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Le dispositif TZCLD a pour ambition de lutter contre le chômage longue durée en favorisant l’« employeurabilité » sur un territoire. Sa mise en œuvre en révèle néanmoins les fragilités.
L’une des caractéristiques les plus marquantes des dernières décennies demeure la persistance d’un chômage de masse en France. En 2024, 2,3 millions de personnes étaient sans emploi selon l’Insee, soit un taux de chômage de 7,3 %. Parmi ces personnes, 540 000 se trouvaient au chômage de longue durée, c’est-à-dire depuis plus d’un an.
Sous l’effet de la financiarisation et de la tertiarisation, le monde du travail a, en parallèle, multiplié des emplois dépourvus de sens ou d’utilité sociale, ce que l’on nomme parfois, à la suite de l’anthropologue David Graeber, des « bullshit jobs1 ».
Visant à dépasser le chômage de masse et la perte de sens du travail pour certains métiers, l’expérimentation Territoire zéro chômeur de longue durée (TZCLD) a pour ambition de créer, sur des territoires d’expérimentation, du travail et des emplois de qualité et répondant à des besoins locaux non satisfaits.
Adoptée par la loi du 29 février 2016, cette expérimentation doit beaucoup à une coalition d’acteurs associatifs (ATD Quart Monde, le Pacte civique, FAS2, Secours catholique et Emmaüs), réunie sous l’impulsion de « l’entrepreneur de cause » Patrick Valentin.
Le projet TZCLD repose sur trois postulats. Le premier est « l’argent ne manque pas ». En convertissant les dépenses « passives » du chômage (allocations, RSA, APL, etc.) en dépenses « actives » de salaires, il serait possible de financer des emplois pérennes sans coût net pour la collectivité, à tel point qu’a pu être évoquée une neutralité comptable du projet.
Deuxième postulat, « personne n’est inemployable » pour peu que l’emploi soit adapté aux aspirations et
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