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Quelle école pour quelle société ? Réussir l’école avec les familles en précarité

ATD Quart Monde et Pascal Percq Chronique sociale/Éditions Quart Monde, 2012, 208 p., 5 €

Chaque année, plus de 150000 enfants sortent du système scolaire sans diplôme. Refonder l’école sans eux serait la refonder contre eux : tel est le credo du mouvement ATD Quart Monde. Le mouvement a demandé aux familles en précarité, aux enfants, aux parents, aux enseignants, comment réinventer un modèle scolaire pour la réussite de tous les jeunes. Afin de respecter au mieux la parole dite, nous vous en livrons ainsi quelques extraits.

Paroles d’enfants

« Les adultes doivent permettre aux enfants de se respecter et de s’entraider. Il faut que tout le monde s’y mette ; les enfants ont besoin que les adultes leur apprennent cela par leur vie. »

« Alice a des problèmes en biologie, la professeure lui a demandé de venir s’asseoir à côté de moi pour que je l’aide. On est devenues amies. »

« Que les profs pensent moins à leur programme et plus aux élèves, tout le monde n’a pas le même niveau, il faut qu’ils s’assurent que tous les élèves aient bien compris pour passer au chapitre suivant. »

« L’école n’apprend pas le respect, l’entraide, le dialogue, la tolérance, la sociabilité, mais elle permet de le vivre. »

« Pour bien apprendre, j’ai besoin que l’on respecte la maîtresse et qu’elle nous respecte aussi. Il faut respecter nos parents. »

« À l’école, il y a un truc qui est très gênant, c’est quand on vous demande : ‘T’habites où ? Et quand je réponds : ‘À l’Hôtel du Nord’, après leur regard est différent et j’en souffre. Beaucoup de mes amis sont dans ce cas. »

« Mes parents ont discuté avec le professeur principal pour que je puisse faire alternance. J’étais fière que mon papa se soit bagarré pour moi, même si des fois il me met la honte ! »

Paroles d’enseignants

« Une maman m’a dit un jour : ‘Vous êtes la première personne qui me dit que mon enfant sait faire quelque chose.’ ».

« Il est difficile de rencontrer et de partager avec les parents les plus pauvres, en particulier quand leur enfant est placé. (…) Nous, enseignants, nous avons besoin (…) de co-formations avec des parents de milieux défavorisés pour se comprendre et ne plus se juger. Nous devons croire en nos élèves, être ambitieux, pour eux et avec eux, toujours chercher de nouvelles pratiques pédagogiques adaptées aux élèves les plus en difficulté… »

« Pour apprendre, pour investir dans les apprentissages, les enfants ont besoin de sentir que leur famille et l’école portent un projet commun. »

Paroles de parents

« L’instit il me convoque que quand ça va mal. »

« Mon fils on voulait l’orienter en CAP après le brevet. Je savais que ce n’était pas ce qu’il voulait. Je me suis battue et il a terminé sa scolarité avec Bac + 5. »

« Pour connaître l’enfant, c’est important d’en parler entre l’enseignant et le parent surtout si l’enfant a du mal à apprendre. »

« Le premier obstacle est l’image que les familles se font souvent de l’enseignement catholique. On pense que ce sont des établissements pour les meilleurs élèves. (…) À nous, parents, établissements et enseignants, de nous adapter pour accueillir tous les enfants et tous les parents. » Béatrice Barraud, ancienne présidente nationale de l’Apel (Association des parents d’élèves de l’enseignement libre)

ATD Quart Monde en a tiré 20 pages de propositions (soumises aux candidats à la présidentielle de 2012), en vue d’avancer vers l’école de tous et avec tous (www.ecoledetous.org), autour de quatre grandes orientations :

- Dialoguer, travailler ensemble parents, professionnels et enfants.

- Donner à tous les enfants la possibilité de coopérer, de travailler et créer ensemble.

- Mettre en œuvre une formation initiale et continue adaptée des professionnels de l’école.

- Permettre une orientation réfléchie.

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Pour aller plus loin

Lire notre dossier « École catholique, école publique ? »

Aurore Chaillou
6 mars 2013
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