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Les outils de l’éducation populaire sont régulièrement déployés dans les associations et collectifs militants. Mais ces pratiques ne sont pas égalitaires en soi et peuvent produire des effets contradictoires.
«Après les trois prochaines prises de parole, on alternera maintenant un homme et une femme », annonce Adèle, 31 ans, animant un débat sur les résultats de l’élection présidentielle d’avril 2022. L’événement est organisé dans un café associatif par Nantes en commun, un collectif militant ayant présenté une liste citoyenne aux élections municipales de 2020.
Cette règle de répartition des prises de parole, aussi appelée « double-colonne », consiste à prioriser des personnes en fonction de différents critères : le fait de s’être déjà exprimé ou non et le genre.
Cette pratique, pensée ici au prisme du genre, s’inscrit dans un large panel de pratiques d’éducation populaire, issues d’expériences professionnelles ou militantes des membres de Nantes en commun et régulièrement transmises sous forme d’ateliers.
L’éducation populaire vise l’émancipation des personnes et des groupes sociaux qui subissent des mécanismes d’oppression structurelle (de classe, de genre, de race, d’âge, etc.) à travers la production de savoirs propres issus de l’expérience de cette oppression.
Or, c’est l’articulation entre savoirs et expérience de l’oppression que je creuse dans ma thèse, aidée par le concept d’« injustice épistémique », forgé par la philosophe britannique féministe Miranda Fricker1. On peut dès lors supposer que les pratiques d’éducation populaire contribuent notamment à lutter contre les formes d’injustice épistémique.
Ce n’est pas la représentativité des groupes sociaux qui est visée, mais la confrontation des points de vue.
Dans l’exemple susmentionné, la pratique de la « double-colonne » consiste à lutter contre les phénomènes de silenci
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