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Résister aux grands projets inutiles et imposés De Notre-Dame-des-Landes à Bure

Collectif Des plumes dans le goudron Textuel, 2018, 160 p., 15,90 €

Nous sommes à Saint-Escobille, village de 500 personnes en pleine Beauce, au début des années 2000. Alors qu’une décharge géante est sur le point de s’implanter, une association de riverains en conteste le bien-fondé. L’association de défense de Saint-Escobille (ADSE) deviendra, quelques années plus tard, l’association de défense de la santé et de l’environnement. Le collectif de chercheurs « Des plumes dans le goudron » a rassemblé pour cet ouvrage des expériences de contestation citoyenne. Après les NIMBY ‒ Not In My Back Yard, un localisme replié sur lui-même ‒ voici venu le temps des NINA : Ni Ici Ni Ailleurs. Enfouissement des déchets nucléaires à Bure, mines d’or en Guyane, gigantesque centre d’attraction Europacity au nord de Paris, usine des mille vaches en Picardie, ligne de TGV Lyon-Turin… La dénonciation de « projets inutiles et imposés » fait émerger un bien commun « susceptible de concurrencer l’intérêt général tel qu’il est défini par les autorités établies ». Il devient « de plus en plus difficile de bétonner tranquillement en France ». La raréfaction de la surface agricole est un phénomène massif qui alerte ‒ l’équivalent en terres agricoles d’un département disparaît tous les sept ans. Et les bénéfices ne retombent pas nécessairement sur le plus grand nombre : « Le TGV équivaut à 38 % des dépenses d’investissement de l’infrastructure ferroviaire depuis 25 ans, pour seulement 2 % des usagers », apprend-on. De quoi s’interroger : à qui va le progrès ? Si les luttes contre les grands projets inutiles et imposés n’arrêtent pas la course à l’attractivité des territoires, on leur doit une médiatisation croissante de ces projets de développement rendus obsolètes par les limites écologiques et sociales.

Lucile Leclair
25 février 2019
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