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Manifeste. La connaissance libère

Collectif Éditions du Croquant/La dispute, 2013, 64 p., 5 €

Ce court manifeste, signé par 66 universitaires (majoritairement des sociologues), est un appel à l’insurrection intellectuelle. Les signataires revendiquent la portée politique de leurs travaux. Ils considèrent leurs recherches comme un engagement militant. Alors que les sciences sociales sont facilement utilisées par les « dominants » pour renforcer leur position, eux veulent « accoutumer sans relâche les dominés aux lunettes des sciences sociales : pour enrichir leurs armes contre les dominations ». Au sens commun, au prêt-à-penser, ils opposent les acquis de la sociologie, fruits d’un siècle de recherches rigoureuses. Ils réaffirment que les inégalités entre hommes et femmes sont une construction sociale et ne procèdent pas de différences naturelles. Ils soulignent la persistance de rapports de force, ils rappellent que le modèle occidental de la famille n’a jamais été la seule façon de « faire famille ». Ils notent que l’immigration a d’abord été le fruit d’une « pensée d’État », l’approche historique permettant de comprendre comment elle est devenue un « problème ». La question de la diffusion des savoirs est rapidement abordée. Or elle est cruciale : pour que ces savoirs se propagent auprès de ceux qui n’y ont pas ou peu accès, d’autres modalités, moins institutionnelles peut-être, sont à imaginer…

Aurore Chaillou
27 mars 2014
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