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L’inégalité du monde Économie du monde contemporain

Pierre-Noël Giraud Gallimard, 2019, 496 p., 9,70 €

Le livre de Pierre-Noël Giraud est une réédition d’un ouvrage paru en 1996, mais largement revu et, pour une bonne part, inédit. Le lecteur non spécialiste en économie trouvera dans ces pages claires et qui excluent jargons et démonstrations trop techniques (en particulier dans les synthèses qui ouvrent les chapitres) un certain nombre de descriptions et de concepts qui éclaireront sa compréhension des logiques économiques (capitalismes nomades et sédentaires en particulier). En accordant une assez grande place aux évolutions historiques depuis les tout débuts de l’ère moderne, cet ouvrage permet de mesurer les continuités et les ruptures.

Dans la ligne d’Anthony B. Atkinson et de Branko Milanovic, il apporte une explication convaincante des causes des inégalités de revenus, de patrimoines, d’accès aux biens. Ces inégalités qui perdurent et se développent   ̶  non seulement entre pays mais à l’intérieur de ceux-ci   ̶  représentent pour l’auteur « la question fondamentale de l’économie », bien plus importante que la question de la richesse, de son origine et de sa croissance. À l’intérieur de ce panorama, l’auteur développe la thèse déjà présentée dans ses écrits antérieurs, dans la ligne d’Amartya Sen : « l’inutilité » économique des chômeurs, des travailleurs pauvres qui ne survivent que par la solidarité de la famille ou du clan, des paysans sans terre, des habitants des bidonvilles, enferme les gens dans des sortes de trappes dont on ne peut que rarement sortir, gâchant les vies de tant de nos contemporains. Elle constitue « l’inégalité aujourd’hui la plus grave, aux sens économique, éthique et politique ».

Pierre-Noël Giraud rappelle enfin que les logiques économiques ne se déploient que soutenues, encouragées ou freinées par les politiques étatiques : « Il n’y a pas de lois générales des inégalités. Elles dépendent de décisions politiques qui décident de leurs dynamiques pour plusieurs décennies. »

Françoise Durand
18 juillet 2020
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