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Mercury 13 Le documentaire

David Sington et Heather Walsh, 2018.

Faites fi de la vignette choisie par Netflix. La combinaison rose lavette et les ongles manucurés, la silhouette rognée aux épaules laisse présager 1h19 de sexisme et de mièvrerie. C’est tout l’inverse que montre ce documentaire qui relate l’histoire des Mercury 13. Treize femmes, pilotes pour la plupart, qui, en démontrant dans les années 1950 leur capacité physique à voyager dans l’espace, ont posé les jalons d’une conquête spatiale un peu plus paritaire, à défaut d’être égalitaire.

Elles sont octogénaires en 2018, lorsqu’elles témoignent, face caméra, de cette injustice fondamentale dont elles ont été victimes. En 1962, le gouvernement américain et la Nasa décident de ne pas les laisser poursuivre le programme de formation d’astronaute. Prouver qu’on peut faire « aussi bien qu’un homme » ne suffit pas à gagner sa place dans une société sexiste. Aucune raison valable n’est identifiée par le film, qui cite de longs extraits des déclarations de ces audiences publiques.

Ce documentaire n’a pas vocation à poser un regard critique sur la conquête aérospatiale qui n’est, en elle-même, jamais remise en question. Il reste une ode au désir de hauteur qui caractérise l’hubris humaine. Il a néanmoins le mérite de souligner à quel point la conquête spatiale a été, dès ses débuts, une affaire d’hommes et pose la question cruciale de la représentation. Les Mercury 13 le soulignent : si le premier pas sur la Lune avait été celui d’une femme, l’histoire de la conquête spatiale aurait pris un tour différent.

Agathe Mellon
12 avril 2022
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