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Illusion financière. Pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire

Gaël Giraud L’Atelier, 2012, 175 p., 17 €

Quos vult perdere, Jovis dementat... « Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre. » Après plusieurs travaux dans la même veine, voici un ouvrage passionnant – en tout cas pour un ancien du secteur financier. À la fois clair, courageux et fortifiant par l’ampleur, la variété et la cohérence des approches retenues. Que peut dire un chrétien – bien informé ! – sur les dérèglements majeurs actuels ? La réponse est sans ambiguïté : le veau d’or se fait menaçant, alors qu’il est inefficace et stupide. L’ensemble des analyses factuelles – subprimes, Ponzi, dettes publiques ou privées, marchés dé-régulés, Libor, etc. – forme un tissu explicatif lumineux… et presque convaincant ! La notion de « biens communs », non-exclusifs mais rivaux, qui s’appliquent excellemment à ces éléments essentiels que sont la terre, le travail ou la monnaie, rappelle que leur usage implique une régulation démocratique fondée sur la réciprocité kantienne, et non sur une « concurrence libre et non faussée », pourtant chère au droit « communautaire ». Les chapitres consacrés à la transition écologique, à son financement et au « chantier européen », semblent un peu moins « solides » : l’analyse des taux de croissance, reliée à la dépense énergétique, est un peu courte et la subsidiarité oubliée comme principe de fonctionnement européen... Au fond, ce texte audacieux et inventif ne va peut-être pas jusqu’au fond explicatif (un peu structurel il est vrai ) : la position surplombante de l’industrie financière ne tient-elle pas d’abord à ce que, dans la course à la taille et à l’organisation, le veau d’or promu par les Anglo-saxons a grossi sur des règles homogènes beaucoup plus vite que les accords régulateurs entre États ?

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Henri Laurent
29 novembre 2012
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