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Commerce mondial L’illusion du libre-échange

Mark Carney, Premier ministre canadien, au Forum économique mondial de 2026 à Davos. ©World Economic Forum/CC/Wikimedia
Mark Carney, Premier ministre canadien, au Forum économique mondial de 2026 à Davos. ©World Economic Forum/CC/Wikimedia

Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche accélère une recomposition déjà engagée du commerce mondial, où l’UE peine à défendre ses intérêts sans renoncer à ses principes.


L’année 2025 aura été marquée par le retour de Donald Trump à la Maison- Blanche et ses offensives successives en matière de guerre commerciale. Mais le bouleversement actuel du commerce international ne date pas du retour du 45e président états-unien, ainsi devenu le 47e. Il s’inscrit dans une transformation plus profonde de la mondialisation, dont l’Union européenne a trop longtemps refusé de voir les limites.

L’économiste Dani Rodrik l’a théorisée à travers un « trilemme » (ou « triangle d’incompatibilité »). En effet, il apparaît impossible de concilier « hypermondialisation », « souveraineté nationale » et « démocratie », sans que l’un des trois piliers ne cède. Et la libéralisation toujours plus forte des échanges a ainsi fait reculer mécaniquement soit la souveraineté économique des États, soit l’échelon de la délibération démocratique.

Si l’UE redécouvre l’importance de déployer des politiques industrielles, celles-ci n’ont jamais disparu en Chine et aux États-Unis. 

Sans compter que la promesse de l’ouverture commerciale de créer plus de richesses que de pertes, afin d’améliorer la position de chacun, n’a pas été tenue. Les bénéfices de l’ouverture n’ont jamais été équitablement répartis, alimentant un vote protestataire dans les régions qui abritent le plus de laissés-pour-compte.

Enfin, comme l’a très justement rappelé Mark Carney, Premier ministre canadien, lors de son discours remarqué du 20 janvier 2026 à Davos, les règles du jeu ont été appliquées de façon asymétrique. Les plus puissants y dérogeaient lorsque cela leur convenait, tout en continuant d’afficher un attachement, au moins de façade, à cet ordre fondé sur des règles.

Si l’UE semble redécouvrir l’importance cruciale de déployer des politiques industrielles

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