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Intelligence du travail

Pierre-Yves Gomez Editions Desclée de Brouwer, 2016, 184 p., 15,90 €

Dans ce bref essai, P-Y Gomez invite à retrouver l’intelligence du travail. Il en fait une priorité pour renouveler la vie politique, car l’homme est avant tout homo laborens et la société est le produit de son travail. Le travail est une expérience de vie qui inscrit l’homme dans une place sociale concrète, il est politique. Pour qu’un travail soit libérateur, le préalable est que le travailleur en comprenne l’utilité sociale et vérifie qu’il y trouve une place digne. Or, au cours de l’histoire, nous avons perdu l’intelligence du travail. N’apparaît plus que sa valeur marchande, et ses formes bénévoles ou domestiques ne sont guère prises en compte. En outre, les tâches étant parcellisées et l’économie mondialisée, le travailleur ne perçoit plus l’impact de son travail sur la cité. Aujourd’hui, il lui est proposé d’adhérer à une cité de consommateurs, dont la logique addictive d’une consommation de masse le dérobe à l’intelligence de son existence. L’auteur invite à préférer construire une cité de travailleurs, où l’homme peut comprendre son utilité, s’approprier son existence et retrouver le respect de soi. L’opposition entre ces deux cités n’est pas manichéenne mais elle interroge les choix de chacun. L’option pour l’une ou l’autre cité peut se jouer notamment dans la façon d’investir trois lieux actuels du monde du travail: l’univers digital, le travail indépendant et l’hypothèse d’un revenu universel. Au final, un livre suggestif, même si l’on sent que l’auteur résiste à mesurer toute la portée de ses intuitions.

Christophe Duval-Arnould
5 décembre 2016
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