S’il faut se garder de faire du risque un mot valise, la question de sa répartition est une clé pour comprendre les sociétés aujourd’hui.

Depuis quelques années, le mot risque est à la mode : les inondations sont devenues des risques « naturels »  ; les accidents industriels sont médiatisés comme des risques technologiques majeurs. L’invalidité, le chômage, la pauvreté et même la vieillesse ne sont plus des fatalités mais des risques à assurer. Les agressions, les vols sont devenus des risques urbains au même titre que les accidents de la circulation. Jusqu’aux maladresses les plus banales qui deviennent des risques domestiques. Le mot désigne-t-il encore quelque chose ou sommes-nous intoxiqués par cette inflation et cette rhétorique  ? Dans le premier cas, les risques que nous désignons sont-ils naturels ou créés par l’homme  ? Dans le second cas, quel rôle joue la représentation des risques dans la manière d’organiser nos sociétés  ? Nous voudrions ici tenter d’évaluer l’apport de la sociologie du risque à la compréhension de la répartition entre les risques pris ou subis, en fonction de la distribution des ressources matérielles, sociales et culturelles.

Quels risques?

Depuis son apparition au xive siècle, le mot risque a pris des significations très diverses. Ces significations ont structuré une conception du risque dont on peut schématiser l’histoire à partir du développement des techniques élaborées progressivement pour se protéger des aléas naturels. Ce détour permettra d’évaluer le rapport entre la représentation et l’objectivité des risques successivement désignés.

Selon l’étymologie la plus courante, risque vient de l’italien risco, dérivé du latin resecum (ce qui coupe), pour désigner d’abord l’« écueil qui menace les navires ». Quand un Génois ou un Vénitien armait un voilier au xive siècle, il partageait les risques. Des risques « naturels » ou adverses, sur lesquels il n’avait aucune prise. Son capitaine et ses matelots les payaient en général de leur vie, lui de sa fortune. Aujourd’hui, si la maîtrise des risques naturels a globalement augmenté, l’inégalité demeure entre l’armateur et le matelot.

Quand un entrepreneur du xixe siècle construit une machine à vapeur, il prend un risque pour lui-même et pour ses ouvriers. On a surtout gardé en mémoire les accidents dans les mines, mais on oublie que les machines à vapeur ont fait des milliers de morts, sans compter les milliers de mains happées dans les courroies et dans les métiers. La causalité était cependant imputable, de telle sorte que la loi sur les accidents du travail, promulguée en France en 1898, a finalement obligé les industriels à s’assurer. Le développement parallèle des assurances a conduit à isoler des « facteurs de risque » et à mettre en œuvre des actions de prévention. Au fur et à mesure que d’autres dangers étaient mis en risques et que l’Etat-providence organisait la mutualisation progressive des dommages et intérêts, la sûreté de la population française a crû, même si une inégalité – nous y reviendrons – dans l’accès aux assurances demeure forte en France et plus encore dans le monde.

Un système technique, plus puissant, plus compact, plus intégré, s’impose progressivement après la deuxième guerre mondiale, mais surtout à partir du développement du nucléaire, des biotechnologies, de l’informatique. On sait que les dommages causés par l’industrie nucléaire se situent dans des échelles de temps tellement longues qu’on peut les considérer comme irréversibles. Ceux des biotechnologies, apparemment plus rares, sont aussi jugés irréversibles et non confinables. En même temps, l’informatique permet une gestion plus fine et plus réactive des systèmes techniques mais contribue ainsi à en diluer la causalité. Un nouveau paradoxe se développe dès lors : les risques globaux sont bien causés par l’homme mais de plus en plus difficilement imputables à telle ou telle activité. L’illustration la plus frappante en est donnée par les dommages environnementaux, en particulier le réchauffement de la planète. Aussi bien sommes-nous ambivalents par rapport à ces nouveaux risques : la prolifération des nouveaux risques est-elle réelle ou l’effet de nos représentations et de l’amplification qu’en donnent les médias?

Plusieurs ouvrages nourrissent ce phénomène. On pense, bien sûr, au livre d’Ulrich Beck, La société du risque, devenu la référence des Verts allemands. Publié en 1986 [1], il fut d’autant plus médiatisé que ses thèses ont semblé confirmées par les conséquences sociétales de l’accident de Tchernobyl. Pour Beck, la prolifération des risques est bien réelle : « Au jeu de la compétition entre richesse perceptible et risques non perceptibles, les risques ont perdu d’avance. Le visible ne peut affronter l’invisible. Et, paradoxalement, c’est justement pour cela que ce sont les risques invisibles qui l’emportent » [2].

Si la sûreté de nos sociétés technologiques augmente objectivement, la capacité à mettre en évidence de nouvelles corrélations statistiques affûte notre perception du risque. Pourtant, nous surestimons la fréquence des événements spectaculaires alors que nous sous-estimons les menaces les plus discrètes. Surtout, l’inégalité d’origine entre ceux qui prennent des risques et ceux qui les subissent est de plus en plus insupportable dans une société démocratique. Autant de raisons de s’interroger sur la question de la répartition. Cette question est éminemment politique : le seul fait de considérer que l’on subit un risque est la dénonciation d’une inégalité entre ceux qui le subissent et ceux qui ont les moyens de s’y soustraire.

Une répartition équitable?

« L’équité est le sentiment sûr et spontané du juste et de l’injuste  ; en tant surtout qu’il se manifeste dans l’appréciation d’un cas concret et particulier » [3]. Dans le droit romain, ce sentiment pouvait s’opposer à la lettre de la loi et à la jurisprudence. Depuis, l’appel à l’équité permet dans plusieurs pays d’ouvrir sur une procédure spéciale. Mais, comme tout sentiment, il est éminemment culturel et il évolue considérablement au cours des siècles. Nous reprenons ici l’histoire de l’Etat providence schématisée par François Ewald [4].

Dans une société libérale, même si les risques sont encore considérés comme des aléas naturels, le mal est une fatalité ou une adversité dont on se protège en étant prévoyant. Le bien est « une égalité des chances ». L’expression serait anachronique si elle n’était pas une revendication centrale du XVIIIe siècle face à une société d’ordres. Dans ce contexte, la représentation du risque équitable est celle d’une juste proportion entre l’opportunité de prendre un risque et la fatalité adverse : « qui risque rien n’a rien ».

Dans une société assurantielle, où le risque est industriel, c’est-à-dire provoqué par l’industrie des hommes, l’accident devient le mal principal, la prévention l’obligation première. Ce qui est considéré comme équitable, c’est de mutualiser la prise de risque. L’équité porte sur le rapport entre la liberté d’entreprendre et le calcul de la juste réparation en cas de dommage. C’est le principal objet du droit civil qui se développe au cours du XIXe siècle.

Dans une société du risque, celui-ci est global, à la fois provoqué par l’homme et systématisé par la technologie. Ce qui est insupportable, c’est l’incertitude, notamment sur les conséquences  ; la façon de l’encadrer, c’est la précaution. Cette nouvelle figure de la prudence vient d’être introduite dans la Constitution française : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage » [5]. Le sentiment d’équité se pense dans le paradigme de la réflexivité, un concept développé par les théoriciens du risque.

Une société réflexive

En parlant de « société du risque », Ulrich Beck insiste sur la dimension collective des risques contemporains : « ceux générés au stade le plus avancé du développement des forces productives  ; ceux diffusés et commercialisés dans la logique capitaliste qui constituent « un réservoir » de besoins sans fond, insatiable, éternel, qui s’autoproduit » [6]. L’ampleur des questions amène à remettre en cause la façon de voir le monde, en particulier l’automatisme du progrès, et à porter un regard plus critique sur la science, que Beck juge de plus en plus assujettie aux intérêts des technologies qu’elle a développées, à devenir plus réflexif face à notre devenir.

En faisant de « la culture du risque » un aspect fondamental de la modernité, pour laquelle la conscience des risques encourus devient un moyen de « coloniser le futur », Anthony Giddens insiste sur le processus d’individualisation qu’elle induit. Car la culture du risque du profane se distingue sensiblement de celle de l’assureur : quand celui-ci calcule des probabilités pour assumer ses primes, celui-là mobilise ses connaissances disponibles pour infléchir sa trajectoire individuelle, par exemple en changeant d’emploi ou de conjoint. « L’identité personnelle est devenue un projet réflexif qui doit être réalisé dans son environnement social caractérisé à la fois par sa forte technicité et son aridité morale » [7].

Beck et Giddens se rejoignent pour soulever ce paradoxe : comment l’ampleur des nouveaux risques est-elle compatible avec une société d’individus  ? Comment à la fois décider en commun de l’avenir de nos sociétés technologiquement avancées et soutenir une volonté d’individualisation de plus en plus forte  ? C’est la principale contradiction de la « société du risque », d’autant plus que ceux qui gouvernent ne sont pas ceux qui subissent les conséquences de leurs décisions. Cette contradiction souligne une inégalité fondamentale dans la capacité de se soustraire aux risques en mobilisant un capital relationnel, économique et culturel. Si la compétition pour accumuler des richesses a structuré la société industrielle, une autre compétition pour se soustraire aux risques se surajoute aujourd’hui. Cette compétition, qui suppose de percevoir les risques et de se les représenter, radicalise la question de leur répartition.

Mortalité naturelle et accidentelle

Quand les risques « naturels » et industriels sont moindres et quand les risques globaux atteignent potentiellement tout le monde, la répartition dépend d’abord de la capacité de s’y soustraire et donc des représentations qu’en ont les individus et leurs groupes d’appartenance. Cette hypothèse permet d’interpréter quelques exemples significatifs d’inégalités, concernant les trois types de risques que nous avons distingués : la mortalité, les accidents du travail, le risque social urbain. Ce dernier cas illustre clairement les effets structurels de la propension sociale à s’en soustraire.

La mortalité est un risque naturel fortement socialisé. « De 1900 à 1997, l’espérance de vie à la naissance est passée de 44 ans à 74 ans pour les hommes, de 45 à 82 ans pour les femmes, la mortalité infantile a chuté de 15 % à 0,5% » [8]. Sa répartition cependant est loin d’être égale. Dans la période 1982-1996, la probabilité de décéder entre 35 et 65 ans était deux fois plus élevée pour un ouvrier que pour un cadre [9]. Entre 1979 et 1995, les ouvriers et employés connaissent un taux de décès deux fois supérieur à celui des cadres pour les tumeurs et morts violentes (dont suicides et accidents de la route), trois fois supérieur pour les accidents cardio-vasculaires et le diabète, cinq fois supérieur pour les maladies respiratoires, dix fois pour les cirrhoses et les psychoses alcooliques. Le rapport ne s’inverse que pour le sida, avec un taux de décès deux fois plus faible pour les ouvriers et les employés [10].

Comment interpréter ces chiffres  ? Si l’espérance de vie a beaucoup augmenté pour tous, le capital santé demeure mal réparti. Il dépend surtout des expositions aux maladies, de l’accès aux soins [11]et de la capacité culturelle à se faire soigner. Or cette capacité dépend des perceptions des risques, comme l’a souligné Patrick Peretti Watel en commentant les données du Baromètre santé 2000 : « Quel que soit le risque considéré, les craintes déclarées par les 26-75 ans à son égard se font toujours plus rares lorsque le niveau de revenu s’élève : le caractère systémique de cette relation pour des risques aussi divers [du risque nucléaire aux accidents domestiques] suggère que son interprétation ne doit pas être recherchée dans la « réalité » du risque encouru mais plutôt dans la vulnérabilité ressentie des enquêtés, qui diminuerait lorsque leur ressources (en particulier matérielles) augmentent » [12].

Les accidents du travail sont les exemples types des risques industriels. Entre 1990 et 2001, la fréquence des accidents du travail rapportée au nombre d’heures travaillées a baissé de 14 % [13]. Ce chiffre n’a fait que décroître, heureusement, depuis un siècle. Mais, en 1995, sur dix victimes d’un accident du travail ayant entraîné une incapacité permanente, sept sont des ouvriers, contre un employé et un cadre. Enfin, pour ce qui est des déficiences, les ouvriers souffrent plus souvent de déficience motrice, les artisans et les commerçants de déficience visuelle, les agriculteurs de trouble psychiatrique [14]. Si les accidents du travail sont bien indemnisés, l’assurance cache une inégalité profonde.

Le risque social urbain

Le risque social urbain témoigne des grandes inégalités qu’engendre la société du risque : « Certaines zones résidentielles, où sont concentrés les faibles revenus et les familles monoparentales, cumulent les nuisances sonores et olfactives, les pollutions, les dégradations des équipements collectifs, mais aussi les victimisations (cambriolages, vols et dégradations de véhicules, vols divers, agressions…) presque deux fois plus fréquentes que dans l’ensemble du territoire » [15]. On sait bien la source de ce phénomène.

« L’affirmation d’une tolérance zéro, en France et ailleurs dans les pays à économie avancée, est l’expression, reconnaît Frank Chignier Riboulon, d’une demande sociétale, pour les risques sociaux urbains, de risque zéro. Néanmoins, les difficultés des Etats à répondre aux représentations des citoyens favorisent le développement de stratégies, de réactions pour ne pas se trouver confronté au risque et à ses conséquences. Les représentations sont porteuses d’action » [16].

Parmi ceux qui peuvent partir [17], les propriétaires voient leur espace quotidien se dégrader : mais, pris entre la moins-value probable de leur bien et l’inquiétude pour leurs enfant, ces ménages pratiquent surtout l’évitement scolaire. Les locataires, eux, ont davantage recours au départ, un phénomène particulièrement visible après chaque explosion de violence urbaine.

Pour ceux qui ne peuvent pas partir, la ségrégation sociale, conjuguée à une relégation territoriale, crée les conditions de nouvelles constructions identitaires. Celles-ci peuvent se traduire par la valorisation de codes sociaux propres au quartier, mais aussi aboutir à des représentations manichéennes entre ceux du quartier et ceux du dehors, jusqu’à dégénérer en émeutes qui renforcent le sentiment de désespoir.

Ainsi, les difficultés des Etats à répondre aux représentations des citoyens favorisent des stratégies visant à ne pas se retrouver confronté aux risques et à leurs conséquences. « Le caractère protéiforme, médiatique et mobile de ce risque a des effets qui vont bien au delà des quartiers en grande difficulté : le refus de la construction de logements sociaux par les habitants de quartiers de communes moyennes (…), les atermoiements autour des lois prônant la mixité sociale et géographique de l’habitat, l’extension du vote du Front national constituent des réponses des habitants à un risque perçu » [18].

La nature et la représentation des risques ont profondément changé depuis l’ère industrielle, mais la compétition pour s’y soustraire se déroule à l’intérieur de strates sociales plus anciennes, même si celles-ci sont de plus en plus en décalage. On mesure la force de l’hypothèse de Beck : « Dans la société industrielle, la logique de répartition des richesses domine la logique de la répartition du risque : dans la société du risque, le rapport s’inverse » [19]. Cette hypothèse prend toute sa signification lorsqu’on regarde ce que deviennent les filets construits à chaque époque pour se protéger du risque. L’individualisation postmoderne délie les solidarités de proximité valorisées par la période pré-moderne. Les risques globaux mettent à mal les structures sociales de mutualisation imaginées dans la période industrielle. Comme, de plus, ils sont souvent invisibles, ils restent dans une sphère « sub-politique ». Beck prévoyait en 1986 que leur incapacité à émerger au plan politique se traduirait par des conflits de plus en plus violents. Il a interprété les événements du 11 septembre dans ce sens [20]. Chignier Riboulon donne une interprétation similaire de la crise des banlieues. On se gardera de faire du risque un mot valise simplifiant la question sociale ; cependant, la question de sa répartition, qu’il soit naturel ou produit par l’homme, est une clé pour comprendre les conflits sociaux d’aujourd’hui.

Bertrand Hériard Dubreuil


1 / Ulrich Beck, Risikogesellschaft , Suhrkamp Verlag, Frankfurt am Main, 1986.
2 / Ulrich Beck, La société du risque, sur la voie d’une autre modernité , Aubier, 2001, p. 81.
3 / André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie , Puf 1926, 1991, p. 295.
4 / François Ewald, Histoire de l’Etat providence , Grasset, 1996.
5 / Article 5 de la Loi constitutionnelle relative à la Charte de l’environnement, adopté le 28 février 2005 par le Parlement réuni en Congrès et promulgué le 1 er mars 2005 par le Président de la République.
6 / Ulrich Beck, op. cit. , p. 42.
7 / Anthony Giddens, Modernity and Self Identity , Stanford University Press, 1991, p. 244, cité en français par P. Peretti-Watel, Sociologie du risque , Armand Colin, 2003, p. 95.
8 / Patrick Peretti Watel, La société du risque , La Découverte, Repères, 2001, p. 12.
9 / « 0.26 contre 0.13 pour les hommes, 0.11 contre 0.06 pour les femmes » : A. Mesrine, « les différences de mortalités sociales par milieu social restent fortes », in Données sociales , La Documentation française, 1999.
10 / Cf. E. Jougla, S. Rican, F. Péquignot, A. Le Toullec, « la mortalité », in Leclerc, Fassin, Grandjean, Kaminsiki, Lang, Les inégalités sociales de santé , La Découverte et Syros, 2000.
11 / Ces résultats ont été récemment confirmés par l’étude : « inégalités de santé et comportements : comparaison d’une population de 704 128 personnes en situation de précarité à une population de 516 607 personnes non précaires », France, 1995-2002, BEH, N°43/2005, 31 octobre 2005.
12 / Patrick Peretti Watel, op.cit ., p 34.
13 / Cf. CNAMTS, 2003.
14 / Cf. J.- F. Ravaud et P. Morniche, « Handicaps et incapacité » in Leclerc & al. , op. cit ., 2000.
15 / Patrick Peretti Watel, op. cit. , 2001, p. 37.
16 / Franck Chignier Riboulon, « Le risque social urbain, éléments pour une réflexion », in Gabriel Wackermann (dir.), La géographie des risques dans le monde , Ellipses, 2005, p. 477.
17 / Pour Eric Maurin, « le ‘ghetto français’ n’est pas tant le lieu d’un affrontement entre inclus et exclus que le théâtre sur lequel chaque groupe s’évertue à fuir ou à contourner le groupe immédiatement inférieur dans l’échelle des difficultés. A ce jeu, ce ne sont pas seulement des ouvriers qui fuient des chômeurs immigrés, mais aussi les salariés les plus aisés qui fuient les classes moyennes supérieures, les classes moyennes supérieures qui esquivent les professions intermédiaires, les professions intermédiaires qui refusent de se mélanger avec les employés : chacun de nous se découvre un complice plus ou moins actif du processus ségrégatif. » Le ghetto français, Enquête sur le séparatisme social , Seuil, 2004, p. 6.
18 / Frank Chignier Riboulon, op. cit ., p. 478.
19 / Ulrich Beck, op. cit. p. 26.
20 / Ulrich Beck, « La société du risque globalisé revue sous l’angle de la menace terroriste » in Alain Bourdin, éd. Faut-il une sociologie du risque  ? , Cahiers internationaux de sociologie, Volume CXIV, Puf, 2003.


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