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Marx et le marxisme

Jean-Yves Calvez Ed. Eyrolles, 2007, 150 p., 10 €

Présenter Marx et le marxisme en 150 pages relève d’une gageure. Seul l’auteur de La pensée de Karl Marx, constamment réédité aux éditions du Seuil, pouvait se lancer dans cette aventure. Après une courte évocation de la vie et de l’œuvre de Karl Marx, sa philosophie est présentée par rapport à l’idéalisme allemand, en particulier dans sa critique de la conception hégélienne de la politique et celle de la démocratie. Un long chapitre montre l’approfondissement de la critique du capitalisme depuis les Manuscrits de 1844 vers Le capital. Une seconde partie, sur le marxisme, commence par l’évocation rapide de quelques philosophes, dont l’Italien Antonio Gramsci et les Français Roger Garaudy, Henri Lefebvre et Louis Althusser. L’auteur veut surtout montrer la diversité des grandes figures marxistes, d’Édouard Bernstein à Mao Zedong, sans oublier Engels, Lénine, Trotski et Staline. Ce panorama lui permet de poser la question de l’avenir du communisme après la chute de des régimes de l’Est. Elle lui permet de conclure sur l’aspect le plus caduc de la pensée de Marx : « la conviction d’un mouvement de l’histoire, entraînant divisions et luttes (…) [qui] devait inéluctablement se dénouer en faveur du prolétariat » (p. 143). L’auteur retient une mise en garde récurrente contre les dangers de l’aliénation, qu’elles soient économiques, politiques ou religieuses. Il reste surtout une critique toujours pertinente du capitalisme, ou plus exactement du « capital aussi longtemps qu’il est le facteur rare en face d’une main-d’œuvre qui s’offre en surabondance du fait de la croissance démographique mondiale » (p. 145).

Bertrand Hériard Dubreuil
14 juin 2007
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