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Blessures intimes, blessures sociales. De la plainte à la solidarité

Fred Poché Le Cerf, 2008, 174 p., 19 €

Quelle peut être la fécondité de la plainte dans le champ social et politique ? Telle est la question que soulève Fred Poché, dans la continuité de son ouvrage Une politique de la fragilité (2004). A l’encontre de la tendance à s’en remettre exclusivement à la psychologie, l’auteur montre comment l’expression des blessures intimes peut ouvrir de nouvelles possibilités de rencontre et d’action. Cette attention qui suppose, évidemment, d’éviter le piège de l’enfermement dans la plainte, conduit à une réflexion sur la parole. Lorsqu’une expression permet de prendre de la distance et d’ouvrir au partage, de dénoncer sans pour autant renoncer à un monde sensé, de nommer les blessures et le manque, mais aussi de faire écho au versant positif du désir, alors le rapport à la souffrance devient un lieu de retrouvailles et d’élaboration d’un avenir. Fred Poché propose une manière renouvelée de penser et de vivre les engagements sociaux ou politiques. Il se refuse, notamment, à dissocier ce qui relève de l’intime, de l’interpersonnel et du social, comme s’il s’agissait de sphères étanches. Lorsque les passages entre ces trois domaines ne se font pas, la politique risque très vite de tourner à vide ou de devenir l’affaire de spécialistes. La plainte, pour l’auteur, représente un des lieux possibles de communication entre ces différentes dimensions de l’existence.

Étienne Grieu
6 juin 2012
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