettre en place, partout où c’est possible, de tels groupes de lecture, non pas à la place d’une pastorale sacramentelle, mais en relation avec elle.

Unir « existence sacramentelle » et « célébration des sacrements »

Sur ce point aussi, les récits évangéliques sont éclairants, notamment dans leur manière de présenter l’eucharistie. Jean, on le sait, ne raconte pas les paroles que Jésus prononce sur le pain et le vin qu’il partage avec ses disciples lors de son dernier repas. Il remplace ce rite par un autre geste, tout aussi eucharistique à ses yeux : Jésus lave les pieds des siens et il leur recommande de vivre cette attitude de serviteur, en s’aimant les uns les autres comme lui même les a aimés [14]. Le narrateur souligne ainsi la signification existentielle de la célébration eucharistique proprement dite : elle n’a de sens que si elle apprend à vivre le service et l’amour au quotidien. A ses yeux, cette « existence sacramentelle » est tout aussi essentielle que la célébration de l’eucharistie. Elle précède celle-ci et en même temps, elle en est le fruit. Paul l’avait déjà mis en lumière avec vigueur : quand une communauté prend le repas du Seigneur tout en étant divisée, quand elle consomme le pain et le vin tandis que l’un a faim et que l’autre est dans l’abondance, elle « mange et boit sa propre condamnation » [15]. Les relations d’amour doivent précéder toute célébration ; sinon, celle-ci contredit la vie réelle de la communauté. Dans le contexte juif de l’offrande faite à Dieu, Matthieu va dans le même sens : la relation au frère est première. Il recommande d’aller d’abord se réconcilier avec lui avant d’offrir son offrande à l’autel. Bien plus, il montre la portée universelle de cette attitude dans la « parabole » sur le jugement ultime de l’histoire humaine : tous ceux et celles qui auront vécu en faisant un peu de bien autour d’eux entreront dans le royaume du Père, même s’ils ne connaissaient pas le Christ ; à leur grande surprise, celui-ci s’était réellement rendu présent au cœur de leurs relations de solidarité : « C’est à moi que vous l’avez fait » [16]. Leur vie était déjà « sacramentelle », en ce sens qu’elle était réellement « signe » du Christ et signe « efficace » de sa présence.

Cette conviction de foi permet de relire la situation actuelle dans l’espérance. La majorité des jeunes ne participe que rarement aux sacrements de l’Eglise. Ceci ne veut pas dire que le Christ est absent de leur existence. Lorsqu’ils vivent dans l’esprit des béatitudes, leur vie est déjà « sacramentelle » en elle-même. Il importe dès lors que l’Eglise fasse entrer le plus possible leur existence concrète à l’intérieur des célébrations sacramentelles proprement dites, en leur donnant la parole, en les invitant à témoigner de ce qui les fait vivre, en les laissant interpeller les communautés chrétiennes à partir des valeurs auxquelles ils croient. On le constate sur le terrain : lorsque les célébrations intègrent la vie concrète d’une communauté, elles commencent à « parler » aux jeunes.

Renaître en vérité à la manière du Christ ! Tout se résume à cela. Ce qui frappe avant tout dans les récits évangéliques, c’est l’extraordinaire coïncidence de Jésus avec lui-même. Du début à la fin, il est vrai dans toutes ses rencontres ; il fait la vérité autour de lui, tout en accueillant la vérité de ceux et celles qui viennent à lui ; il se laisse transformer par eux. Cette manière d’entrer en relation guérit, libère, engendre à une vie nouvelle, selon « le royaume de Dieu ». Aujourd’hui encore, la bonne nouvelle de l’Evangile ne peut être contagieuse de vie que grâce à l’authenticité des témoins qui l’annoncent. C’est vrai pour les prêtres qui restent aujourd’hui encore les premiers responsables de la pastorale ecclésiale. Ils sont prêtres par leur ordination, mais ils ont encore à le devenir par la qualité de leurs relations. La nouvelle génération est très exigeante sur ce point. Mais le même appel prophétique est adressé à tous ceux et celles qui travaillent à rendre notre monde un peu plus humain. A cette condition, les mutations culturelles en cours sont riches d’un avenir heureux.


1 / Cf. Yves Lambert, « Religion, modernité, ultramodernité : une analyse en termes de tournant axial » dans Archives de Sc. soc. des rel. 2000, n° 109 (janvier-mars), p. 87-115.
2 / Sur les évolutions actuelles concernant la religion voir Yves Lambert, « Le devenir de la religion en Occident », dans Futuribles , 2001, n° 260 (janvier), p. 23-38. Frédéric Lenoir, Les métamorphoses de Dieu, des intégrismes aux nouvelles spiritualités (1 e éd. Plon, 2003) 2 e éd. Hachette, 2005. Jean-Marie Donegani, « Inculturation et engendrement du croire », dans Philippe Bacq et Christoph Theobald (dir.) Une nouvelle chance pour l’Evangile, Vers une pastorale d’engendrement , Novalis, Les éditions de l’Atelier, Lumen Vitae, (1 e éd. 2004), 3 e éd. 2008, p. 29-45. En ce qui concerne les jeunes, cf. Yves Lambert, « Les jeunes et le christianisme, le grand défi », dans Le Débat , 1993, n° 75 (mai-août), p. 63-79 et « Les jeunes et la religion », dans Projet , n° 251, 1997, p. 79-88. Pour la Belgique, O. Servais, « Vers un religieux pluriel  ? Crise institutionnelle et avènement d’une culture religieuse réticulaire en Belgique francophone », dans Lumen Vitae, vol. LXI, n° 2 - 2006, p. 161-178.
3 / Cf. l’enquête CSA dans Le Monde , 17 avril 2003, p. 10.
4 / Cf. Y. Lambert, « Vers un monothéisme des valeurs »  ? Le Débat , n° 59, mars-avril 1990, p. 91-105. La récente enquête du Monde confirme cet article déjà ancien.
5 / Voir Michel Rondet, « Spiritualités hors frontières », Etudes , février 1997, p. 231-239.
6 / Cf. l’enquête CSA dans Le Monde, 17 avril 2003, p. 10. Entre 1994 et 2003, le pourcentage des jeunes qui se définissent comme « rationalistes », sans aucune connotation idéologique, monte de 22 % à 67 %. L’» expérience » est donc à distinguer du vécu immédiat. Elle inclut la mémoire des événements vécus, leur relecture, la réflexion qu’ils suscitent et dont on fait son profit pour l’avenir. Il y a toute une part de rationalité dans l’expérience acquise.
7 / Erich Auerbach, Mimesis. La représentation de la réalité dans la littérature occidentale [1946], Gallimard, 1994, p. 527.
8 / J. -Ph. Perrault, « Vibrer ensemble pour exister, La JMJ : religiosité de foule, de contraste et de tradition », Lumen Vitae , vol. LX1, n°2 – 2006, p. 193-206.
9 / J. -P. Warren, « Un chrétien seul est un chrétien en danger » . Quelques motivations de jeunes ayant participé aux JMJ », ibidem , p. 143-157.
10 / Voir Philippe Bacq et Christoph Theobald, (dir.) Passeurs d’Evangile, Autour d’une pastorale d’engendrement , coll. Théologies pratiques, Lumen vitae, Novalis, éd. de l’Atelier, 2008.
11 / Mt. 5, 1-11. Il est remarquable que, dans l’enseignement sur la montagne, la proclamation des béatitudes précède le rappel de la Loi.
12 / Voir Christoph Theobald, « Lire les Ecritures dans un contexte de mutation ecclésiale », dans Jean-François Bouthors, La Bible sans avoir peur , Lethielleux, 2005, p. 263-291. Philippe Bacq et Odile Ribadeau-Dumas, « Parole de Dieu et pastorale d’engendrement », dans Une nouvelle chance pour l’Evangile, Vers une pastorale d’engendrement , Lumen Vitae, Novalis, éd. de l’Atelier, 2004, 3 e éd. 2008, p. 89-106.
13 / Selon l’expression de Frédéric Lenoir, op. cit . p. 94s.
14 / Cf. Jn 13,14 et 34. Deux péricopes étroitement reliées l’une à l’autre par l’expression : « les uns les autres ».
15 / I Co 11, 17-34.
16 / Mt 25,40. Dans la structure du récit, cette « parabole » est la dernière parole publique de Jésus. Elle renvoie à la première, les béatitudes. Ici, les « pauvres de cœurs, les doux, les miséricordieux… » sont assimilés à ceux et celles qui partagent le pain, l’eau, le vêtement… De part et d’autre, ces hommes et les femmes entrent dans le Royaume.



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