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Une brève histoire des crises financières. Des tulipes aux subprimes

Christian Chavagneux La Découverte, 2011, 238 p., 16,50 €

Devant les crises financières, il se dégage souvent une impression d’improvisation de la part des autorités, prises au dépourvu. Pourtant, les mécanismes à l’œuvre sont peu ou prou les mêmes depuis la crise spéculative des tulipes dans la Hollande du XVIIe siècle. C’est le grand mérite de ce livre que de resituer notre actualité dans la longue durée. À noter l’incroyable histoire de l’Écossais John Law, qui se retrouva en 1719 en France « à la tête d’une banque, d’un Empire colonial, des recettes fiscales et de la dette publique ». Nul besoin d’expliciter le choix par l’auteur des cinq crises qu’il raconte : les similitudes sont frappantes. Bien sûr, nous ne sommes plus en 1907, où les banquiers voulaient « que les prêtres profitent de leur sermon pour rassurer les fidèles ». Mais l’on découvre que ni la titrisation des risques, ni la vente à découvert à nu, ni l’explosion de la masse monétaire sans lien avec l’économie réelle, ni même l’usage des paradis fiscaux pour masquer les escroqueries (le Liechtenstein en 1923!) ne datent d’hier. L’autre mérite de l’ouvrage est de dresser, avec un vrai talent pédagogique, un inventaire systématique des différents ressorts des crises financières, et un bilan critique de l’action récente du G20, sans verser cependant dans le dénigrement des progrès réalisés. Le pari de l’auteur, qui agrémente son propos de références littéraires et cinématographiques, est clair : les crises financières sont d’abord une question politique, à ne surtout pas laisser « aux mains d’une élite technocratique ». Pari réussi.

Jean Merckaert
1er décembre 2011
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