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La justice internationale est au cœur des tensions géopolitiques. Entre espoirs de réparation pour les victimes et instrumentalisations étatiques, elle se révèle à la fois fragile, attaquée, mais aussi réinventée.
La justice internationale est sous le feu des projecteurs. Scrutée, sur la brèche, elle est soumise à de vives critiques, tant de la part de ses défenseurs de la première heure – les États dits « like-minded » (« de même opinion ») – que de ses opposants historiques à l’instar des États-Unis, d’Israël, de l’Inde, de la Chine ou encore de la Russie.
À chaque soubresaut judiciaire, son destin semble être scellé et sa survie remise en cause : sera-t-elle capable de dépasser son instrumentalisation par ces États qui usent de menaces et d’intimidations sur les victimes et les défenseurs des droits humains ou qui détournent le mécanisme répressif de sanctions pour paralyser juges et procureurs internationaux ?
Elles essuient de nombreuses critiques, y compris des États qui pourtant la soutiennent et la financent. Doubles standards, lenteur, et surtout absence de coopération : comment la justice internationale peut-elle continuer à interagir dans un monde sous tension ? L’échec de sa capacité à prévenir la commission des crimes emporte-t-il l’échec d’un système juridique, jusqu’à le remettre en cause totalement ?
Convoquée « en temps réel » pour enquêter, poursuivre, dire le droit, assurer un procès équitable et impartial et répondre aux impératifs de justice pour les victimes des crimes les plus graves, la justice internationale ne peut pas tout. Son champ d’action, souvent fantasmé, est en réalité limité et encadré par la stricte volonté des États. Faute de police internationale, de moyens de contrainte, elle est ce que les États veulent bien qu’elle soit ou ce que les États ont bien voulu qu’elle soit.
Il est en effet sans appel que le monde de 1998 ne ressemble plus au monde d’aujourd’hui, et que la création de la Cour pénale internationale (CPI) est le fruit d’un
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