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Le temps des riches

Thierry Pech Seuil, 2011, 180 p., 15 €

« Les riches vont bien, merci », titrait Projet en avril 2011. Trop bien même, pour le directeur de la rédaction d’Alternativeséconomiques, qui y voit un motif de vive préoccupation. Son propos, étayé, remet quelques idées en place. Il rappelle la hausse invraisemblable et ininterrompue des revenus dans la finance, l’inégalité de la répartition des patrimoines, plus grande encore que celle des revenus, ou l’imposture intellectuelle qui voudrait que, par « ruissellement », les pauvres bénéficient de l’enrichissement d’une minorité. Il déconstruit aussi de façon convaincante les mythes justificateurs des revenus mirobolants des dirigeants du Cac 40 ou des stars du football, comme les idées reçues faisant de l’Hexagone un enfer pour les nantis (la France est le troisième pays à abriter le plus de millionnaires et les impose finalement assez peu) ou considérant la fortune comme le produit du mérite, alors qu’elle est, de plus en plus, héritée. L’auteur décrit une situation explosive : les très riches, s’affranchissant de leur dette envers la société, menacent le pacte démocratique et érigent en modèle un mode de vie dont l’indécence pourrait, en ces temps difficiles, susciter des vents de révolte. Encore faudrait-il que « les humbles » n’en fassent pas l’objet d’une fascination : « le territoire d’un rêve ordinaire » (p. 151).

Jean Merckaert
8 février 2012
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