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Pour un humanisme vital Lettres sur la vie, la mort et le moment présent

Frédéric Worms Odile Jacob, 2019, 320 p., 21,90 €

L’une des thèses centrales de ce livre est que ce qui existe le plus au monde, c’est la relation. Et le livre l’inscrit dans sa forme même en se présentant en quarante-huit lettres, adressées à une femme. Est-elle réelle, fictive ? Peu en est dit, on n’entendra ni sa voix, ni la moindre trace de réponses. Place disponible, dont on comprend assez vite que c’est la nôtre, lecteur.

Nous vivons une époque de tous les dangers qui, par-là même, nous met au pied du mur : nous en sommes à un moment vital, aux deux sens du mot ; nous comprenons que la vie nous immerge dans un monde qui comprend aussi bien les fleuves, les plantes et les animaux et que c’est une question de vie ou de mort. Dès lors, il nous faut tenir que la violence ne sera désamorcée qu’à la condition de la percevoir non pas aux frontières, mais à l’intime de toute violation interrelationnelle. On se gardera de résumer tout ce que cela implique en un nombre de signes aussi réduit que celui d’une recension. Je voudrais simplement signaler trois moments géniaux : la façon dont le travail de la science doit être compris (l’interprétation purement neurologique de nos activités n’est pas la négation de l’humain, mais au contraire l’inscription de son originalité au sein de la réalité globale) ; la place décisive conférée aux institutions, car « les institutions qui protègent la confiance sont les plus vitales de toutes » ; la définition de l’Europe et de sa mission cosmopolitique : elle est, par essence, l’instance née avec le « but très simple, mais encore inachevé (…) [d’] éviter la guerre ».

Alain Cugno
29 janvier 2020
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