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Ce que les banques vous disent et pourquoi il ne faut jamais les croire

Pascal Canfin Les petits matins, 2012, 124 p., 5 €

Petit volume, petit format : un concentré d’informations, d’argumentations et de convictions, en réponse d’abord aux multiples thèses développées ad nauseam par la profession bancaire (hexagonale en l’occurrence) pour s’exonérer de toute responsabilité dans la crise financière générale. Stratégie d’évitement : « ce n’est pas nous », insistance sur la « spécificité française », défense « du marché et de l’innovation » comme moyens de limiter les risques, refus de « toute contrainte qui ferait fuir », dénonciation de toute intervention fiscale « nuisible et inapplicable »… Chacune des principales thèses du lobby financier (à Paris où à Bruxelles) est soigneusement examinée, démontée, et ramenée à ce qu’elle est : une défense d’intérêts acquis et de visions à court terme. Après le Kriegspiel (« jeu de la guerre »), la reconstruction. L’auteur propose pas moins de dix ensembles de mesures, adoptables à Paris, où à Bruxelles. Elles favorisent ou imposent une moralisation de la profession et de ses opérations, la lutte contre les paradis fiscaux, les conflits d’intérêt, le court-termisme et les agences de notation. L’enjeu véritable est de mettre la finance au service des autres activités et du développement, en construisant une « démocratie financière », de mieux relier la dette et l’épargne (européenne), de rendre à chacun la possibilité de juger des projets par une réglementation claire. Ce pamphlet didactique, qui dénonce au passage l’hypocrisie du pouvoir français (entre grandes déclarations et réalités d’application) est bien digne d’un excellent journaliste, d’un parlementaire avisé devenu aujourd’hui ministre.

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Henri Laurent
21 août 2012
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