Logo du site

Crime climatique stop ! L’appel de la société civile

Maxime Combes et al. (coord.) Seuil / Anthropocène, 2015, 320 p., 15€

Parmi les nombreux ouvrages parus sur le climat à l’approche de la Cop 21, celui-ci se présente comme un cri d’alarme lancé par un large panel de personnalités, des climatologues Jean Jouzel et Valérie Masson-Delmotte à Desmond Tutu en passant par Naomi Klein ou Guy Aurenche. Comme souvent dans les ouvrages collectifs, les contributions sont inégales, mais la convergence est forte autour d’une interrogation centrale : comment les 195 États peuvent-ils prétendre limiter, à Paris, le réchauffement de la planète sous les 2°C, en passant complètement sous silence l’absolue nécessité – pour y parvenir – de laisser sous le sol 80 % des réserves connues de charbon, de gaz et de pétrole ? Les scientifiques estiment que la pente actuelle mène notre humanité vers + 8 à 12°C et une élévation de trois mètres du niveau de la mer en 2300. Des juristes travaillent, avec la notion d’écocide, à la reconnaissance par la justice pénale internationale d’une criminalité nouvelle qui détruit les écosystèmes. Pour Alex Randall et François Gemenne, il faut d’ailleurs préférer à la notion de migrants climatiques celle de « réfugiés » climatiques, plus politique, pour désigner une nouvelle forme de persécution d’ores et déjà vécue par des dizaines de millions de personnes chaque année. Les auteurs sont sans concession pour les « fausses solutions » clé en main que font miroiter les technophiles et les partisans d’une marchandisation de la nature ou des droits à polluer. Mais ils montrent aussi, face à l’emprise excessive de la finance sur le réel, tout le pouvoir de la création artistique, ou encore de l’action non-violente, capable par exemple depuis le pays basque de faire dérailler le financement par des banques françaises de projets climaticides. Un bel appel au réveil citoyen.

Jean Merckaert
18 novembre 2015
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules