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La Grèce, victime ou responsable ?

Marietta Karamanli L’Aube, 2013, 144 p., 15,90 €

Voilà une universitaire installée en France de longue date qui, exaspérée de lire et d’entendre des discours simplificateurs à l’endroit de son pays natal, la Grèce, entend rétablir ses vérités. La politologue combine données chiffrées et rappels historiques bienvenus – Athènes, formellement libérée de la séculaire occupation ottomane en 1830, ne s’est finalement affranchie que de façon tardive et partielle de toute tutelle étrangère. Elle combat aussi quelques idées reçues, celles, par exemple, sur un nationalisme grec recroquevillé sur la tradition orthodoxe. Cependant, elle frôle parfois le règlement de comptes ou cite au contraire in extenso tel responsable politique grec, sans donner au lecteur les clés pour saisir le contexte et la portée du discours. On sort de cette lecture conforté à propos de certaines explications de la crise grecque – bureaucratie, clientélisme, fraude fiscale, économie informelle, influence du pouvoir militaire… – et de l’inadéquation des remèdes prescrits, mais sans être certain de cerner au juste ce qui indigne l’auteur. Pour instructif qu’il soit, ce livre, mi-professoral, mi-coup de gueule, ne suscite pas davantage la révolte qu’il ne clarifie véritablement les idées. Un peu décevant, pour une collection de cette qualité.

Jean Merckaert
22 mars 2013
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