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La guerre au Moyen-Orient conjugue frappes sur des sites nucléaires et essaims de drones kamikazes. Cette conjonction révèle une mutation stratégique que ni la pensée ni le droit ne savent encore saisir.
Une guerre d’un aveuglement sans précédent se déroule sous nos yeux. Sa première séquence a visé à neutraliser l’arsenal nucléaire iranien par des frappes de bombardiers furtifs B-2 en juin 2025, en continuité avec les attaques israéliennes.
La seconde voit le régime iranien riposter par des vagues massives de drones et de missiles balistiques lancés non seulement contre Israël, mais vers l’ensemble des bases états-uniennes au Moyen-Orient, dans une logique à cheval entre la terre brûlée et le terrorisme. Happés par la captation imaginaire de ce chaos ordonné à la catastrophe, nous peinons à percevoir ce qui se joue dans la conjonction même de ces deux actes.
Du plus monumental au plus minuscule, l’espace du conflit est désormais saturé. Par le haut, dans le spectre de l’anéantissement nucléaire réactivé par la guerre en Ukraine ; par le bas, dans la nappe insidieuse des essaims de drones. Ce nouveau mal n’est plus de la science-fiction. En juin 2025, la Chine a présenté un drone-espion imitant un moustique : deux centimètres, moins de 0,2 gramme.
En mars de la même année, Berkeley publiait la réalisation d’un robot volant de 9,4 mm d’envergure1. Si le Réel a bien dépassé la science-fiction, alors comment élaborer des outils juridiques nouveaux concernant l’usage des drones, afin qu’ils trouvent un écho dans ce qui pourra rester du droit international ?
Nous vivons avec l’idée consolatrice que les armes nucléaires ont permis une paix durable. Deux arguments s’y opposent avec une force que nous ne pouvons ignorer. Le premier est empirique : Odd Arne Westad a montré que la Guerre froide s’est principalement jouée dans le Tiers-Monde par guerres de procuration, en Corée, au Vietnam, en Angola, en Afghanistan, conflit
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