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« Qu’on nous laisse combattre et la guerre finira » Avec les combattants du Kivu

Justine Brabant La Découverte, 2016, 248 p., 21 €

La République démocratique du Congo n’est pas la préoccupation première des médias internationaux. Toutefois, depuis quelques années, on entend de plus en plus parler de la guerre qui sévit dans l’est du pays. Entre fausses informations, manipulations et exagérations, le tri est difficile à faire. On se contente trop souvent de parler d’une guerre que l’on ne connaît pas, sans prendre en compte les divergences entre ces groupes armés, leurs revendications et leur histoire. Et pour susciter l’attention de la communauté internationale, certaines ONG manipulent les informations, contribuant à délégitimer ces soulèvements, en mettant de côté les revendications qui se cachent derrière. Mais qu’en est-il réellement de ce conflit qui perdure et que les grandes puissances ont tenté d’étouffer ? Justine Brabant, journaliste et chercheuse, a cherché à faire taire les rumeurs en racontant son expérience dans les régions du Kivu, sans intermédiaire, ni filtre. Elle décrit son voyage et les entretiens menés avec les différents groupes armés qu’elle a rencontrés. Loin de l’image qu’en donnent les médias, ces « rebelles » ont une réelle motivation et une idéologie qui animent leurs revendications. L’instabilité du pays et les conditions de vie déplorables de populations marginalisées sont les principales causes de la création de ces groupes armés. Ce livre expose ainsi une version trop ignorée, occultée par les idées fausses diffusées dans les médias. Utiliser le terme « rebelles » pour définir ces groupes de l’est du pays n’est pas justifié. Justine Brabant les décrit comme des personnes « ordinaires », souriantes, avenantes et éduquées, alors qu’on les représente comme des êtres barbares.

Kim Painaud
2 mai 2016
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