Logo du site

L’avenir du pétrole. Panne d’essence, panne de sens

Olivier Parks Dangles, 2012, 304 p., 19 €

Un titre accrocheur, des intuitions justes (sur la centralité de la question énergétique ou le lien avec l’endettement public), une ambition louable de passeur de science… Le livre avait beaucoup pour plaire. Mais à ne pas choisir son style entre le manuel et le pamphlet, l’auteur s’y noie. Trop didactique et trop militant à la fois, il assène des sentences sans les discuter, invoquant des auteurs à l’autorité douteuse. Tantôt approximatif (« Pour plus de détails, consultez Wikipédia », p. 143), tantôt apocalyptique (« la dépression conduira à des vagues de suicides et d’attentats, de misères et de mise à sac », p. 151), Olivier Parks devient parfois inquiétant : « La démocratie avec suffrage universel n’est sans doute pas le meilleur moyen de parvenir à […] une solution » (p. 237). Malthusien, il préconise aussi « des pénalités financières à partir de deux enfants » (p. 240). Le lecteur qui surmonte son irritation s’instruira cependant sur le « retour énergétique sur investissement » de différentes sources d’énergie, qui montre que les agrocarburants consomment presque autant d’énergie qu’ils en produisent, et laisse au contraire présager un bel avenir pour le charbon, l’hydroélectricité ou l’éolien. L’on apprend aussi comment l’Agence internationale de l’énergie a délibérément gonflé les prévisions de réserves pétrolières – pour, selon l’auteur, ne pas affoler Wall Street – avant de reconnaître, en 2010 seulement, que le pic de pétrole conventionnel était déjà dépassé… depuis 2006 ! Le sujet, à n’en pas douter, est très sérieux. Il aurait mérité un traitement plus équilibré pour faire de ce livre un outil tout à fait crédible d’information.

Acheter L’avenir du pétrole sur La Procure

Jean Merckaert
14 décembre 2012
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules