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La recherche doit de plus en plus s’autofinancer. Cette mutation pèse sur l’autonomie des chercheurs, dénature leurs travaux et compromet souvent la production d’un savoir libre et indépendant.
Le financement de la recherche a profondément changé depuis le début des années 1990, tant en France que dans de nombreux pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les laboratoires de recherche recevaient, jusque-là, une part prépondérante de leurs ressources sous forme de dotations publiques.
Le tarissement progressif de cette forme de financement s’est accompagné d’une nouvelle injonction faite aux chercheurs : trouver les moyens financiers de leurs travaux de recherche. La recherche sur projet est donc devenue la norme partout dans le monde et s’accompagne d’une baisse des soutiens publics de base.
Ces financements de la recherche, dans le cadre d’appels d’offres thématiques, peuvent être publics, par exemple via l’Agence nationale de la recherche (ANR) en France, ou par le biais des programmes-cadres de recherche mis en place par la Commission européenne, ou privés. La généralisation de ces modalités de financements génère des dérives et des risques dont il faut avoir conscience.
Comme le souligne le comité d’éthique du CNRS, la généralisation du financement sur projets s’accompagne d’une précarisation croissante des chercheurs qui pèse évidemment sur leur autonomie de travail et sur leur capacité à dessiner leur propre trajectoire intellectuelle. La question du financement de la recherche ne peut donc être dissociée de la question des libertés académiques.
Dans un contexte où celles-ci sont attaquées dans de nombreux pays1, y compris en France par certains groupes politiques, le financement de la recherche est un levier additionnel pour mettre au pas la communauté académique. L’exemple américain de financements publics coupés du jour au lendemain pour les programmes de rech
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