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Finance éthique : le grand malentendu

Gaëtan Mortier ISG/Fyp, 2013, 96 p., 9,90 €

L’idée que l’usage de son épargne pose des questions éthiques ne date pas d’hier. À l’heure des crises financière et écologique, elle prend toute sa mesure : si l’on tient compte du rôle des banques dans le financement des énergies fossiles, « 5000 euros placés à la banque pendant un an produisent un impact carbone équivalent à celui d’une voiture ». De cette soif d’éthique dans la finance est né un « écosystème », avec ses « fonds éthiques », ses labellisateurs, comme Novéthic, ses « agences de notation sociale », comme Vigéo mais aussi Morgan Stanley… dont l’auteur a démissionné. Car pour lui, les logiques de marché ont largement pris le pas sur l’utopie qui pouvait animer les pionniers de l’investissement socialement responsable – notamment les congrégations religieuses. L’offre « épargne responsable » n’est guère qu’un produit de plus proposé par les mastodontes de la finance. Difficile d’y déceler une quelconque éthique. Le verdict est sans appel : le pari d’une transformation de l’intérieur a échoué. On regrettera cependant qu’à vouloir trop embrasser (théorie économique, responsabilité sociale de l’entreprise, réforme bancaire…), l’auteur ne soit pas plus précis sur les gestionnaires de fonds éthiques, les modalités et les résultats de la notation sociale, la notion même d’éthique en finance, ou sur les réussites à l’étranger de l’activisme actionnarial. Mais on le rejoindra dans son appel à inventer des alternatives, dont l’une est à portée de main : changer de banque.

Jean Merckaert
14 août 2013
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