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Dieu s’intéresse-t-il à notre travail?

Collectif Éditions MCC, 2015, 10 €

Sous cette question qui pourrait paraître provocante, le Mouvement chrétien des cadres et dirigeants (MCC) publie une relecture de ses cinquante ans d’histoire.

Henri Madelin, sj, rappelle ses fondements et sa genèse, de l’impact de l’encyclique Rerum novarum du pape Léon XIII en 1891 à la naissance de l’Union sociale des ingénieurs catholiques (Usic) en 1906 et à celle du Mouvement des ingénieurs et chefs d’industrie de l’Action catholique (Miciac) en 1937. À la fin du Concile Vatican II, l’Usic et le Miciac « passent la main » au MCC qui prospère sur sa double origine : la réflexion approfondie sur les enjeux économiques et sociaux et l’expérience de petites équipes cherchant à donner un sens à leur engagement professionnel, familial et social. Les défis auxquels fait face le MCC aujourd’hui sont exposés par Bernard Bougon, sj : celui d’inventer de nouvelles manières de vivre en Église, celui, organisationnel, de l’équilibre entre pérennité et dynamisme du fait du renouvellement des responsables, celui enfin, spirituel, de trouver une unité de vie dans des situations de vie personnelle de plus en plus dispersées. Une multitude de témoignages de membres, de conditions et de positionnements variés, présentent le visage du mouvement aujourd’hui, ouvert aux jeunes professionnels, aux chrétiens du parvis, en mission d’Église.

L’histoire du mouvement est également relue dans son attention au monde. Un monde dans lequel les cadres et dirigeants ont à manager des hommes, vivre des ambitions, se positionner face à l’argent et au système financier, s’appuyer sur de nouvelles technologies, inventer de nouveaux équilibres de vie professionnelle et personnelle, comprendre leur rôle face aux défis de la mondialisation et se soucier d’un développement durable. Les contributions de dirigeants, de scientifiques, d’enseignants, d’économistes, de journalistes, de prêtres, offrent une multitude de pistes pour une éthique d’entreprise, pour des valeurs auxquelles accorder attention, pour une lecture des signes de l’Esprit en un monde complexe, mobile et incertain.

C’est finalement une invitation à s’aventurer à nos frontières et à goûter les fruits de nouvelles rencontres : les vécus difficiles face à l’emploi, l’expérience des enjeux de société, de la solidarité internationale et de la rencontre de témoins d’autres pays, eux aussi en recherche de sens dans des contextes socioculturels différents.

En partageant ici l’expérience de ses cinquante années, le MCC répond, bien sûr, que Dieu s’intéresse à notre travail. Il fait partie de la responsabilité qu’Il nous confie pour maintenir et poursuivre sa création.

Patrick Lepercq
3 décembre 2015
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