Abderrahim Achbarou a rencontré Dominique Fonlupt en 1987 alors qu’il arrivait du Maroc pour faire un doctorat en parasitologie. Ils se sont mariés en 1990 et sont parents de trois garçons. Ils vivent en région parisienne.

Projet - Pouvez-vous retracer l’histoire de votre couple ?

Dominique Achbarou – Nous nous sommes rencontrés à Lille pendant nos études, en 1987. Abderrahim arrivait du Maroc pour préparer un DEA. J’étais inscrite à l’école de journalisme. Nous sommes tombés amoureux en cuisinant ensemble à la cité universitaire ! Entre notre rencontre et notre mariage, en décembre 1990, j’ai consacré toute mon énergie à convaincre mes parents que je ne faisais pas l’erreur de ma vie. C’était la première guerre du Golfe, la sortie du film Jamais sans ma fille, et l’islam était diabolisé. Mes parents avaient peur qu’Abderrahim soit intégriste. Ils pressentaient déjà que ce serait plus difficile pour un arabe de travailler en France et ils ne se trompaient pas. On se serait peut-être mariés plus tôt s’il n’y avait pas eu ce problème d’acceptation de la part de mes parents. Mais ils ont rencontré Abderrahim et ils se sont apprivoisés. Le mariage à la mairie a eu lieu en décembre 1990, dans le Nord. Un prêtre de Lille, arabisant, est venu célébrer six mois plus tard dans mon village de Savoie. La famille d’Abderrahim est arrivée le lendemain à cause d’un problème de visa et de voyage ! Avant notre mariage, nous avions fréquenté le groupe d’amitié islamo-chrétienne du Hautmont, près de Lille. Nous y avons connu un couple, Ghislaine et Hoceine, qui nous a reçus un week-end. Ils ont été nos « parrains ». Ils nous ont prouvé que c’était possible de vivre longtemps ensemble et d’être heureux, épanouis. Hoceine est un musulman pratiquant, un sage ! Nous nous sommes sentis en phase, même s’ils sont de la génération précédente. Ce monde était bienveillant vis-à-vis de notre couple, contrairement à mes parents très inquiets.

Abderrahim Achbarou – La fréquentation du groupe du Hautmont s’est nouée en partie grâce à l’amitié d’autres couples que nous connaissions. Je venais de débarquer du Maroc, je ne connaissais rien du christianisme. Arrivé ici, j’ai vu comment les chrétiens pratiquaient, ce qu’était leur foi, la différence avec l’islam. Nous n’étions pas seuls concernés par ces questions. Nous n’avons pas fait de projet de mariage aussitôt. Celui-ci a mûri petit à petit. Et, bien sûr, la question s’est posée, plus tard, quand il s’est agi pour Dominique de rester à Lille ou de venir à Paris.

Dominique – A un moment il a fallu choisir. A la fin de mes études de journalisme, on m’a offert un travail à Lille ou un stage à Paris. Il était plus intéressant d’aller à Paris… Mais cela voulait dire que nous nous séparions. Alors nous nous sommes décidés et je suis restée à Lille.

Projet – Qui vous a aidés à franchir les étapes jusqu’au mariage ?

Abderrahim – En parallèle à notre curiosité sur les échanges d’amitié islamo-chrétienne, nous avons mené notre propre recherche : allions-nous prendre ce risque ? Comment éduquer des enfants ? Pouvait-on célébrer notre mariage à l’Église ? Comment traduire notre spécificité dans une célébration ? etc. Cette réflexion a commencé au sein du groupe et s’est nourrie de nombreuses lectures.

Dominique – Les questions que rencontrent tous les couples se sont posées de façon plus urgente, car nous avions des points de vue très différents. Il fallait aborder les sujets fondamentaux sur lesquels nous devions être d’accord pour vivre ensemble. Le réseau nous a prouvé par des exemples que nous pouvions rester nous-mêmes. Ghislaine, ma « marraine », est restée très chrétienne, participant à la communauté paroissiale, lui est un musulman parfaitement intégré dans son village du Nord. Tous les couples mixtes rencontrés savent qu’il ne faut pas attendre le dernier moment pour savoir où l’on va habiter, comment on va élever les enfants, etc. Ce sont des choses à décider avant.

Projet – Le fait que vous soyez pratiquants vous a permis de devancer ce genre de problème ?

Dominique – Oui. Il était clair que j’épouserai un musulman pratiquant qui prierait tous les jours, qui ferait le ramadan, qui ne mangerait pas de porc… Au début, cela impressionne, mais les questions de rythmes, de prières et d’interdits sont les plus simples à gérer.

J’avais été élevée dans un certain rejet du rituel. Pourtant, j’étais une enfant de la République, formée par des professeurs athées. En épousant quelqu’un pour qui le rituel était très important, j’ai dû m’adapter et en comprendre le sens dans la structuration de la vie spirituelle. Cela a pris quelques années. Au début on se dit que ces choses-là sont très formelles, on s’énerve, puis on revient s’excuser car c’est blessant pour l’autre d’être contesté sur l’expression de sa foi. L’islam est fait de règles très précises. Je l’accepte parce que j’en comprends mieux le sens. Culturellement aujourd’hui, nous Français, nous en sommes très loin.

Abderrahim – Vu de l’extérieur, le rituel apparaît comme des gestes automatiques, auxquels on ne donne pas de signification. Je l’ai compris en assistant à des messes lors de fêtes chrétiennes, de mariages, de baptêmes. Mais le rituel exprime la foi d’une communauté. L’autre m’interpelle parce que je vois en lui des choses qui font réfléchir. Cela m’a poussé à m’interroger sur ma propre pratique, sur tel ou tel aspect un peu automatique.

Le groupe d’échanges nous a permis d’aborder ces questions, en particulier notre journée annuelle de formation théologique qui invite deux théologiens, un musulman et un chrétien, à nous parler d’un sujet précis : la révélation dans les deux religions, trinité et unicité de Dieu, la prière. Il ne s’agit pas de s’inventer une religion intermédiaire : il y a des dogmes sur lesquels on ne peut pas revenir. Beaucoup de choses peuvent être partagées, mais on ne peut pas, par exemple, adapter la prière rituelle musulmane pour qu’elle convienne aux chrétiens. Il y a d’autres terrains pour se rencontrer. Ce qui compte, c’est d’être ensemble, de partager ce qui est partageable et de respecter l’autre dans sa foi.

Projet – La famille d’Abderrahim éprouvait-elle aussi des résistances ?

Abderrahim – Bien sûr, par courrier et par téléphone. C’est une famille qui avait envoyé son petit « chouchou » – je suis le quatrième d’une fratrie de six – pour faire des études. Mon père est mort, il y a longtemps. Ma mère nous a élevés avec mon frère, qui a arrêté ses études pour être instituteur et aider ma mère. Elle craignait de voir son fils « accaparé », malgré lui ou par intérêt. Les peurs se sont dissipées à la suite de notre voyage au Maroc. Dominique les a tous charmés, mon frère, mes sœurs et ma mère. Quand elle est repartie, j’ai demandé à ma mère : « comment tu la trouves ? » Elle m’a dit que si nous avions un projet ensemble, elle n’était pas contre.

Projet – Le groupe des foyers islamo-chrétiens est-il important ?

Dominique – Il réunit une trentaine de couples assez réguliers. Mais une soixantaine environ font partie du réseau, de près ou de loin. C’est surtout un réseau. Quand des gens nous téléphonent ou nous adressent des messages d’Alsace ou de Lyon, on sait vers qui les envoyer. Les groupes de Paris et de Lyon forment le cœur de ce réseau. Ils sont des lieux de partage d’expériences, d’accueil pour de jeunes familles, pour les aider à bâtir leur couple, pour apaiser leurs inquiétudes aussi. Chaque année une rencontre de trois jours, à la Pentecôte, rassemble des participants de toute la France. Pour les jeunes, cela fait du bien de se retrouver avec des gens qui leur ressemblent à différentes étapes de leurs vies, avec des enfants.

Abderrahim – Le groupe des foyers islamo-chrétiens est ouvert à tous : il n’est pas nécessaire d’être membre de l’association qui en gère le budget pour participer aux activités. Nous souhaitons qu’il reste un réseau très libre où l’on vient se ressourcer si nécessaire, partager son expérience, ses difficultés et des joies. Personne ne s’exprime au nom du groupe, il n’a pas de porte-parole. Nous faisons appel à des intervenants sur des thèmes particuliers. Mais le but est ensuite de nous exprimer, et d’échanger. Sur bien des points, il est plus facile pour un couple de parler dans ces rassemblements que dans la vie de tous les jours.

Dominique – Ce temps de parole, chaque année, sur des choses essentielles m’importe beaucoup. Les thèmes évoluent, par exemple la mort dans les deux religions, la façon dont on prie, ou comment l’autre me fait avancer dans la foi.

Abderrahim – La rencontre peut se faire aussi sur des thèmes plus sociaux, plus citoyens, comme le couple et la cité. On parle de questions d’actualité (la laïcité, comment être un exemple du vivre ensemble dans la société française), ou de spiritualité et de vie quotidienne.

Projet – Le groupe a ouvert un site internet.

Abderrahim – Après la biologie moléculaire, je m’étais reconverti à l’informatique et mon premier travail fut de réaliser des sites. J’ai proposé que notre groupe ait le sien, avec différentes rubriques : témoignages de couples, informations sur les possibilités de célébration d’un mariage islamo-chrétien, bibliographie. Grâce à la page de contacts, nous recevons en moyenne une question par jour, une vingtaine par mois. Parmi celles qui reviennent régulièrement : nous sommes en couple depuis un certain temps, nous avons un projet de mariage, comment le célébrer à l’église, devant un imam ? Faut-il se convertir pour épouser une musulmane ? En avons-nous les moyens ?

Chaque message est reçu par une vingtaine de couples. qui peuvent répondre selon leur expérience, leur configuration familiale, leur nationalité, ou leur proximité géographique. Nous essayons de mettre les jeunes couples en contact avec des foyers de leur région pour qu’ils puissent se rencontrer. Et je reçois une copie pour vérifier que chacun reçoit une réponse. Nous espérons créer ensuite une rubrique avec des questions types et les réponses qu’on peut fournir. Il nous manque seulement du temps pour la mettre en place !

Projet – Parlez-nous de vos enfants.

Dominique – Nous en avons trois. Joseph a 13 ans, Anis (cela signifie la bonne compagnie) 10, et Adam, 4. Ces prénoms ont été choisis parce qu’ils passent dans les deux langues. Joseph, c’est Youssef en arabe. Il est important pour Abderrahim que les enfants aient un prénom arabe.

Abderrahim – Cela compte au sein de mon entourage au Maroc, pas seulement ma famille. Et pour que les enfants se sentent Marocains aussi quand ils sont là-bas. Déjà, le fait de ne pas parler arabe pose un problème. Quand on parle de langue maternelle, c’est vraiment la mère qui la transmet ! Au début, je leur parlais arabe. Je ne voulais pas qu’ils soient pointés du doigt en rentrant au Maroc, qu’ils se sentent à l’aise : le nom, la langue. Malheureusement, la transmission de la langue a été un échec. Nous n’y avons sans doute pas consacré suffisamment d’énergie. Au moins ils ont le nom.

Dominique – A vrai dire, les enfants qui grandissent en France sont beaucoup plus français que marocains. Le Maroc, ils y vont trois semaines par an. Alors, au moins, que le nom les relie à la culture d’origine de leur père. Je n’aurais jamais insisté pour qu’ils aient un nom uniquement français mais au début de notre mariage, je tenais beaucoup à ce que leur nom soit aussi français. J’étais même un peu crispée là-dessus. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus détendue. On n’éduque pas un enfant en calculant minutieusement l’apport du père et de la mère. L’enfant se construit sa propre identité en tricotant ses origines avec son environnement. Quant à moi, pour le travail, j’ai gardé mon nom parce que je suis journaliste, je signe Dominique Fonlupt. Mais les enfants sont Achbarou. Nous sommes très fiers du prénom de notre dernier fils, Adam. Choisir des prénoms qui « passent » dans les deux cultures est une petite contrainte, mais il y a beaucoup de jolis prénoms. Souvent les couples en choisissent qui correspondent aux deux cultures, ou des prénoms inventés qui sonnent bien dans les deux.

Projet – En grandissant, ils commencent à se poser des questions sur la double culture. Comment se passe le dialogue ?

Abderrahim – On essaye de répondre en fonction des situations, de leur degré de compréhension et des occasions. Concernant l’islam j’ai essayé de retrouver ce que j’avais vécu en grandissant. La transmission passe d’abord par l’exemple quotidien. Puis viennent bien sûr des questions qui amènent à approfondir tel ou tel point.

Dominique – Au Maroc, comme les enfants baignent dans l’islam en grandissant, comme ils ont des cours de religion jusqu’au collège, les parents n’ont pas trop d’efforts à faire pour transmettre. En France, c’est très différent. La famille a un rôle déterminant à jouer. Si elle n’a pas une démarche volontaire, les enfants grandiront dans l’indifférence religieuse. Là sans doute se situe la difficulté pour Abderrahim : en tant que père musulman dans un pays laïque il doit trouver seul les mots, les supports pédagogiques pour initier ses enfants à sa religion. Il faut beaucoup d’énergie. Pour la plupart des copains de nos enfants, Dieu est hors de propos. Je pense que la question pour Joseph et Anis, c’est plutôt « croyants ou pas ». Ce choix d’une éducation religieuse a été fait au départ. Nous avons décidé qu’aucune religion ne prendrait le pas sur l’autre a priori. Ensuite on adapte. L’important est qu’ils aient de la matière et des outils pour choisir ; si on laisse le terrain vierge, ils n’auront rien. Nous leur expliquons qu’une famille plus large existe, et qu’ils pourront la rejoindre à un moment de leur vie. Il ne s’agit pas seulement de contenu, mais de dire qu’il y a une Église et une communauté musulmane. Moi je suis chargée de leur parler de l’Église, qui est pleine de ressources formidables.

Abdrerahim – Je n’ai jamais vraiment parlé de choix. Et à y réfléchir, je me rends compte que j’aimerais bien qu’ils ne fassent pas de choix, qu’ils restent « entre »… Choisir, c’est en quelque sorte renier l’autre.

Dominique – Si nos enfants choisissaient l’islam en connaissance de cause avec leur cœur, je serais heureuse. S’ils choisissaient le christianisme avec leur cœur, je serais peut-être un peu triste pour Abderrahim, comme si choisir le christianisme c’était exclure l’islam. Mais si leur décision est profonde, je suis certaine que leur père l’acceptera.

Projet – Quelle est l’expérience du réseau à ce sujet ?

Dominique – Nous connaissons deux jeunes filles qui sont devenues musulmanes après avoir longuement mûri leur décision. D’autres ont choisi le baptême adulte. Dans tous les cas, cela est bien vécu. Je n’ai jamais entendu de parents peinés du choix de leurs enfants.

J’aimerais que mes enfants ne soient pas seulement de petits consommateurs uniquement préoccupés de bien-être matériel. Si Dieu n’avait aucune place dans leur existence, je serais déçue parce que la vie spirituelle et la culture religieuse sont une source d’enrichissement qui décentrent et recentrent à la fois. Une tradition bimillénaire peut être un outil de pensée formidable.

Abderrahim – S’il n’y a aucun espace pour Dieu dans leur vie, ce serait en effet un échec pour nous, le signe que nous n’aurions pas atteint notre objectif de leur transmettre ce que nous croyons…

Projet – Vos enfants sont-ils confrontés à des copains qui leur disent « mais vos parents… » ?

Abderrahim – La mixité religieuse et culturelle de leur famille ne leur pose aucun problème vis-à-vis de l’extérieur. C’est plutôt leur « type » maghrébin qui peut parfois les embarrasser. Youssef en a souffert alors qu’il était très jeune. A trois ou quatre ans, en rentrant de l’école, il disait « je suis Français et Canadien » et il ne voulait pas entendre parler du Maroc. Puis il a commencé à comprendre que sa différence était une réalité qu’il devait assumer. Quant à Anis, il n’est qu’au début d’un itinéraire. Il y a peu, il aplatissait ses cheveux avec du gel.

Projet – Quand les enfants rentrent en disant qu’ils ne veulent pas de cheveux frisés, c’est quand même une discrimination qui vous atteint ?

Abderrahim – Si cela arrive, on sait que c’est un passage, et il y a un après. Moi aussi, je suis passé par ce stade-là. Pour les enfants, vouloir être dans le moule commun, c’est ne pas être particulier, ne pas être montré du doigt.

Dominique – Joseph se définit aujourd’hui comme « métis » et il est comme un poisson dans l’eau parmi des amis d’origines très diverses, à l’image de son collège et de la ville où nous vivons. En revanche, il déteste les ghettos, les quartiers où sont concentrées les populations d’origine immigrée. Il a très bien compris que toute une frange de la population est rejetée à la périphérie de la vie sociale. Il sent confusément qu’il a un lien culturel avec elle, qu’il pourrait être dans ce cas.

Projet – En tant que couple islamo-chrétien, estimez-vous que vous avez un rôle particulier ?

Dominique – Ces foyers seront de plus en plus nombreux. Il faut aider ceux qui se lancent dans cette aventure, qui nécessite d’être bien préparée. Nous avons nous-mêmes bénéficié de l’expérience des autres. Je pense que nous devons jouer un rôle local à la fois dans notre famille, notre milieu professionnel, nos amis. Chaque couple diffuse une sorte de message implicite, de l’ordre du témoignage : oui, on peut vivre ensemble et cela marche plutôt bien à condition de s’en donner la peine. Nous nous sentons, en toute modestie, un pont entre deux cultures et deux communautés. On peut rester soi-même et être totalement Français, on peut être musulman et Français, musulman et démocrate, musulman et pour la liberté d’opinion personnelle, etc. On peut accepter la différence et s’en faire une alliée.

Projet – D’où vient cette assurance ? De l’expérience, ou du fait d’être de plus en plus nombreux, d’être pionniers ?

Dominique – Si dans l’intimité, les gens arrivent à se respecter, à vivre ensemble, à élever des enfants (ce qui exige à la fois des convictions et des compromis), ils peuvent aussi vivre ensemble dans la République. Dans un couple, on ne peut pas tricher longtemps. Après quinze ans de vie commune, nous relativisons l’importance des conflits par rapport à ce qu’on a construit. Selon nous, l’urgence pour la société française, c’est d’apprendre à vivre ensemble en paix. Aujourd’hui, la division se manifeste dans des formes de ghetto. Les gens sont repoussés vers leur communauté. Pour les couples mixtes, c’est intolérable. Notre forme de militance, c’est de témoigner que dans notre pays, on peut vivre ensemble.



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